Le Léviathan

par

Résumé

« Le Léviathan, ou la matière, la forme et la puissance d'un État ecclésiastique et civil », est probablement l’œuvre la plus connue de Thomas Hobbes. Cet essai en quatre parties a été publié originellement en langue anglaise en 1651. La traduction vers le français a été effectuée à partir de 2002 par Philippe Folliot, professeur de philosophie. Les quatre parties s’intitulent respectivement : « De l’homme » (traduction publiée en novembre 2002) ; « De la république » (traduction publiée en avril 2003) ; « De la république chrétienne » (traduction publiée en septembre 2003) ; « Du royaume des ténèbres » (traduction publiée en janvier 2004). Rappelons, à toute fin utile, que le Léviathan est un monstre aquatique de la mythologie phénicienne présenté dans la Bible comme le symbole du paganisme.

RÉSUMÉ DE L’ŒUVRE

La première partie s’ouvre sur une épître dédicatoire adressée à Francis Godolphin, baron, homme politique britannique et ami de l’auteur. Les premiers chapitres de cette partie sont dédiés aux méandres de l’esprit humain. L’auteur soutient que nos pensées sont dérivées de nos sensations. Ces dernières sont le fait du corps extérieur qui presse nos sens et transmet ensuite l’information au cerveau et au cœur. Il pense que c’est le mouvement qui crée le mouvement et que c’est une action sur la matière qui provoque la sensation. C’est ce mouvement constant qui transforme la sensation en pensée laquelle évolue jusqu’à ce qu’elle rencontre une résistance. C’est cette résistance qui crée l’imagination qui est donc une sensation qui se dégrade. Cette caractéristique existe chez de nombreux êtres vivants qu’ils soient éveillés ou endormis. Après des illustrations de ce procédé de transformation, Hobbes s’intéresse à la parole, à la raison et à la science. La sensation, les pensées et l’enchaînement des pensées sont les seuls mouvements de l’esprit humain. La consécution ou l’enchaînement de pensées renvoient au passage d’une pensée à une autre et donc au discours mental, et la parole a été inventée afin de transformer le discours mental en discours verbal. Le processus au cours duquel une pensée prend la place d’une autre n’est pas hasardeux car la succession ne se fait pas de manière aléatoire. L’usage de la parole nous permet d’enregistrer nos pensées. Cet enregistrement de dénominations sert de marque ou de note pour nos pensées, qui pourraient nous échapper. Il y a un autre cas où l’usage de la parole permet à de nombreuses personnes de se comprendre entre elles à travers un usage particulier des mots (liaison, ordre…) ; dans ce cas, les mots sont appelés « signes ». Par conséquent l’usage de la parole nous permet d’enregistrer nos pensées (acquérir les arts) ; de révéler aux autres cette connaissance acquise (éduquer et apprendre des autres) ; de faire connaître aux autres nos objectifs (volonté et desseins) afin d’obtenir leur aide ; et de nous contenter ou de faire plaisir aux autres sans arrière-pensées.

L’auteur ajoute qu’il existe quatre abus à ces quatre fonctions : l’enregistrement incorrect des pensées qui crée une fausse compréhension personnelle ; l’usage métaphorique des mots qui induit les autres en erreur ; l’expression des objectifs (volonté et desseins) qui ne sont pas les siens ; l’usage des mots dans le but de blesser son interlocuteur. Par conséquent, « La manière, dont la parole sert à la remémoration de la consécution des causes et des effets, consiste en l’imposition des dénominations, et en leur liaison ». Il pense qu’il existe des dénominations qui ne renvoient qu’à une seule chose à laquelle elles sont propres et particulières ; tandis que d’autres font penser à une multitude de choses similaires. Pour pallier à cette insuffisance des dénominations universelles qui ont été adoptées, Hobbes soutient que la vérité consiste à leur organisation correcte dans nos affirmations et qu’afin de ne pas se retrouver englué dans les mots, un homme en quête de vérité doit se souvenir de la place et de la signification de chaque dénomination qu’il utilise. Conformément à ce raisonnement, il pense que la géométrie est la plus vénérable des sciences car c’est elle qui nous permet de donner des définitions à nos dénominations afin de les placer judicieusement au début de nos calculs. Il ajoute que la géométrie est une science stable étant donné que sa base est constituée de définitions arrêtées. Elle est donc la science la plus pertinente pour l’expression philosophique vu que les arguments basés sur le modèle géométrique sont irréfutables. Néanmoins, la perception de la nature est influencée par le caractère intrinsèque de l’individu. Par conséquent, la perception personnelle n’est pas une base saine pour le discours philosophique. Les définitions arrêtées sont le fait du jugement d’un individu. En partant de cette observation, l’auteur élabore un programme visant la réforme de la pensée philosophique et des institutions. Cette entreprise a pour but ultime la fin du désaccord et de la discorde entre les hommes. Hobbes soutient que la raison fait partie des facultés de l’esprit et ne consiste, en fait, qu’en l’addition et la soustraction des consécutions de dénominations générales admises. La raison d’un homme ou d’un groupe d’hommes ne produit pas de certitude mais n’est acceptée comme étant juste que grâce à l’approbation unanime des autres. La science est la connaissance des consécutions, et de la dépendance d’un fait par rapport à un autre. Grâce à cette science, nous comprenons les causes et produisons les effets désirés.

