Le lion

par

Le rapport entre les hommes et les animaux

A-          Des rapports basés sur la crainte et l’incompréhension

 

Le thème majeur abordé par Joseph Kessel dans Le Lion est le rapport que l’homme entretient avec la nature et plus particulièrement les animaux. Ces rapports ont pour socle une incompréhension manifeste du règne animal par l’homme dans la plupart des cas. En effet, l’humain considère les animaux via le prisme de préjugés et d’a priori. Or partout où règnent ces deux facteurs, on remarque le triomphe de la peur. Cette peur le narrateur l’a connue et la décrit ainsi : « Alors j’ai connu la vraie peur. J’ai eu peur jusqu’à la moelle, jusqu’à l’âme. Cette peur là ne peut plus se calmer. Jamais. C’est fini. Elle pousse. Elle grandit. Elle vous dévore. » Cette peur dont il va progressivement triompher au contact de Patricia et de son étrange don de compréhension des animaux, il la partage avec Sybil, la mère de la jeune fille. Cette dernière a cependant laissé la résignation prendre le pas sur la colère liée à cette peur : « Le pire voyez-vous, poursuivit Sybil, c’est le moment où l’on n’est plus porté par la colère ou déchiré par la pitié. C’est quand on est tranquille ou lucide. Parce que là, on voit qu’il n’y a plus rien à faire ». Si, certes, cette peur s’appuie sur des éléments rationnels, elle ferme cependant l’humain à ce que le contact avec la faune peut receler de fantastique et de merveilleux parfois.

 

B-          Des rapports basés sur l’affection

 

L’autre approche, adoptée par Patricia et plus tard expérimentée par le narrateur, repose sur l’affection et un désir sincère de comprendre le monde animal. Quand il s’y livre, le narrateur réalise que les distances entre le lion et les humains ne sont pas si grandes que cela : « Alors, avec une stupeur émerveillée, où, instant par instant, se dissipait ma crainte, je vis dans le regard que le grand lion du Kilimandjaro tenait fixé sur moi des expressions qui m’étaient lisibles, qui appartenait à mon espèce, que je pouvais nommer une à une : la curiosité, la bonhomie, la bienveillance, la générosité du puissant ». L’affection grandissante du narrateur pour la fillette et son lion lui fera prendre véritablement à cœur le drame final qui s’achève sur la mort d’Oriounga et celle du lion. Il comprendra d’autant mieux la douleur de la fillette qu’il connaissait la genèse et les évolutions de cette étrange et belle amitié. Ne dit-il pas : « Patricia me raconta en détail, et avec une nostalgie singulière, comment elle avait soignée, fortifié, sauvé le bébé-lion. Elle avait commencé par le nourrir au biberon, puis elle lui avait donné beaucoup de sucre, elle l’avait habitué au porridge » ? Autant de confidences qui ont contribué à le rapprocher du fauve pour qui il ne cache pas son admiration. Aussi, à la fin du récit, s’éloigne-t-il de la réserve en compagnie de Patricia qui a choisi de rejoindre un pensionnat.

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