Les champs d’honneur

par

La tante Marie

Surnommée par tous « la petite tante », la tante Marie habite une petite masure construite dans le jardin de la maison familiale. Elle était institutrice dans l'enseignement catholique, métier qu'elle exerça cinquante années durant avec un dévouement sans limite : « Son talent d'institutrice, c'est sa dette au Seigneur, son apostolat, qu'aucun figuier ne demeure plus sans fruit. » Elle mène une vie de nonne dans sa petite maison : « Ce petit ermitage composé de deux pièces était le reflet exact de sa vie de béguine : cuisine rudimentaire […] et une chambre guère plus vaste meublée d'un lit, d'une commode, d'une armoire, d'un bureau d'orme clair, d'une bibliothèque vitrée où elle rangeait ses manuels scolaires et quelques ouvrages pieux, et d'un prie-Dieu ». Quand elle ne travaille pas au service de ses élèves, elle travaille pour Dieu et la paroisse : « Le jeudi, jour de repos des enfants, était consacré aux bulletins paroissiaux qu'elle préparait et distribuait l'après-midi, maison par maison, avec la même annonce à chaque porte : « Voilà le facteur » – puis elle ajoutait malicieusement – « Du Bon Dieu » et c'était devenu une sorte de mot de passe. »

Elle mène une vie tranquille de vieille originale, entre ses bulletins paroissiaux, son église et son panthéon personnel de saints qui ont chacun une fonction bien précise à exercer. Mais cette inoffensive créature cache un drame, qui reparaît à la mort de son neveu Joseph, le père du narrateur. Le choc qu'elle éprouve alors lui retourne l'esprit, les époques se télescopent dans sa tête, et elle se met à revivre...

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Dissertation à propos de Les champs d’honneur