Le lion

par

Résumé

Le Lion est un roman de découverte et d’initiation de Joseph Kessel paru en 1958 qui a été adapté au cinéma et à la télévision. Les protagonistes de ce récit sont Patricia, une jeune fille totalement assimilée au milieu naturel dans lequel elle évolue ; le narrateur-personnage, dont on ne connaîtra pas l’identité puisqu’il s’exprime à la première personne ; et enfin King, un lion, qui sera, et c’est une des particularités les plus significatives du roman, un personnage à part entière tout au long du récit.

Le roman raconte le trajet intérieur du narrateur, et, toujours à travers les yeux de ce même narrateur, qui découvre théoriquement ce monde en même temps que le lecteur, les évolutions de la relation Patricia / King et les beautés du monde qu’il est amené à explorer.

 

         L’action a pour cadre un des parcs royaux du Kenya, au pied du Kilimandjaro. Même si c’est un parc officiel, avec des employés chargés de tenir éloignés les potentiels chasseurs et de permettre aux animaux protégés de vivre ainsi le plus librement possible, c’est Patricia, la fille de l’administrateur du parc, particulièrement mâture pour son âge, qui est la plus dévouée à la cause animale. Le narrateur, qui débarque dans le parc comme simple visiteur avide de dépaysement, la rencontre à son arrivée. Il croit d’abord qu’elle est un petit garçon en raison de ses cheveux courts et de sa salopette. Elle lui indique qu’il ne peut pas entrer dans le parc afin de ne pas déranger les bêtes, et ajoute qu’elle aimerait vivre en communion avec les bêtes, qu’ils puissent ensemble s’amuser en paix et en liberté. Elle ajoute qu’il est trop tard pour lui, pour qu’il comprendre ce qu’elle veut dire. Avant même de le rencontrer, il s’avère que la petite fille savait tout de cet homme. En effet, elle s’était renseignée auprès de guides, chauffeurs, boys, dont elle connaît toutes les langues, telles que le kikouyou ou le masaï.

         Une profonde complicité naît entre l’enfant et l’homme qui ont le même amour des bêtes. Ce dernier veut devenir ami avec Patricia, mais elle ne voit pas l’importance d’avoir des amis humains, préférant passer son temps avec les bêtes. Il fait ensuite la connaissance de ses parents M. et Mme Bullit, qui lui expliquent que Patricia a une relation privilégiée avec un lion. En effet, leur fille a été élevée aux côtés d’un lionceau, appelé King, dont la mère a été tuée par un guerrier masaï. Puisqu’ils ont grandi ensemble, une très grande amitié existe entre la fillette et King et ils se comportent comme des semblables. Une fois devenu adulte, King a été relâché, mais tous deux continuent de se voir dans un lieu tenu secret. Par ailleurs, Patricia a le don de communiquer avec les bêtes, ce qui rend très fier son père, cet ancien chasseur qui n’a plus que pour mission le bien-être des animaux au sein du parc. La situation de Patricia dérange en revanche beaucoup Mme Bullit, qui craint notamment la puissance du lion. Elle a d’ailleurs tenté de mettre sa fille en pension pour qu’elle bénéficie d’une éducation correcte, mais l’éloignement du parc et de King rend malade la fillette.

         Par chance, le narrateur a l’occasion d’assister à un des rendez-vous entre le lion et la petite fille. King se comporte presque comme le chien de Patricia, il obéit à tous ses ordres. Elle peut par exemple le faire attaquer, ou au contraire en attrapant sa crinière le retenir. Ils jouent ensemble, elle se jette contre son flanc et il la renvoie avec sa patte comme si elle était une balle de tennis. Parfois ils se câlinent. Le lien qui les unit semble être de l’ordre du surnaturel, du merveilleux, de la magie. Le narrateur est étonné de constater que le lion est autant attaché à la fillette qu’elle à lui.

         Un jour, un événement inattendu survient et chamboule la sphère magique du parc : une tribu masaï s’installe dans la réserve ; le parc étant ouvert, cela leur est parfaitement permis. Le narrateur et ses amis assistent à la cérémonie funèbre d’un ancien qui s’est fait griffer par un lion, et dont la blessure s’est infectée. Des danses et des chants ont lieu, et le vieil homme est jeté dans un buisson pour que les vautours et les chiens de savane puissent l’achever. Patricia constate que le lion a une place très importante dans les rites masaï, car des crinières de lion sont utilisées au cours des danses.

         Cet événement en soi ne serait pas si grave si Oriounga, un jeune homme de la tribu, ne s’était entiché de Patricia au point de vouloir l’épouser. Deux obstacles empêchent néanmoins ce mariage : d’une part Oriounga est encore un « morane » – autrement dit il n’est pas encore un adulte selon sa tribu –, et par conséquent il ne peut pas se marier. Le rite de passage à l’âge adulte chez les Masaï consiste à tuer un lion, et Oriounga se résout à passer cette épreuve. En second lieu, Patricia déclare qu’elle est déjà mariée à King. Alerté par cette déclaration, Oriounga se met à l’affût. Ce faisant, il surprend un des fameux rendez-vous de King et Patricia. Il est résolu à tuer ce lion, à la fois pour faire ses preuves, et pour libérer Patricia de cette union. Oriounga affronte donc en duel King. Le lion prend rapidement le dessus, met le jeune homme à terre et blesse le jeune Masaï à mort. Pour autant, Patricia continue de défendre King. Le père de Patricia arrive alors et déclare que son devoir est, certes, de protéger les animaux, mais pas au point de mettre en danger les hommes. Il s’empare alors d’un fusil et tire sur King. Pourtant, cet ancien chasseur renommé avait promis, lorsqu’il est devenu administrateur du parc, de ne jamais plus tirer sur un animal. Patricia assiste à la scène, déchirée, désespérée. Son seul ami, son frère, meurt, abattu par son propre père. Oriounga de son côté ne survivra pas à ses blessures.

         Le narrateur assiste lui aussi à l’événement, impuissant ; il ne peut que contempler la douleur de Patricia, qui s’écroule. Le parc perd alors tout son charme, et le narrateur décide de repartir. Patricia, atterrée, décide de le suivre, en direction d’un pensionnat à Nairobi. Elle refuse que sa mère, qui se trouve être soulagée de la mort de King, l’accompagne. Durant le trajet en voiture, Patricia tente de s’échapper par la portière puis craque en voyant le paysage et les animaux. Elle pense à King et pleure comme une petite fille. Elle a perdu son âme sauvage.

 

         Ce roman rend hommage à l’action des parcs nationaux du Kenya, en montrant, par le tragique, tous les dilemmes moraux qui peuvent s’y poser, notamment quand il est question de privilégier la vie d’un homme sur celle d’un animal. Peut-on tuer un animal pour sauver un homme ? La réponse nous semble être spontanément oui. Peut-on tuer un animal intelligent pour sauver un homme qui l’a attaqué sans besoin vital ? La réponse devient plus difficile.

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