Le second traité du gouvernement civil

par

Une œuvre de synthèse

Cette œuvre fut rédigée lors de la fin de la carrière de John Locke, alors qu'il avait déjà quasiment une soixantaine d'années. Locke a été proche du milieu politique, sans en faire lui-même directement : il fut le conseiller du comte de Shaftesbury qui était aussi un ministre de Charles II. Quand ce roi a commencé à avoir plus de pouvoirs, se dirigeant vers la monarchie absolue, le comte et Locke par la même occasion devinrent des opposants politiques. D'ailleurs tous deux furent exilés de leur pays, pour la Hollande de 1682 à 1689, Locke a donc publié cet ouvrage à son retour en Angleterre, ce qui n'est pas anodin. Cet ouvrage, le second du nom comme l'indique le titre permet ainsi à Locke d'exposer ses thèses et donc d’opérer une sorte de synthèse en rassemblant l'ensemble de ses travaux. Comme il l'avait déjà fait, Locke s'oppose à d'autres philosophes, notamment à Sir Robert Filmer, et plus précisément '' Écritures '' et sa thèse dont il va démontrer qu'elle est absurde. En effet Filmer prônait et justifiait la monarchie absolue de droit divin, et Locke va prouver qu'en appliquant les idées de Filmer, il arrive à une sorte de non-sens au final.

John Locke s'oppose aussi aux thèses de Hobbes et à son état de nature, un état de chaos sans loi entre les hommes, et il prouve que la loi a toujours fait partie des relations entre les hommes, la loi, qu'elle soit formelle ou simplement intégrée comme coutumière a toujours régi les liens entre les individus, bien avant qu'ils soient des citoyens, bien avant que l'état ne soit créé en tant que tel. Les liens humains ont toujours été régis, d'une manière ou d'une autre par des lois, explicites ou implicites, écrites ou orales pour organiser la vie ensemble, avant que cela ne devienne une société : on peut appeler cela des coutumes, des traditions, des règles naturelles.

Puis avec le développement de l'état, on arrive à une sorte de légicentrisme (une société tournée autour de la loi, toute la loi, rien que la loi, ce que l'on a reproché aux révolutionnaires français ) et cela a logiquement entrainé l'importance et le pouvoir des lois dans les sociétés de son époque où les hommes sont devenus des citoyens.

Qui plus est, John Locke va également exposer son idée selon laquelle les lois entre ces hommes, entre ces citoyens, ne viennent pas forcément d'un état mais sont en fait le fruit d'une sorte de pacte social, passé entre eux tous, qui loin de créer des règles de vie commune ex nihilo ( en partant de rien ) ne fait que consacrer les lois préexistant à toute société, à la base individuelles et permettant de renforcer la liberté et la protection de chacun, en abandonnant au profit de la collectivité une part de sa propre liberté. La collectivité suit des règles, chacun suit les mêmes '' lois '' décidées par la collectivité, et chacun est donc en sécurité. Cela permet notamment d'assurer la propriété, et la vie des individus. Cette thèse sera reprise, étoffée, renforcée par Rousseau notamment, mais aussi l'ensemble des philosophes des lumières français au cours du 18 ° siècle. Ce qu'il faut retenir, c'est que les règles sur lesquelles les hommes s'accordent dans leur pacte social existent avant l'idée de collectivité ou de société.

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