Les Combustibles

par

Marina

Petite amie de Daniel, elle est en dernière année et termine ses études. Le Professeur dit d'elle qu'elle est une « pauvre petite idiote primaire », mais il lui trouve « ce type de beauté pathétique qui resplendit dans l'impertinence. » Tout au long de la pièce, elle jette son cri de souffrance : elle a froid. Alors elle est prête à tout pour se réchauffer : « Je donnerai tout, tout et plus encore, pour une douche fumante. » Elle est prête à brûler les livres, car « L'éternité ne fait pas le poids devant deux minutes de chaleur. » Elle va jusqu'à coucher avec le Professeur qui a l'âge d'être son père : « Voyez-vous, Professeur, à l'instant où vous me prendrez dans vos bras, je cesserai de souffrir, parce que votre ventre sera tiède. » Rien de sensuel ni de charmant dans cette décision : « Un corps glacé, ça n'a qu'une idée, c'est de trouver quelque chose de chaud, n'importe quoi, et de s'y agripper, d'absorber sa chaleur, de la lui prendre. » Elle a fait sienne cette réflexion de Georges Bernanos extraite de Monsieur Ouine : « L'enfer, c'est le froid. » Alors elle le hurle : « Je suis en enfer ! »

Comment en sortir ? En couchant avec le Professeur, en recourant à la combustion des livres, ou en mourant. « Vous savez comment ils font, ceux qui veulent mourir ? Ils mettent leurs plus beaux vêtements et ils vont se promener à découvert au milieu de la grand-place, jusqu'à ce qu'un Barbare les tue. » C'est ce qu'elle fera à la fin de la pièce. Elle croit avoir fait place en elle à l'animal : « Je n'ai plus rien d'humain ! » clame-t-elle. Mais quand le Professeur est sur le point de brûler Le Bal de...

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