Le Zubial

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Résumé

Le Zubial est un roman autobiographique d’Alexandre Jardin. Il estle premier d’une trilogie, suivi par LeRoman des Jardin et Chaque femme estun roman. Celui-ci raconte l’histoire de l’auteur, après le décès en 1980 deson père, Pascal Jardin, surnommé « le Zubial » par ses fils. Celivre ne raconte pas vraiment l’histoire de la famille Jardin dans l’ordrechronologique mais plutôt par petits épisodes marquants, des petites anecdotesau fil des souvenirs de l’auteur.

Alexandre Jardin avait quinze ans lors du décès de sonpère et lorsqu’il écrit ce livre, à trente-deux ans, il peine encore à s’enremettre. Cet ouvrage devient un moyen pour l’auteur de faire son deuil. Il y décritson père comme un être totalement différent de tous, et c’est pourquoi seul lesurnom inventé « le Zubial » lui correspond.

 

L’auteur commence par nous léguer ses souvenirsd’enfance, un père débordant d’activités, qu’il peine à comprendre à l’époque.En effet, son père se déguise souvent : en clown, en d’Artagnan, en Mickeyou encore en trapéziste, et cela le rend très vivant mais aussi mystérieux auxyeux de son fils.

Ce côté mystérieux se renforce au fil du livre : leZubial ne se laisse pas guider par ses peurs et fait donc beaucoup de chosesimprobables et contradictoires, très déroutantes pour son fils. L’auteur nousconfie qu’il a mal vécu cette soif de liberté, cette envie de vivre chaque jourcomme si c’est le dernier, car cela n’est pas compatible avec le cadre quenécessite un enfant pour grandir. On pense notamment à cet épisode plus quedéroutant, lorsque l’auteur n’avait que dix ans : son père s’en s’arrêteen rase campagne, signe un chèque sans aucun montant et le glisse dansl’annuaire d’une cabine téléphonique. Si quelqu’un le trouvait, il aurait puruiner toute la famille Jardin mais cela ne préoccupait pas le Zubial puisqu’ilréagit calmement face aux protestations de son fils.

Le Zubial était aussi un père permissif, ouvert àtout ; à ce sujet Alexandre Jardin raconte qu’un jour il demande à sonpère, comme beaucoup d’enfants, s’il pouvait devenir président de laRépublique. Une réaction ordinaire d’un parent aurait été de rire et de direque ce n’était pas possible. Le Zubial au contraire acquiesce et demandesimplement à son fils quand est-ce qu’il veut devenir président. L’auteur nousdécrit cela comme une sorte de naïveté sage, témoignage du respect du pèreenvers le fils.

On découvre en outre le Zubial en tant qu’amant. Celarenforce le côté étrange du protagoniste car on ne s’attend pas à ce que sonfils raconte ces épisodes très personnels de la vie de son père. On apprenddonc que le Zubial aimait passionnément les femmes, toutes les femmes, avectout de même une préférence pour son épouse. L’auteur raconte, par exemple, quesi son père désirait une femme, il n’hésitait pas à escalader la façade de samaison, afin d’aller la retrouver dans sa chambre, sans se soucier de laprésence de son mari. De plus, les amantes du Zubial séjournaient souvent dansla demeure familiale, ce qui permet à celui-ci d’enseigner à son fils commentdevenir un bon amant. On note aussi qu’on pourrait qualifier de « relationlibre » l’amour qu’entretiennent le Zubial et son épouse : tous deuxont des aventures amoureuses extérieures à leur couple, et chacun est informé decelles de l’autre. Néanmoins cela ne les dérange pas vraiment car ilscontinuent de vivre des choses en commun. Cependant pour leur fils, Alexandre,il est difficile de se construire face à ce modèle si différent de celui qu’ilvoit dans d’autres familles.

 

L’auteur fait en quelque sorte son deuil à travers celivre, car son père est l’être qu’il a le plus aimé. À travers cet étrangevoyage à travers le temps, Alexandre Jardin nous fait partager sa douleur faceà la perte de son père, cet être étrange, hors du commun, qui a beaucoup marquésa vie et l’ensemble de ses œuvres.

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