Après avoir globalement présenté le schéma de transformation d’un mouvement en un autre chez les êtres vivants, Hobbes s’attaque à la manifestation du mouvement chez les animaux (dont l’homme fait partie). Il pense que les animaux ont deux types de mouvements : « mouvement vital » et « mouvement animal aussi appelé mouvement volontaire ». Le premier type est inné et se produit chez l’animal tout le long de son existence tandis que le second est le résultat de l’imagination. Ensuite, Hobbes analyse les facteurs qui mènent au second type de mouvement. Il parle alors d’efforts, d’appétit ou de désir, d’aversion. Il note que nous qualifions nos appétits ou nos désir de « bon » tandis que, nous taxons nos aversions de « mauvais ». En outre, la délibération est « la somme totale des désirs, aversions, espoirs et craintes, poursuivis jusqu’à ce que la chose soit ou accomplie ou jugée impossible ». Évidemment, il n y a pas de délibération pour les choses passées car elles ne peuvent pas être modifiées. Les passions quant à elles, s’expriment dans la façon de parler. Un homme qui n’a pas de passion pour les richesses, le savoir, l’honneur ou pour toute autre forme de pouvoir, est indifférent. Une personne sans désir est une personne morte. Pareillement, les passions faibles sont une marque de lourdeur d’esprit. La passion pour toute chose c’est la frivolité et la folie, elle est la résultante des passions les plus enflammées, extraordinaires comparées à l’expression ordinaire observée chez les autres. En se basant sur sa définition de la folie, Hobbes ajoute que la croyance en la possession et en l’existence d’esprits démoniaques est le résultat d’une expression exagérée des passions.

