Les Chouans

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Résumé

En septembre 1799, l’Ouest de la France estdéchiré. D’un côté, l’armée de la jeune République – les Bleus – tâche demaintenir l’ordre dans les provinces révoltées ; de l’autre, les Chouansaffrontent les Bleus au nom du roi et de Dieu. Le gouvernement du Directoirevient de proclamer la levée de cent mille hommes destinés aux armées de laRépublique, attaquée de tous côtés par ses voisins. C’est chose difficile qued’imposer une levée de troupes en ces hostiles terres de l’Ouest. C’estpourtant ce à quoi s’essaie le commandant Hulot, à la tête de sa demi-brigade.Ce soldat chevronné n’a pas d’illusions : la colonne de conscrits qu’ilmène à Mayenne, composée en grande partie de paysans, déteste la République quia coupé la tête au roi, exilé les seigneurs et fermé les églises. La plupartn’attendent qu’une occasion pour s’enfuir et rejoindre les Chouans.

C’est alors que surgit un étrangepersonnage : vêtu du sarreau traditionnel et de peau de bique, hirsute, levisage bovin, il arrête la colonne par sa seule présence. Il dit se nommerMarche-à-terre, et ce sobriquet chouan éveille la méfiance de Hulot, qui flaireune embuscade. Il déploie ses soldats et fait explorer le bois voisin. Lafusillade ne se fait pas attendre, Marche-à-terre bondit et rejoint lesChouans. Les conscrits s’égaillent telle une volée d’oiseaux et rejoignent lesrangs royalistes, à l’exception des quelques patriotes qui font feu avec lesBleus. Le combat est sanglant, les Chouans font retraite. Hulot remarque viteleur chef ; c’est un homme jeune, vingt-cinq ans tout au plus, qui se batavec intelligence, bravoure et grâce. Cet homme, que les Chouans désignentcomme le Gars, c’est-à-dire le guerrier, est le marquis de Montauran, envoyé enBretagne par le parti royaliste pour prendre la tête de la révolte. Il a uneidée noble de ce que doit être la guerre, bien loin de la guérilla mâtinée debrigandage que les Chouans livrent d’ordinaire aux Bleus. Une aristocraterejoint la troupe des Chouans ; elle parle en chef et n’a pas descrupules : elle a l’âme d’une guerrière et regarde avec une indulgenceagacée le marquis faire preuve d’esprit chevaleresque : ilapprendra !

Quelques jours plus tard, une berline roule versla Bretagne. Elle transporte une jeune femme, Marie de Verneuil, et Francine, unejeune paysanne bretonne qui l’accompagne et l’aime comme une sœur. Avec ellesvoyage un homme étrange, au regard lourd de soupçon et aux desseinsobscurs : Corentin. Il est chargé de veiller à l’exécution de la missionconfiée à Marie par le ministre de la police Fouché : trouver le Gars, leséduire et le livrer aux autorités. La berline est escortée par la troupe, etc’est Hulot qui doit assurer la sécurité de la voiture à partir d’Alençon. Dansune auberge de la ville Marie et Francine rencontrent deux voyageursdistingués, un homme jeune et une femme, qui se présentent comme le citoyen duGua-St-Cyr et sa mère. Quand Hulot voit l’homme, il reconnaît immédiatement leGars. Il est sur le point de l’arrêter quand Marie lui présente une lettresignée de ses supérieurs qui indique qu’elle a les pleins pouvoirs en cetteaffaire. Respectueux et galant, Hulot obtempère mais brise son sabre sur songenou : il ne conçoit pas que femme puisse lui donner des ordres. Ce sontdonc ses subordonnés Merle et Gérard qui commanderont l’escorte de la berline.

Le voyage est l’occasion pour Marie et lejeune homme de faire connaissance. Il est bien le Gars ; il porte àl’origine le titre de marquis de Montauran. Leurs esprits affûtés s’affrontentet ils se savent ennemis, mais leurs cœurs sont les plus forts et une tendreinclination les pousse l’un vers l’autre, au grand dam de celle qui accompagneM. de Montauran – appelons-la Mme du Gua. Le lecteur a déjà rencontré cettearistocrate lors du combat entre les Chouans et la colonne de conscrits. Elleest trop jeune pour être la mère du marquis, et son cœur saigne de jalousie envoyant le jeune chef et Marie si complices. Quant à Francine, elle a reconnuson amour de jeunesse, qui n’est autre que Marche-à-terre, jamais loin dumarquis. Le farouche guerrier se transforme en enfant quand la jeune femme luiparle, et elle lui fait promettre de ne pas faire de mal à Mlle de Verneuil.Quant à Corentin, Marie l’a éloigné afin de mener les opérations selon soncœur. La route est longue vers Fougères, et le marquis offre l’hospitalité desa demeure de la Vivetière à Marie et Francine ainsi qu’à l’escorte de Bleus.Ces derniers seront saufs, parole de gentilhomme. Là, le marquis et Mme de Guaretrouvent la fine fleur de la chouannerie, assemblée pour recevoir les ordresdu Gars. Le marquis a donné sa parole : les troupes sont installées dansle parc, on sert du cidre ; Merle et Gérard sont contraints de partager lerepas qu’offre le marquis. Ils devinent bientôt à qui ils ont affaire, maisfont bonne contenance. Un noble en présence, le comte de Bauvan, sème le doutedans les esprits en chuchotant que cette Mlle de Verneuil n’est qu’une créaturedéshonorée. Soudain, une fusillade éclate : malgré la parole de Montauran,les Chouans ont fusillé les Bleus au repos. Mme de Gua se fait une joie derévéler que Marie est une espionne : c’est la condamner à mort. Devant unmarquis ulcéré et impuissant, elle offre la jeune femme comme prise de guerre àPille-miche, compagnon de combat de Marche-à-terre. Le pire attend Marie, mais,à la demande de Francine, Marche-à-terre la sauve des griffes de son compère etles deux femmes s’enfuient. Parvenues à Fougères, elles retrouvent Corentin, etlorsque Hulot, dont le ministre Berthier a refusé la démission, se présentedevant Marie, elle lui offre la tête du marquis : elle étourdira decaresses l’homme qui l’a méprisée, et il ne sortira de son lit que pour aller àl’échafaud.

