Le Testament

par

Résumé

Né à Paris en 1431, François Villon a trente ans quand
paraît Le Testament en 1461.
L’ouvrage est bien différent de celui qui l’a précédé, Le Lais, paru en 1457, dont les huitains étaient autant de flèches
décochées à ses cibles de prédilection : les autorités et ceux qui
incarnent l’ordre établi. Avec Le
Testament
, tout change : le ton est grave, les préoccupations du poète
sont plus profondes.

Ce testament n’est pas à prendre au sens
littéral du terme. Il ne s’agit pas d’un document légal, mais d’une fiction
testamentaire. Villon adopte la forme du testament pour exprimer sa pensée et
évoquer le thème de la mort. C’est une suite de 186 huitains, interrompue par
des poèmes plus formels, généralement des ballades composées de trois huitains
et d’un envoi de quatre vers.
Le Testament se présente en deux
parties. La première partie est une méditation sur le temps qui passe de façon
irréversible, teintée d’une douce mais profonde nostalgie.

 

Introduction (huitains
I à IL) : Villon introduit les thèmes qui seront omniprésents dans
l’œuvre : la fuite irréversible du temps et la mort.

 

Ballade des dames du
temps jadis 
: Villon y illustre cette fuite du temps en évoquant les femmes légendaires
dont le souvenir hante les mémoires, et dont certaines furent puissantes comme
des rois. Où sont donc allées ces dames, « neiges d’antan », qui ne
sont plus, s’interroge Villon.

 

Ballade des seigneurs du
temps jadis 
: Villon procède de la même façon que dans la ballade qu’il consacre aux
dames. Cette fois, ce sont rois et seigneurs qui sont évoqués.

 

Ballade en vieil langage françoys : En trois huitains et
un quatrain, Villon évoque le sort des rois qui, comme tous les hommes, sont
mortels, qu’ils fussent empereur de Constantinople, dauphin ou roi de France.
Même les puissants de ce monde sont destinés à mourir.

 

Huitains XLII à XLVI : La mort est inévitable, et il en va de même de la
vieillesse qui, au contraire de la jeunesse, est déplaisante. Par la vieillesse
et la mort, Dieu défait ce qu’il a lui-même fait, et l’homme ne peut que lui
demander pourquoi, sans obtenir de réponse.

 

Les Regrets de la belle heaulmière : Ici c’est une
femme qui s’exprime. Elle est âgée, le temps de sa beauté est révolu. Elle
compare le souvenir de ses charmes d’antan avec la triste réalité de son corps
vieilli. Puis elle s’exprime au nom de toutes les femmes, passant du
« je » au « nous », et étend son constat de décrépitude
inéluctable : nulle n’y échappera.

 

Ballade de la
belle heaulmière aux filles de joie 
: La même femme
s’exprime et invite les « filles de joie » à profiter de leur
jeunesse, car la vieillesse n’offre que misère.

 

Huitains LVII à LXXXV, avec la Double Ballade : Villon évoque
encore les filles et les plaisirs de l’amour, plaisirs partagés par tous dans
la société médiévale. La conclusion de cette longue suite de huitains mène le
lecteur à l’évocation des flammes de l’enfer mais aussi de la clémence divine.

 

La deuxième partie de l’œuvre débute au huitain
LXXXVI et se présente sous la forme d’un testament, parfois interrompu par une
digression, sous forme d’une ballade, d’un rondeau ou d’une chanson. Il s’agit
de l’énumération des dernières volontés de Villon, une litanie de legs faits à
des gens croisés au cours de sa vie, parfois désignés par leur nom, d’autres
fois par leur état dans la société du temps. Nombre des huitains qui le
composent débutent par la formule légale Item,
suivie de la volonté du défunt. Villon y évoque d’abord son corps, qu’il laisse
à la terre, puis son maître et père spirituel Guillaume de Villon, à qui il
lègue sa « librairye », puis il évoque sa « povre mere »,
et offre au lecteur une première digression.

 

Ballade que Villon feit à la requeste de sa mere pour prier
Nostre-Dame 
: C’est cette fois la mère de Villon qui s’exprime, et
confie son âme et son repos éternel à la Vierge. Dans cette ballade toute en
humilité, Villon rappelle que sa mère était une femme simple, qui ne savait ni
lire ni écrire. Elle exprime ici une ardente foi chrétienne.

