Le Marchand de Masques

par

La fuite du temps

L’autre facteur qui explique l’échec de Valentin Sarabosse en tant qu’écrivain est le temps. Il le sent glisser sur son être et voit chaque jour qui passe le rapprocher d’une vieillesse qu’il craint. Car Valentin est un gérontophobe clinique. « Un festival de rides, de dentiers, de calvities et de cheveux blancs. » c’est cela sa vision de la vieillesse. Face à celle-ci, il ne peut s’empêcher de se demander : « Combien d'amours, d'ambitions, de haines, d'espoirs, de travaux, de deuils représente ce ramassis de déchets humains ? » Valentin n’a clairement pas envie de finir ainsi. Cependant, son parcours semble l’y mener inexorablement, lui dit son ‘moi’ profondément pessimiste. Au lieu de prendre la juste mesure de la distance qui le sépare encore de cette étape de la vie qui l’horrifie et donc de mettre les bouchées doubles pour parvenir à son rêve, il préfère se réfugier dans le désespoir et trouve une consolation ultime dans la mort. Une attitude dont la lâcheté détonne avec la profondeur d’ambition affichée par le jeune homme. Mais ce paradoxe se comprend assez aisément quand on prend en compte le fait que l’existence se compose d’individus qui se battent pour vivre leurs rêves et d’autres qui préfèrent rêver leur vie.

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