Le second traité du gouvernement civil

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L'importance du droit, et du droit de propriété : l'opposition implicite à Hobbes.

La thèse de Hobbes dans son célèbre ouvrage le Leviathan c'est celle bien connue de l'état de nature de l'Homme, existant avant la vie en société, la politique, l'état et donc le droit. Avant cela, le danger et la peur de la mort règnent en maitres. L'être humain est donc sans cesse menacé, que cela soit réellement ou potentiellement, par tous les autres individus, parce que la relation qui le lie à tous les autres individus est l'hostilité, la peur de l'autre, la force, la violence, '' l'homme est un loup pour l'homme '' ( Homo homini lupus est ), référence de Hobbes à Plaute et à sa pièce de théâtre Asinaria du II° siècle avant JC, reprise fréquemment par les plus grands philosophes, tels que Rabelais, Erasme, Bacon, mais aussi d'autres penseurs après lui ( Arthur Schopenhauer, Freud, Rousseau ).

Cette notion d'hostilité qui est universelle entraine ainsi logiquement que la conservation de soi-même devient le principe le plus important de tous les actes de chaque individu, c'est à dire que tout ce qu'il fera, ce sera dans le seul et unique but de se protéger lui-même de la mort. La seule chose qui compte pour Hobbes est donc la survie égoïste de chaque individu, veillant sur lui-même, pas plus. Cependant, il les présente comme des hommes '' nobles '', car ils se battent pour leur vie, le pouvoir, et donc le prestige, car à chaque fois ils mettent leur vie en jeu.

Locke est contre la thèse de Hobbes, car selon ce dernier la mort reste une menace constante, car l'homme reste en danger, celui '' de l'autre homme hostile ''. Locke pour sa part estime que la mort représente une menace, non sous la forme de la violence, mais sous celle de la faim, c'est à dire de façon moins prosaïque, le matériel, l'argent, la nourriture, tout ce que l'homme peut posséder, donc son droit de propriété.

Locke, par opposition à Hobbes place le droit de propriété au centre des préoccupations humaines, et ce sera d'ailleurs l'un des droits les plus importants des révolutionnaires français en 1789, apparaissant aux articles 2 et 17 de la DDHC du 26 aout1789. Il prend des exemples simples, des questions simples, afin d'apporter des réponses claires : à partir de quand l'homme est-il légitimement propriétaire ? Selon lui, c'est à partir du moment où il a détaché les prunes du domaine commun pour les employer à satisfaire ses besoins, autrement dit, quand il les a cueillies. D'ailleurs selon lui cela est évident : '' il est clair que si le fait, qui vient le premier, de les avoir cueillies ne les a pas rendus siennes, rien d’autre ne le pourrait ''. Il fait le lien entre la propriété et la notion de travail, au devoir : la propriété est donc liée au travail au labeur, et chaque individu possède en lui-même ce qui constitue sa propriété matérielle, cette source c'est son travail et donc comme il agit selon sa liberté, selon ses décisions, il gère sa personne, il gère son travail. Selon lui la propriété est un droit naturel de l'homme, préexistant à la société, et donc existe par convention implicite entre les individus. L'autre point important dans son analyse du droit de propriété, c'est que '' je dois en laisser aux autres, de telle sorte qu'ils puissent s'approprier à leur tour les fruits de la terre en aussi grande quantité et d'aussi bonne qualité '' : la propriété ne doit pas amener à des abus, ou à du luxe, mais simplement à ce qui est nécessaire, et donc servir à autrui également, pour ses besoins. On retrouve l'idée d'un pacte social, entre les individus d'une même collectivité.

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