Le lendemain, une promenade sur les hauteursde Fougères lui fait apercevoir Montauran qui observe la ville, lunette à lamain. Malgré la nuit qui tombe, elle décide de le suivre. Dans la pénombre, lesquelques Chouans superstitieux qu’elle croise la prennent pour un fantôme etfuient, ce qui la laisse arriver à la maison de M. d’Orgemont, vieil avareacheteur de biens nationaux et à ce titre honni des Chouans. Pendant queMontauran médite, Pille-miche et son compère Galope-chopine ont décidéd’extorquer à Orgemont le secret de sa cachette : où dissimule-t-il sonor ? Ils chauffent les pieds du vieillard sur des charbons ardents. Devantl’affreux spectacle, Marie intervient ; les tortionnaires fuient devantcelle qu’ils prennent pour un esprit. Orgemont, libéré, partage avec Marie lesecret d’une cachette enfouie dans les murs, ce qui permet à la femme des’échapper. Après une périlleuse marche nocturne, Marie rejoint Fougères aupoint du jour et assiste à l’assaut donné par les Chouans sur les ordres dumarquis. Mais la ville est superbement défendue par Hulot qui repousse lesguerriers vêtus de peaux de bique. Pour échapper à la mousqueterie, Marietrouve refuge dans la misérable ferme de Galope-chopine où la rejoint un autrefugitif, le comte de Bauvan. Elle lui vole son fusil, le met en joue, et hèleun Bleu qui passe : qu’on emmène ce prisonnier à Fougères sur le champ.

Une fois arrivée, Mlle de Verneuil persuadeHulot de la laisser interroger le prisonnier, qui tombe sous son charme. Ellefait mine de lui pardonner l’insulte proférée à la Vivetière et l’homme se voitdéjà posséder cette femme superbe, lui offrir sa fortune et son nom. Marie saitqu’une réunion de toute la chouannerie doit se tenir en la petite ville deSaint-James. Le comte se porte-t-il garant de sa protection si elle yassiste ? Assurément ! Bauvan est donc libéré. Accompagnée deFrancine, Marie prend la route de Saint-James, rejoint une troupe de Chouansqui assistent à une messe en pleine nature, cérémonie d’une beauté farouche oùle prêtre bénit les fusils, puis arrive enfin à destination, au milieu d’unearmée de Chouans. Montauran est là, ainsi que Mme du Gua, les chefs vendéens etchouans. Quand le bal est sur le point de commencer, Bauvan fait entrer Mariede Verneuil, et proclame que ce qui fut dit sur elle à la Vivetière n’est quemensonge. Ivre de jalousie, Mme de Gua voit Montauran et Marie s’isoler, parler :les deux amants se sont retrouvés. Marie, reine du bal, convainc Montauran dela ramener à Fougères. Mais arrivés hors les murs de la ville, Marie laisse làson amant : il y a du danger à entrer dans Fougères, et tous deux sereverront dans la ferme de Galope-chopine. Une fois chez elle, elle s’efforcede convaincre Corentin et Hulot de permettre à Montauran de partir en exilplutôt que de l’arrêter, en vain. Aussi, quand elle quitte Fougères pourretrouver le marquis, elle est suivie par les Bleus et peu s’en faut que leGars ne soit arrêté. Marie est maintenant convaincue que le marquis Alphonse deMontauran lui porte un sincère amour : il est prêt à abandonner sa causepour vivre avec elle. Les amants décident de fuir et de se retrouver le soirvenu au logis de Marie. Mais Corentin use d’un stratagème déloyal : ilmontre à Marie une lettre du marquis à Mme du Gua où il exprime son mépris pourMlle de Verneuil. Cette lettre est fausse, mais Marie tombe dans lepiège : la déception lui fait révéler à Corentin et Hulot le rendez-voussecret. Le commandant fait cerner la maison.

À la nuit tombée, Montauran se présente aurendez-vous, et l’amour est le plus fort : il est venu accompagné d’unprêtre et de deux témoins afin d’épouser Marie. Celle-ci comprend qu’elle a étéjouée par Corentin, et avoue à Montauran qu’elle l’a dénoncé. Alphonsepardonne, et les amants maintenant époux vont tenter de s’enfuir. Mais dans lafusillade qui éclate, Montauran est mortellement blessé et Marie frappée d’uncoup de baïonnette. Les jeunes mariés expirent dans le même souffle. Hulotcontinuera à loyalement servir la République, tandis qu’une longue carrièrefaite d’obscures combinaisons attend Corentin.

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