De plus, il y a deux types de connaissance : connaissance des faits et connaissance de la consécution des affirmations. La première, constituée de la sensation et du souvenir, est une connaissance absolue tandis que la seconde est appelée la science et est conditionnelle. L’histoire est le registre de la connaissance des faits. Elle est divisée en deux catégories : l’histoire naturelle et l’histoire civile. Les livres quant à eux, sont les registres de la science, et donc de la philosophie. Par ailleurs, Hobbes aborde le thème du pouvoir de manière plus détaillée. Le « pouvoir d’un homme […] consiste en les moyens actuels d’obtenir quelque bien futur apparent ». Le pouvoir est originel ou instrumental. Le pouvoir originel est aussi appelé pouvoir naturel, il réside dans les facultés du corps et de l’esprit. Tandis que le pouvoir instrumental est dérivé du pouvoir naturel. Ici, Hobbes donne comme exemples : la réputation, la richesse, la secrète opération de Dieu (la chance). L’homme est en quête perpétuelle de pouvoir, et seule la peur (notamment la peur de la mort) l’arrête. L’être humain veut que son alter égo l’estime : au moindre signe de mépris, les personnes qui n’ont pas de pouvoir commun se déchirent et la paix est brisée. Chez l’homme, il existe trois principales causes de discorde : la rivalité, la défiance et la fierté. La liberté quant à elle, est l’absence d’obstacles extérieurs qui pourraient annihiler le pouvoir d’un homme à agir à sa convenance sans supprimer pour autant la totalité de ce pouvoir. Tandis que la loi de la nature lex naturalis est une règle universelle, érigée par la raison, par laquelle il est interdit à l’homme d’agir au péril de sa vie. L’auteur fait la différence entre Droit (jus) et Loi (lex). En effet, le Droit consiste en la liberté de faire ou de s’abstenir tandis que la Loi détermine et contraint à l’un des deux. La loi de nature est déduite de la raison et n’a pas besoin d’être écrite pour être respectée. L’homme, apeuré par les horreurs, s’évertue à préserver la paix. Néanmoins, il existe plusieurs lois de nature. L’une d’elle nous force à donner à autrui des droits. Cette loi met en péril la paix. Une autre enjoint les hommes à respecter les conventions qu’ils ont eux-mêmes mis sur pied. De cette loi naît la Justice. Tout ce qui est juste n’est pas injuste et l’injustice est donc la non-exécution de la convention. Hobbes énumère de nombreuses autres. Il convient que ces notions peuvent être trop subtiles pour certains esprits humains. Par conséquent, ils se résument ainsi « ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fît ». Ce précepte est donc la condition sine qua non pour la validité de toute loi de nature. La science qui étudie ces lois est la philosophie et pas exclusivement la philosophie morale qui se borne au bon et au mauvais. Hobbes pense que c’est à tort que les auteurs de philosophie morale désignent par le terme loi, ce qui est en fait les commandements de la raison. Tandis que ces commandements tels que dictés par la parole de Dieu deviennent alors véritablement des lois.

Dans le chapitre suivant qui clôt la première partie, l’auteur s’intéresse aux personnes, aux auteurs et aux choses personnifiées. Il définit le terme « personne » et ajoute qu’il est d’origine latine et que « prosôpon » est sa correspondance grecque. De la définition précédente, il dérive celle du terme « auteur ». Il ajoute que le droit de possession est appelé domination tandis que celui de faire toute action est désigné par le terme « autorité ». Il achève cette partie en donnant des détails et explications à ces concepts.

La deuxième partie débute au XVII ème chapitre intitulé « Des causes, de la génération et de la définition de la république ». Malgré l’existence des lois qui prescrivent la conservation de la paix, la quête effrénée du pouvoir la menace toujours. L’auteur pense donc qu’il devrait exister un pouvoir commun qui peut maintenir les hommes dans la crainte de représailles en cas de rupture du contrat de paix. Ce pouvoir coercitif n’est autre que le gouvernement civil ou la république. Il doit être le choix de tous les hommes. Néanmoins ce pouvoir ne doit pas induire en erreur ceux qui l’ont choisi en se complaisant dans l’injustice. Étant donné que le souverain est le choix, le « consentement des voix de la majorité », ceux qui étaient opposés à ce choix doivent s’y soumettre. Lorsque la souveraineté est représentée par une seule personne, la république est une monarchie ; quand c’est une assemblée de toutes les personnes qui veulent se réunir, il s’agit d’une démocratie ou d’une république populaire ; quand c’est une assemblée d’une partie seulement, il s’agit d’une aristocratie. Hobbes pense que les autres noms (tyrannie et oligarchie par exemple) contenus dans les livres d’histoire et de politique ne renvoient pas à d’autres formes de gouvernement mais sont plutôt des noms différents aux formes citées plus haut lorsqu’elles ne sont pas appréciées. Ainsi, tyrannie et oligarchie sont respectivement d’autres noms pour monarchie et aristocratie. La mise sur pied d’une république permet d’assurer la paix, d’échapper à l’état de nature et de préserver l’intégrité du peuple. Par conséquent, l’entité souveraine doit efficacement satisfaire ces exigences.

