Le Prince heureux

par

La dimension satirique

Oscar Wilde, s’il manie les mots et l’art du conte avec une virtuosité remarquable, sait également verser dans le registre humoristique et satirique, ce qu’il effectue avec brio dans Le Prince heureux.

En effet, il critique ici avec virulence la famille royale. Le Prince, de son vivant, est un irresponsable ignorant vivant dans le luxe et assimilant plaisir et bonheur ; la Reine possède des suivantes on ne peut plus exigeantes et inconscientes elles aussi de la misère dans laquelle travaillent leurs couturières : « – J'espère que ma robe sera prête à temps pour le bal de la Cour, répondit-elle, j'ai commandé d'y faire broder des passiflores, mais les couturières sont tellement paresseuses » se languit la jeune suivante au bras de son amant, sous le ciel étoilé de la ville.

Il se trouve que la couturière en question se tue au même instant à la tâche aux côtés de son petit garçon agonisant de fièvre. Ici, il est peut-être encore question d’ignorance ; la suivante est sans doute hautaine, mais aussi, certainement, totalement inconsciente des conditions de travail de ses couturières, ne daignant même pas s’en préoccuper.

Ainsi, Wilde nous montre son point de vue sur les inégalités entre classes sociales, expose une aristocratie dénuée de tout sens moral, préoccupée par des futilités et négligeant totalement le travail des citoyens.

Cependant, il s’en prend également à un autre système politique que celui de la royauté ; en effet, le maire de la fin du conte présente également la même cupidité, la même ambition que celle des monarques. Il veut faire abattre la statue du Prince dénuée d’ornements pour ériger la sienne à la place. Il est...

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