Les Combustibles

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Résumé

Les Combustibles est une pièce de théâtre en trois actes écrite par Amélie Nothomb et publiée en 1994. L’action se déroule dans une ville assiégée, dans l’appartement du Professeur, où se trouvent aussi son étudiante, Marina, et son assistant.

Le Professeur a une cinquantaine d’années, il porte un col roulé. Son assistant, Daniel, a plutôt une trentaine d’années. Il entre dans la pièce où le professeur travaille sur le Bal de l’Observatoire, de Blatek. Ils discutent sur la guerre qui n’en finit pas et échangent des propos cyniques et détachés sur la littérature. On apprend que Daniel s’est refugié chez le professeur il y a deux mois. Daniel continue à aller à l’Université malgré les bombardements ; le professeur reste beaucoup plus souvent chez lui pour lire.

Cependant, il fait de plus en plus froid, et ils n’ont plus rien à brûler. Daniel explique au professeur qu’il préfère aller à l’Université car les tuyaux de la bibliothèque sont brûlants. Alors qu’ils se disputent au sujet du froid, Marina, dont on apprend qu’elle est la petite amie de Daniel, entre dans la pièce. Ses préoccupations sont toutes matérielles : elle est frigorifiée. Elle propose alors au professeur de lui céder quelques volumes de son imposante bibliothèque afin d’alimenter son poêle. Celui-ci, très gêné, refuse : « Si nous nous mettions à brûler les livres, alors, vraiment, nous aurions perdu la guerre. » Marina insiste et plaide sa cause. Elle fait également comprendre à Daniel qu’elle sait que leur relation est éphémère, car Daniel est un séducteur. Marina parvient à obtenir six livres à brûler de la part du Professeur, qui hésite beaucoup sur les livres à sacrifier ; il tente de choisir les moins bons. Marina repart avec les livres et le manteau du professeur.

Les deux hommes sont seuls. On apprend que la dernière petite amie de Daniel, Sonia, est morte en juin dans un bombardement. À cause de cet événement, sa vision de la relation amoureuse a changé : il ne compte pas quitter Marina. Ils discutent de la beauté de Marina lorsqu’ils entendent de nouveaux bombardements au loin.

La discussion tombe ensuite sur le sujet des livres dont ils se débarrasseraient avec le moins de peine. Daniel choisit Le Mal mobile, de Fostoli. À cet instant, Marina entre dans la pièce en courant : les bombes ont détruit l’université alors qu’elle voulait rejoindre sa chambre. Le professeur lui propose alors d’habiter avec Daniel et lui. Elle accepte, et le professeur jette le premier livre au feu.

Deuxième scène, dans le même salon. La moitié des étagères de la bibliothèque est vide. Marina, frigorifiée, feuillette un livre quand le professeur rentre du dehors. Elle lui explique qu’elle ne lit pas pour le plaisir mais pour choisir les livres qu’elle va jeter au feu. « Cette phrase est-elle plus nécessaire à ma vie qu’un degré de plus dans la pièce ? » Marina devient presque folle à force d’avoir froid : elle se moque de la littérature, et refuse de bouger, alors que le professeur lui conseille de remuer, de danser, pour ne plus avoir froid. Marina cite Bernanos : « l’Enfer, c’est le froid. » Pour la faire taire et surtout la réchauffer, le professeur lui propose de danser avec elle. Elle refuse, mais il la force à danser le tango. Elle se dégage de son étreinte et se fige. Elle a toujours aussi froid.

Marina commence à pleurer et à penser à la mort : elle raconte que les plus désespérés vont se suicider en se promenant à découvert sur la place, où les Barbares peuvent leur tirer dessus. Le Professeur tente de la raisonner, mais Marina est déterminée à se tuer le jour où il n’y aura plus de livres à brûler. Le Professeur tente de lui expliquer qu’il y aura peut-être une vie après cette guerre, mais Marina ne le croit pas, et ne veut plus vivre, ni mettre d’enfants au monde après la guerre.

Le Professeur commence à désirer Marina, et tente de l’embrasser dans le cou, mais la jeune femme se dégage. Puis elle change d’avis, elle ne veut pas avoir le rôle de la victime, et explique au professeur que lorsqu’ils feront l’amour, il ne sera rien d’autre pour elle qu’une bouillotte, qu’il ne servira qu’à la réchauffer. Le professeur trouve cette idée monstrueuse, et dit à Marina qu’elle est belle mais démoniaque. La scène se termine alors qu’il la serre dans ses bras.

La scène suivante montre Daniel et le Professeur assis dans la même pièce, en train de lire. Daniel empêche le professeur de s’endormir. Il leur reste dix livres en tout ; ils décident duquel ils doivent brûler et se disputent au sujet de leurs goûts littéraires respectifs pendant longtemps. Les livres dont ils parlent sont imaginaires. Daniel finit par avouer au professeur qu’il sait que Marina et lui ont passé une nuit ensemble. Le ton monte et Daniel veut frapper le Professeur qui a traité sa petite amie « d’allumeuse de bas étage » lorsque Marina entre. Elle les sépare, puis insiste pour que les hommes ne brûlent pas un livre qu’elle aime, LeBal de l’Observatoire. Marina explique à Daniel que ça ne la dérange pas de coucher avec le Professeur, car sans la beauté de son corps, elle serait déjà morte de froid. Daniel est dégoûté par cette annonce et se jette sur elle pour la frapper. Pendant qu’ils se battent, le professeur brûle calmement neuf des dix livres restants. Le seul qui reste est le livre que Marina aime. Après qu’elle l’a supplié de ne pas le brûler, le professeur l’ignore et jette le livre au feu. Marina tient sa promesse ; elle s’enfuit pour se suicider en allant sur la place se faire tirer dessus. Daniel la rejoint pour l’en empêcher. Désormais seul, le Professeur profite du grand feu littéraire, et annonce que lorsqu’il n’aura plus rien à brûler, il ira lui aussi se promener à découvert sur la place. 

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