L’auteur énumère ensuite les droits de l’entité souveraine et parle des formes de succession. Il poursuit en soulignant que la « domination » s’établit soit par génération soit par conquête. Le droit de domination par génération est appelé « paternel » car il est similaire à celui qu’un parent a sur son enfant. Il ajoute que le droit de domination par génération est qualifié par certains auteurs de despotique. Les souverains arrivés au pouvoir par l’une ou l’autre de ces deux moyens (génération ou conquête) ont presque les mêmes droits et devoirs. L’unique différence c’est la manière dont le souverain est soutenu par le peuple ; bien que la base des deux moyens soit la peur. Dans le cadre de la république, « liberty ou freedom signifient proprement l’absence d’opposition (par opposition j’entends les obstacles extérieurs au mouvement ». Cette liberté s’applique aux individus présents dans les bornes de la république qu’ils soient doués de raison ou pas. Étant donné que les individus ont accepté le pouvoir en place, ils ne manquent pas vraiment de liberté mais plutôt le pouvoir de se mouvoir. À l’état de nature, la liberté n’existe pas étant donné que les actions sont dominées par la peur de la mort ; lorsque l’individu confie la souveraineté à une autre entité, il se libère et se trouve à l’état de liberté absolue.

Hobbes s’intéresse ensuite aux ministres publics qui sont des parties organiques de la république. Un ministre public est désigné par l’entité souveraine pour représenter la république dans une fonction précise. Par ailleurs, la nutrition des individus est assurée par la production de biens indigènes (lorsqu’ils sont produit à l’intérieur de la république) et étrangers (lorsqu’ils sont importés de l’extérieur). La réduction des biens stockés pour une consommation future est appelée : digestion. L’argent ou la monnaie est l’instrument de mesure de la valeur. La progéniture, les enfants de la république sont appelés établissements ou colonies. L’auteur s’intéresse ensuite au concept du Conseil. Le commandement existe lorsqu’une personne établit, pour quelqu’un d’autre, les permissions et les interdits dans le but d’atteindre ses objectifs personnels. Dans le cas contraire, le conseil est illustré lorsqu’une personne permet ou interdit quelque chose pour le bien-être de son interlocuteur. Les conseillers de l’entité souveraine doivent mériter leur position et être honnêtes. Leurs intérêts doivent être conformes à ceux de la république car dès qu’un conseiller privilégie son intérêt personnel, il le fait au détriment de la république et sème ainsi la discorde. Par conséquent, la république est souvent plus florissante lorsque l’entité souveraine règne efficacement. Selon Hobbes, le souverain ne s’affirme vraiment que lorsqu’il est capable de donner sa propre opinion après avoir écouté celles des autres.

Par ailleurs, l’entité souveraine est celle qui fixe les lois civiles. Ces dernières sont celles auxquelles des hommes sont assujettis. Ces lois s’appliquent à tous les individus et nul n’est censé les ignorer car « l’ignorance de la loi n’est pas une excuse valable ». Contrairement aux lois civiles, dont elles sont la base, les lois de nature, qui sont l’apanage de la raison, ne sont ni écrites ni publiées. Les lois sont interprétées conformément à l’intention du législateur (souverain) qui peut désigner des juristes chargés de la mise en application des lois. Ils doivent être impartiaux, équitables et non inflexibles. Bien qu’ils tiennent à leur inflexibilité et malgré le fait que l’ignorance de la loi ne soit pas une excuse, un juriste peut néanmoins se montrer tolérant lorsque le contrevenant est vraiment inculte. Cependant, le non-respect des lois n’est pardonné qu’aux enfants, aux fous et aux autres créatures qui ne sont pas dotés de raison.

Hobbes s’intéresse ensuite aux châtiments et au « récompenses ». Un châtiment est une correction infligée par l’autorité publique à un contrevenant afin de l’inciter à ne plus recommencer. Les châtiments sont effectués afin de préserver la sécurité de la république. Néanmoins, il est incorrect qu’un souverain demande à un individu de s’auto-châtier car il violerait, non seulement l’essence-même de la raison de l’existence d’une république mais aussi l’une de ses missions : la sauvegarde de l’intégrité de tous les sujets. Seulement, l’entité souveraine ne peut être considérée comme contrevenante et ne peut, par conséquent, être châtiée. La récompense, quant à elle, est obtenue par don (on l’appelle alors faveur) ou par contrat (elle devient le salaire ou le gage). L’interaction entre châtiment et récompense contribue au bon fonctionnement de la république.

