Les villes invisibles

par

Italo Calvino

Italo Calvino est un écrivain italien né en 1923 à Santiago de Las Vegas, près de La Havane à Cuba. Il grandit dès sa plus petite enfance à San Remo en Ligurie, près de la frontière française, dans une famille laïque et antifasciste, d’un père agronome et d’une mère biologiste. Étudiant, il emprunte la même voix que celui-ci quand, après la chute de Mussolini, il rejoint les maquisards des brigades Garibaldi. Après avoir collaboré avec des journaux à Turin, devenu membre du Pari communiste, il reprend des études mais de lettres, qu’il clôt par un mémoire sur Conrad. Son premier roman, Le Sentier des nids d’araignées (Il Sentiero dei nidi di ragno), est un récit picaresque publié en 1947. Calvino y raconte l’histoire d’un enfant gouailleur de dix ans confié aux bons soins de sa sœur prostituée, lequel, après avoir dérobé l’arme d’un client de celle-ci, se retrouve après plusieurs péripéties plongé dans le maquis de la Résistance italienne. Confronté à un monde brutal et une violence peu en rapport avec son âge, il multiplie les rencontres, en quête d’un ami suffisamment complice auquel il pourrait révéler le secret d’un lieu, son refuge, où il observe pondre les araignées. Grâce au Cousin, géant au cœur tendre déçu par les femmes, il retrouvera espoir en l’humanité. L’auteur transpose ainsi son expérience d’une façon distanciée, comme il le fera à nouveau dans ses autres œuvres, et se garde bien d’idéaliser le combat. Le jeune auteur de vingt-quatre ans tranche ainsi avec le néoréalisme de l’après-guerre, en faisant la part belle à l’imaginaire et en donnant à son récit des allures de fable, mode d’expression propre de l’auteur en devenir.

En parallèle de sa carrière d’écrivain, Calvino jouera un rôle important dans l’édition italienne. Il travaillera longtemps avec les éditions Eunaudi de Turin, d'abord en compagnie de son aîné Cesare Pavese (1908-1950). Il y publie en 1952 Le Vicomte pourfendu (Il visconte dimezzato), l’histoire du vicomte génois Médard Terralba, dont seule la mauvaise moitié, la droite, est revenue de la guerre menée au XVIIIe siècle par l’armée du Saint-Empire romain germanique contre les Turcs. Le changement de caractère du vicomte est manifeste : devenu invraisemblablement cruel, il ne peut par exemple s’empêcher de couper en deux bon nombre d’êtres qui croisent son chemin. Mais il s’avère que la bonne moitié, la gauche, a continué de vivre elle aussi indépendamment, chacune exemplifiant et exprimant à fond les deux versants de l’âme humaine. Ce récit forme avec deux autres contes philosophiques une « trilogie héraldique » intitulée Nos ancêtres (I nostri antenati) dont chaque histoire part d’une donnée quelque peu absurde voire impossible que Calvino déploie avec rigueur, impassiblement, renforçant par là certains effets comiques. Le second conte, Le Baron perché Inscrivez-vous pour continuer à lire  >


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