 

Huitains XC à XCIII et Ballade de Villon à s’amye : Villon y évoque les femmes et les
amours, et ce qu’il en coûte en argent. On y retrouve aussi les thèmes de la
fuite inéluctable du temps et de la flétrissure du corps.

 

Rondeau : Villon
s’adresse directement à la mort, en appelant de son jugement qui lui a ôté la
femme qu’il aimait.

 

Villon revient ensuite à son testament,
jusqu’au huitain CXXV après lequel on trouve les ballades suivantes :

 

Ballade et
oraison 
: Il s’agit d’une prière pour Jehan Cotart, personnage
issu de la lignée de Noé, symbole biblique de l’ivrognerie, père de tous les
buveurs. L’âme de cet ivrogne invétéré chancelle ici à la porte du paradis
comme l’homme chancelle dans la vie ; le poète évoque donc la faiblesse de
l’homme devant les tentations impies.

 

Ballade pour
Robert d’Estrouville (Que Villon donna à un gentilhomme, nouvellement marié,
pour
l’envoyer à son espouse, par luy conquise à
l’espée)
 : C’est un seigneur, un chevalier qui s’exprime ;
le poème parle d’amour pour une dame.

 

Ballade (des
langues ennuyeuses) 
: Ces « langues ennuyeuses » sont
les avocats, menteurs professionnels, que Villon voue aux supplices les plus
raffinés de l’enfer. La description précise des supplices évoqués est à la fois
effrayante et comique.

 

Ballade [Les contreditz de Franc Gontier] : Villon compare la
vie pastorale et bucolique de Franc Gonthier, jeune berger, et de sa compagne
« Elayne », avec celle d’un moine ripailleur (premier huitain de la
ballade) qui donne au lecteur un aperçu de ce qu’était la vie de débauche du
poète. Villon en conclut qu’« Il n’est trésor que de vivre à son
aise ».

 

Ballade de
femmes de Paris 
: Villon évoque ici les femmes de Paris, dont
il tient le verbe pour supérieur à celui de toute autre femme au monde. Il
célèbre à la fois leurs commérages et leur esprit qui est sans pareil dans
toutes les contrées de la terre.

 

Ballade de la
grosse Margot 
: Il s’agit d’une nouvelle évocation de la vie de
débauche, en termes crus et très évocateurs. Villon brosse un tableau
pornographique et scatologique de ses relations avec une prostituée.

 

Belle leçon
de Villon aux enfants perdus 
et Ballade
de bonne doctrine 
: Dans ces
deux ballades, Villon exhorte la jeunesse à ne pas commettre les mêmes erreurs
que celles qu’il a commises : il leur faut éviter la vie de débauche et de
crime.

 

Chanson : Dans ce
poème, Villon évoque son séjour en prison. Il a passé plusieurs semaines dans
la basse-fosse de la prison de Meung et cette expérience l’a profondément
marqué.

 

Vient ensuite une nouvelle suite de huitains,
dans lesquels Villon donne le lieu de sa sépulture (huitain XLVI), puis décrit
sa pierre tombale (XLVII), pour donner ensuite son épitaphe (huitain XLVIII).
Le testament est à nouveau interrompu, cette fois par un Rondeau, dans lequel Villon demande le repos de son âme. Puis la
suite du testament reprend, du huitain XLXXIX au huitain CLXXXVI ; Villon
décrit ses obsèques et édicte ses volontés : quelle sonnerie de cloche il
souhaite, comment seront payés les sonneurs et qui seront ses exécuteurs
testamentaires. Vient ensuite la Ballade
de Mercy
dans laquelle Villon implore le pardon de tous, moines et filles,
excepté les « traîtres et
chiens » qui l’ont réduit à la misère et l’ont fait souffrir.

 

Le Testament se clôt avec
la Ballade de conclusion : Villon demande à ce qu’on vienne à ses funérailles quand on entendra le
son de la cloche. Il évoque une dernière fois sa condition misérable et pauvre,
sans amours, sans autre espoir que celui de la miséricorde divine.

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