Les cinq cents millions de la Bégum

par

L’éternelle lutte entre le bien et le mal

Dans l’ouvrage, Jules VERNE fait ressortir cette rivalité séculaire entre le positif et le négatif en présentant d’une part deux personnalités différentes, et d’autre part  deux villes différentes.

A-    Deux personnalités différentes

S’il y a une caractéristique des romans d’aventure qui a le don de passionner les lecteurs, c’est bien la lutte entre le bien et le mal. Bien souvent, dans ce genre littéraire, les auteurs présentent d’une part un personnage sympathique et attachant, qui incarne un certain nombre de vertus unanimement prônées par la morale universelle. L’honnêteté, et l’intégrité sont les traits marquant de ces personnages, et parfois, leur volonté à lutter contre les injustices force l’admiration. En un mot, ils incarnent un idéal, celui auquel aspire l’inconscient collectif sans que toutefois cela soit toujours possible dans la réalité. Quoiqu’il en soit, Jules VERNE ne fait pas exception à la règle. Aussi commence t-il par présenter dans « Les cinq cents millions de la Bégum », un personnage qui incarne noblesse et bonté, le docteur François Sarrasin. L’auteur lui-même fera ressortir cette bonté dès la première phrase du livre : «  "Ces journaux anglais sont vraiment bien faits !" se dit à lui-même le bon docteur en se renversant dans un grand fauteuil de cuir ». Mais d’un autre côté, se trouve le professeur Schultze, qui lui, incarne le mal. En le décrivant, l’auteur aboutit à la conclusion que sa personnalité constitue : «…..Un ensemble inquiétant et désobligeant pour les autres…. ». Comme quoi, Sarrasin et Schultze présentent des natures différentes, opposées même, ce qui, vous le devinez certainement, conduit à un mode de pensée tout aussi divergeant.

 

B-    Deux villes différentes

La différence de personnalité entre Sarrasin et Schultze implique également deux idéologies différentes. Cet état de chose sera notamment remarquable au moment de la remise de l’héritage de la Bégum et de l’usage que chacun d’eux décidera d’en faire. En effet, le docteur, présenté comme un visionnaire aura à cœur de créer une ville idéale, Franceville. Son ambition comme le soulignera l’auteur sera de «…. fonder une ville française dans des conditions d’hygiène morale et physique propres à développer toutes les qualités de la race et à former de jeunes générations fortes et vaillantes ». Voilà une ambition qui en elle-même était extrêmement révélatrice de l’incommensurable noblesse du docteur, quoiqu’elle parût absurde aux yeux du professeur qui pour sa part, se mit en tête de construire une ville aux caractéristiques exactement opposées. L’idée essentielle qui sous-tendait cette volonté n’était autre que celle de détruire. L’auteur, dans la description qu’il en fait, parvient d’ailleurs à faire ressortir le côté sinistre propre à la ville de Schultze : « C’est au centre de ces villages, au pied même des CoalsButts, inépuisables montagnes de charbon de terre, que s’élève une masse sombre, colossale, étrange, une agglomération de bâtiments réguliers percés de fenêtres symétriques, couverts de toits rouges, surmontés d’une forêt de cheminées cylindriques, et qui vomissent par ces mille bouches des torrents continus de vapeurs fuligineuses. Le ciel en est voilé d’un rideau noir, sur lequel passent par instants de rapides éclairs rouges. Le vent apporte un grondement lointain, pareil à celui d’un tonnerre ou d’une grosse houle, mais plus régulier et plus grave ». Cette cité sombre n’est autre que Stahlstadt, la cité de l’acier, une colossale usine à canon. Or, nous le savons tous, il est peu commun d’associer au canon une image pacifique. Le dessein du professeur Schultze était donc de détruire, et sa cible avait pour nom Franceville, la cité idéale du docteur Sarrasin. Ces envies de destructions étaient antérieures aux guerres mondiales. Force nous est donc de constater que l’auteur, et c’est sans doute sa caractéristique la plus célèbre, était une fois encore en avance sur son temps en relatant des évènements qui devaient se produire de nombreuses décennies plus tard.

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