Les Rêveries du Promeneur Solitaire

par

Les paradoxes de Rousseau

L’un des premiers paradoxes dont l’auteur fait usage se trouve déjà même dans le titre de l’ouvrage. C’est sans doute son utilisation de pensées contradictoires qui excite les lecteurs de Rousseau à toujours en redemander. Bien que Les Rêveries d’un Promeneur solitaire soit la dernière œuvre écrite du vivant de Rousseau, sa richesse en paradoxes demeure l’un des éléments cruciaux qui font de cette œuvre un tel succès littéraire.

Malgré le fait qu’il se promène ou qu’il semble rêver, Rousseau est en quête de vérité. Ces « promenades », malgré leur connotation naturelle de relaxation, n’ont qu’un seul but : aller à la recherche de réponses aux questions de Rousseau. Il déclare lui-même : « Voilà ce qui me reste à chercher… », ou encore « C’est une idée par laquelle il faut nécessairement que je passe… ». Cette recherche devient alors obligatoire et Rousseau se sent responsable de cette quête de vérité – sur la nature humaine, la question de bonheur, etc. – et de ce fait, l’auteur doit se rattacher vers les autres, se rapprocher d’eux, malgré le fait qu’il déclare au tout début de la première promenade que les autres n’existent pas : « Me voici donc seul sur la Terre… ».

De plus, le genre littéraire du livre semble être une classification erronée : par le mot « rêveries », on s’attend à de la romance et de la tendresse, car quand on aime, on rêve. Rapidement, le lecteur se rend compte que Les Rêveries du Promeneur solitaire sont en fait une interprétation de la pensée de Rousseau ; qui parfois est loin d’être romantique. Dans sa même déclaration d’ouverture (première promenade), Rousseau se dit être « Seul sur la Terre… ». Comment peut-il réellement être seul lorsqu’il prétend avoir des gens qui complotent contre lui ? Comment peut-il être seul s’il est entouré de gens dont quelques-uns l’aiment ? (à l’instar de Madame de Warens), de gens dont il écrit d’ailleurs les promenades ? Nous pouvons ainsi dire que la solitude de Rousseau n’est point physique, mais plutôt émotionnelle et intellectuelle. Rousseau n’arrive pas à s’identifier aux hommes de sa société (mis à part ses amis), d’où l’usage de ses paradoxes.

Ainsi donc, les flagrantes contradictions de Rousseau sont bel et bien porteuses de vérité. Ses paradoxes sont pleins de sens et la vérité apparait ainsi lorsque Rousseau crée des conflits antinomiques entre littérature et vie quotidienne.

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