Le second traité du gouvernement civil

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La préoccupation du transfert de connaissances

La préoccupation du transfert de connaissances : la force de l'éducation pour devenir un bon citoyen.

Si l'homme vit en société, il se doit de respecter des règles, qui au-delà des règles de bon sens qui sont naturelles à tout être humain, voire tout être vivant sensé, sont celles d'une bonne vie en collectivité, d'une bonne vie en société : l'homme doit donc être un citoyen. En effet l'homme est libre par sa nature, mais Locke montre que pour être un homme libre, il faut être éduqué, afin de pouvoir ensuite devenir citoyen, faire ses propres choix, réfléchir par soi-même. En cela, Locke critique ouvertement l'esclavage, qui prive l'homme de sa liberté naturelle, et considère que ce système sur lequel sa nation a pourtant fait une grande partie de sa fortune (première puissance maritime du monde jusqu'au 19° siècle) avec le commerce triangulaire, est un état contre nature.

Si à la naissance, on nait homme, il faut ensuite le devenir pleinement. En ce sens, Locke reprend la très du philosophe de la renaissance Erasme : '' on ne nait pas Homme, on le devient ‘‘. L'éducation tient donc une place particulièrement importante, et l'auteur souligne la responsabilité du père, qui en vertu de son pouvoir parental paternel a des droits, mais aussi des devoirs, parmi lesquels il doit éduquer son fils, afin que ce dernier devienne un homme, et qui plus est un homme libre.

La société et son bon fonctionnement repose donc en grande partie sur ses citoyens, qui doivent former d'autres citoyens, de génération en génération, ce qui représente un devoir naturel, confié à chaque père citoyens lui-même, pour former ses enfants à la citoyenneté afin de faire sa part pour que la société soit la meilleure possible. Ce pouvoir du père et le devoir qu'il a envers ses enfants est donc un pouvoir et un devoir naturels, ne reposant sur aucune règle écrite sur aucune loi. Pour s'en assurer, il compare ce devoir à celui d'autres êtres vivants, les animaux. En effet, tous les mammifères élèvent leurs petits, leur apprennent à vivre par eux-mêmes, à se nourrir, à devenir forts et donc à survivre dans leur environnement, pour qu'ils puissent ensuite être indépendants, et rester « libres ».

Comme pour les animaux, une fois que les enfants sont indépendants et autonomes, l'éducation des parents n'est plus légitime, c'est à dire qu'une fois adulte, le fils n'a plus à recevoir aucune leçon de ses parents, et donc le devoir et le pouvoir des parents n'est plus justifié.

Locke parle en premier lieu du rôle du père sur l'éducation de son fils, mais il ne faut pas s'y tromper, il n'est guère misogyne : Locke soutient également que le rôle de la mère est aussi important que celui du père pour l'éducation des enfants, en cela il réfute la thèse paternaliste, selon laquelle le père aurait seul un pouvoir absolu sur ses enfants, thèse qui justifie la monarchie absolue. En affirmant que la mère a aussi son rôle à jouer, Locke se montre très moderne et à la pointe du '' féminisme '', défendant la place des femmes dans la société, ce qui était fort rare à son époque, et défendant aussi la séparation des pouvoirs. Selon lui, personne, pas même un père sur ses enfants, ne peut justifier d'un pouvoir absolu sur d'autres individus, fussent-ils ses enfants, ou des sujets.

On retrouve donc ce que Locke oppose, entre le droit écrit, le pacte social, et ce qui est nécessairement intrinsèque et naturel à l'homme. Il oppose ce pouvoir qui est naturel (droit à l'état de nature), aux droits civils et politiques qui eux résultent du pacte social dont il parlait au début de son essai et qui n'est donc pas naturel à proprement parler.

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