Les Combustibles

par

La lutte entre l'intellectuel et l'homme

Les Combustibles est une pièce peuplée par les livres. On n'y parle que d'eux, et il est paradoxal de constater qu'Amélie Nothomb a choisi de truffer son œuvre de références à des auteurs qui n'existent pas, auteurs de livres qui ne furent pas imprimés : Blatek, cause de l'ultime dispute des personnages, n'existe pas, pas plus que Kleinbettingen, Sterpenich ou Fostoli entre autres. Seul un auteur réel est nommément cité : Georges Bernanos (objet de la thèse universitaire d'Amélie Nothomb) et deux œuvres sont mentionnées : Le Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durrel et Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, dont l'intrigue se situe dans une société où les livres n'ont pas droit de cité, et où on les brûle. L'ironie de la situation n'échappe pas aux grands lecteurs que sont les personnages de la pièce ; la situation est inversée : ils doivent détruire les livres pour survivre.

Pour eux, détruire un livre, c'est détruire non seulement le symbole même de leur statut social, mais c'est aussi et surtout détruire une parcelle d'humanité. De plus, déclare le Professeur : « Si nous nous mettions à brûler les livres, alors, vraiment, nous aurions perdu la guerre. » Ils seraient ravalés au rang de ces Barbares mystérieux qui assiègent la ville. Mais ces intellectuels, brillants comme le Professeur, ou en devenir comme Daniel et Marina, vont faire connaissance avec l'animal qui sommeille en eux car le froid, lui, ne connaît pas de répit. Il les harcèle, leur fait vivre, littéralement, l'enfer, comme le hurle Marina : « Je suis en enfer ! »

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Dissertation à propos de Les Combustibles