Le second traité du gouvernement civil

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Résumé

Le second traité du gouvernement civil ( titre original : Two Treatises of Government )est une œuvre du philosophe anglais John Locke dont les œuvres, parues au 17° siècle inspirèrent de nombreux écrivains et penseurs du siècle suivant, notamment les philosophes des Lumières français comme Rousseau ou Voltaire qui écrivirent sur son travail, ainsi que sur le système politique anglais : parmi ses nombreux travaux, il marqua son époque par sa philosophie de l'empirisme ( la connaissance de l'homme découle de son expérience ) ainsi que ses études sur le droit et les justes manières de gouverner un état dont traite notamment ses essais Traité du gouvernement civil. Cet ouvrage fut publié en Angleterre en 1690. Il faut noter que les idées développées par Locke dans ce traité seront reprises par les philosophes des siècles suivants, mais aussi dans de nombreux domaines, y compris la politique anglaise et les réformes de Guillaume III, ou en France avec la révolution de 1789 et la I° république des années 1790.

Le titre original évoque le fait qu'il y ait deux traités différents, qui sont rassemblés dans cette œuvre, ce que montre le titre traduit en français. Cette œuvre permet ainsi à Locke d'exposer ses idées, à la fin de sa '' carrière '', en rassemblant l'ensemble de ses travaux. Il va tout d'abord s'opposer frontalement à Sir Robert Filmer, et plus précisément '' Écritures '' et sa thèse qu'il va qualifier d'absurde (Filmer prônait et justifiait la monarchie absolue de droit divin), en démontrant qu'en appliquant les idées de Filmer, il arrive à une sorte de non-sens. Locke prouve que la loi a toujours fait partie des relations entre les hommes, bien avant que l'état ne soit créé en tant que tel (travaux de Locke ou de Hobbes). Les liens humains ont toujours été régis, d'une manière ou d'une autre par des lois, explicites ou implicites, écrites ou orales pour organiser la vie ensemble, avant que cela ne devienne une société. Cela a entrainé l'importance et le pouvoir des lois dans les sociétés de son époque où les hommes sont devenus des citoyens. Locke va aussi, et c'est ce qui sera repris par les philosophes des lumières du 18° siècle, exposer son idée selon laquelle les lois entre ces hommes sont le fruit d'une sorte de pacte social, passé entre eux tous, qui ne fait que consacrer les lois à la base individuelle, permettant de renforcer la liberté et la protection de chacun, en abandonnant au profit de la collectivité une part de sa propre liberté.

Cette situation et cette organisation sont intrinsèques à la nature humaine, au-delà de toute société, elle est donc préexistante à la notion de citoyenneté. Les humains sont donc (et cela inspirera les révolutionnaires français) tous égaux en droit à la naissance, et doivent le rester, car cela fait partie de la nature humaine, mais cette liberté doit être garantie et protégée par l'état. Cela lui permet de s'opposer frontalement au commerce triangulaire auquel a participé activement son pays, à l'époque leader mondial du commerce et de la colonisation (l’empire britannique était déjà immense), et donc de l'esclavage, qu'il considère comme étant non naturel, à l'Homme, qui doit être libre et égal, peu importe sa couleur, son pays d'origine, son âge etc…

L'Homme est libre, mais n'est pas Homme qui veut, à la naissance. Il va reprendre la célèbre maxime '' on ne nait pas Homme, on le devient '' et souligne avec force la responsabilité du père, qui en vertu de son pouvoir paternel a des droits, mais aussi des devoirs dont celui de faire de son fils, un Homme, et qui plus est un Homme libre. C'est ainsi un devoir naturel, que chaque père a, pour former des citoyens, et entrainer sa société vers le mieux. Le pouvoir du père sur ses enfants est donc naturel et ne repose sur aucune règle écrite, c'est d'ailleurs ce que l'on peut retrouver parmi les animaux, dont tous les mammifères élèvent leurs petits, pour qu'ils puissent devenir indépendants, rester libre et vivre comme ils veulent.

Il oppose ce pouvoir qui est naturel (droit à l'état de nature), et intrinsèque à chaque homme au pouvoir civil et politique qui découle du pacte social dont il parlait au début de son essai et qui n'est donc pas naturel à proprement parler. Le pouvoir des dirigeants politiques ne découle pas de la nature mais de la société et de ce pacte, créant des droits et des devoirs de part et d'autres : les citoyens doivent donc être traités de manière égale par les dirigeants politiques à qui chacun a cédé une part de sa souveraineté, par le biais de la représentation, ce qui entraine que la démocratie est juste, et que la monarchie absolue n'est pas légitime, s'opposant à la thèse monarchiste de Filmer qui justifiait la monarchie de droit divin, à laquelle Locke répond qu'aucun roi ne s'est jamais proclamé fils d'Adam pour légitimer son propre pouvoir de roi.

Locke va se différencier de Hobbes, dont il reprend certaines idées qu'il approfondit, en faisant une distinction entre l'état de nature et l'état de guerre, ces deux états étant rassemblée par Hobbes dans l'état de nature, un état de chaos constant où '' l'homme est un loup pour l'homme '', qui sans règle se bat constamment contre les autres pour protéger sa propre vie et ses biens propres, à défaut d'avoir une sécurité matérielle garantie par un pouvoir supérieur et général, car il n'y a aucun état de droit ni de lois centrales . Locke va opposer cet état de nature où la paix règne, à l'état de guerre où l'homme qui enfreint les règles légitimes et implicites se retrouve puni par la collectivité à défaut de police, punition qui peut entrainer une réaction en chaine et donc des violences entre tous les individus.

Locke, conscient que ni la monarchie dans laquelle il a vécu, ni la république de Crownell qui ne dura pas longtemps, ni l'état sans droit ni Etat, ni l'état de nature, ou de guerre, ni l'état où l'esclavage est appliqué n'est réellement parfait, il essaie de proposer une politique au plus proche de son idéal de liberté. Il prône par exemple la représentation du peuple par un Parlement, ce qui s'inspire du modèle qu'il connait en Angleterre, ces représentants élus par le peuple devant le représenter et voter les lois, constituant un pouvoir législatif. Il réduit le pouvoir exécutif, encourage la séparation des pouvoirs que la plupart des états démocratiques ont repris, et encourage à veiller à ce que les lois soient votées et adoptées par le Parlement, constitué d'une ou plusieurs assemblées ou chambres (haute et basse par exemple). Il préconise que ce pouvoir exécutif soit assuré par un roi ou une reine, héréditaire, mais nullement un pouvoir monarchique absolu de droit divin.

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