Le chapitre suivant est dédié aux réalités qui affaiblissent et mènent au déclin. Il commence par exprimer son désarroi face à la mauvaise utilisation que l’homme fait de sa raison. Cette faiblesse scelle le destin de la république qui peut à tout instant dépérir. Il poursuit avec une énumération de ces choses qui mènent à la destruction. Afin d’éviter cette issue, les sujets doivent vouer un respect sans borne à leur souverain. Le sujet doit éviter de se transformer en contrevenant en observant aussi bien les lois civiles que la loi divine. Cette association est rendue possible par le biais de la raison car la loi divine, tout comme les lois civiles, sont basées sur les lois de la nature.

La troisième partie est consacrée aux « principes de la politique chrétienne ». Hobbes s’intéresse ici aux fondements de la république chrétienne et les révélations surnaturelles de la volonté de Dieu, exprimées à travers la parole naturelle et la parole prophétique. La croyance ultime en la loi divine, le royaume de Dieu, le Père, le Fils et le Saint-Esprit a fait des sujets chrétiens, des êtres perturbés qui ne savent plus à qui donner la priorité : Dieu ou le souverain. En se basant sur plusieurs extraits bibliques, le philosophe démontre que la loi divine ne s’appliquera qu’à la fin du monde. Par conséquent, les chrétiens doivent donner la priorité au souverain, au respect des lois civiles. La question du pouvoir ecclésiastique contribue à réveiller le dilemme des chrétiens. Hobbes pense que ce problème est résolu lorsque les pouvoirs civils et ecclésiastiques sont l’apanage d’une seule et même personne. Celle-ci devient donc l’autorité immédiate après Dieu. Le philosophe s’érige en faux contre d’autres faits (anges, esprits, miracles) qui créent la perdition des chrétiens en les persuadant de la présence immédiate de Dieu dans le monde. Il pense qu’il n’est pas souhaitable pour un chrétien de se transformer en martyr en désobéissant aux lois civiles au profit du dogme. Il prouve que l’existence des anges, des esprits… est impossible et que seul le respect du souverain permet le maintien de la paix. Il pense d’ailleurs que la soumission fidèle à un seul chef, est aussi le garant d’une vie agréable dans ce monde ou dans l’autre. Une république ne doit jamais être dirigée par deux chefs et les extraits bibliques sont véridiques, contrairement aux superstitions qui ont pour but ultime le respect de cette norme.

La quatrième et dernière partie est affectée au « royaume des ténèbres ». Hobbes débute cette partie en introduisant un autre type de pouvoir, différent du pouvoir divin et du pouvoir humain. Il s’agit du pouvoir « des chefs des ténèbres de ce monde, le royaume de Satan, la principauté de beelzebub sur les démons ». Il ne croit pas en l’existence des démons et soutient que le royaume des ténèbres est une allégorie dans laquelle les chefs sont en fait les malhonnêtes qui fourvoient les hommes afin de les éloigner de la lumière et du royaume de Dieu. Il pense que la croyance dans le royaume des ténèbres est une fabulation et il en donne les causes. Par conséquent, ceux qui citent la Bible dans le but de justifier leur croyance en font une mauvaise interprétation. Les personnes qui encouragent cette désinformation, maintiennent leurs semblables dans l’erreur parce que cet état des choses leur est profitable. Il poursuit avec une définition de la philosophie : « La philosophie est la connaissance acquise par le raisonnement qui va de la façon dont une chose est engendrée jusqu’à ses propriétés, ou qui va des propriétés à quelque voie d’engendrement de cette chose, afin d’être capable de produire, aussi loin que le permettent le sujet et les forces humaines, les effets que requiert la vie humaine ». Il associe philosophie, géométrie, astronomie et les autres sciences ; il refuse que la philosophie soit associée aux fausses doctrines. Il met sa conception philosophique en avant et pense qu’elle est un moyen de maintenir la paix telle que préconisée par les lois de nature divine. En guise de conclusion, le philosophe résume les idées développées tout au long de l’œuvre. Il termine en précisant qu’il ne pense pas que son traité puisse être condamné.

« Le Léviathan » est sans doute un chef d’œuvre de part notamment le nombre de concepts définis, développés et illustrés ; la pertinence du propos ; l’organisation méthodique de l’argumentation ; la richesse des enseignements. C’est une œuvre atemporelle qui séduit même ceux qui n’approuvent pas forcément la position de son auteur.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >