Lorenzaccio

par

Résumé

Lorenzaccio est une pièce de théâtre en cinq actes rédigée en 1833 par Alfred deMusset sur une idée de George Sand. Elle sera jouée pour la première fois, àtitre posthume, en 1896. Alfred de Musset (1810-1857) est un poète etdramaturge français de la période romantique. Il est entre autres connu pour sasensibilité exacerbée, ses sentiments amoureux passionnés voire mélancoliques,et ses interrogations sur l’ambivalence du couple que forment les notions depureté et de débauche. C’est d’ailleurs cette ambivalence qui caractériseral’essence même de Lorenzaccio, antihéros éponyme de l’œuvre. Lorenzaccio est à la fois une œuvrehistorique, comportant certains anachronismes provenant d’élémentsautobiographiques, et une œuvre fondamentalement romantique.

 

Lorenzaccio débute en janvier 1537 en plein carnaval de Florence, dans un jardinpavillonnaire éclairé du clair de lune. Trois hommes : Alexandre deMédicis, duc de Florence tyrannique et débauché ; son cousin éloignéLorenzo de Médicis, méchamment surnommé Lorenzaccio par la populationflorentine ; et Giomo, l’un des conseillers du duc, attendent une jeunefemme promise à Alexandre. La jeune femme, dont la vertu a été achetée à savieille mère par Lorenzo contre 90 ducats, tarde à se montrer et le ductrépigne d’impatience. Emporté par ses pulsions, il se rend lui-même aupavillon de la jeune femme.

Au lever du jour lelendemain, les conversations vont bon train dans les rues de Florence. Lasituation politique de la ville, sous contrôle germanique grâce à un jeud’alliances entre l’empereur Charles Quint et le Pape, lesquels ont donné lepouvoir à Alexandre de Médicis, y est notamment discutée. Le père Mondella,orfèvre, fustige le Duc et déplore son règne cruel et dépravé, prêtant de faitallégeance aux républicains. Une passante au contraire, bien loin de cesconsidérations politiques et morales, s’émerveille d’une façade ostentatoire etévoque avec admiration le bal organisé dans la nuit par Nicolo Nasi pourcélébrer le mariage de sa fille. On voit alors sortir de la réception Alexandrede Médicis, déguisé en femme d’église, et son fidèle Salviati, éméché parl’alcool. Ce dernier tente alors de séduire la belle Louise Strozzi quil’éconduit avec fermeté. Cela ne l’empêchera pourtant pas, dès le midi à lasortie de l’office, de colporter des rumeurs à son sujet : Louise Strozzis’était promise à lui.

Dans cet entrelacsde subversion, de provocation et de débauche, la population se questionne et sescinde en deux clans jusqu’aux plus hautes couches de la cité : lamarquise de Cibo s’entretient avec son frère, le cardinal Cibo, et regrette ledéguisement d’Alexandre lors du bal Nasi, y voyant là un affront contrel’Église. Elle revendique peu après ses convictions républicaines et ce endépit du harcèlement épistolaire d’Alexandre, lettres enflammées auxquelleselle ne daigne pas répondre.

Lorenzaccio devient lesymbole de la décadence de Florence. Le pape Paul III voit d’un très mauvaisœil son impopularité et ses agissements, même si Alexandre en personne lesoutient. Il devient également un sujet de peines pour Marie Soderini, sa mère.Elle pleure sa lâcheté, déplore son âme corrompue par les vices de Florence, quiont même modifié les traits de son visage. Elle souffre à cause de ce fils, sibon autrefois, qui ne pourra pas accomplir un noble destin. Catherine, la tantede Lorenzo, n’y peut rien : Marie est inconsolable. Les exilés pendant cetemps, Maffio en tête, se retournent une dernière fois sur Florence et lamaudissent, plus que jamais fidèles aux républicains.

Le contre-pouvoir naîtpetit à petit. Face aux Médicis se dressent les vieilles familles de Florencesous la bannière républicaine, l’opposition politique souterraine. Les rangsrépublicains grossissent et gagnent des alliés de poids – les frères Strozzinotamment, assassins de Salviati, fidèle aux Médicis, celui-là même ayantcolporté des rumeurs indignes à propos de leur sœur Louise. Lorenzo lui aussiest amené à se situer sur l’échiquier politique. Il se clamera républicain maisses desseins se placent bien au-delà de simples revendicationspolitiques : il a un noble destin à accomplir pour le bien de Florence. Ildoit assassiner le duc Alexandre, son cousin. Son plan est échafaudé depuislongtemps et c’est la seule raison à ses actes immoraux et lubriques :jouer un double jeu lui permet de se rapprocher de sa cible. Son ennemi est deplus en plus proche et s’il fallait salir sa réputation et sacrifier son âmepour se rapprocher encore davantage, il le ferait.

Grâce à unstratagème impliquant Tebaldeo, un jeune peintre, Lorenzo parvient à dérober lacôte de mailles du duc, laissée à l’écart alors qu’il posait à demi-nu pour unetoile. Lorenzo s’en débarrasse au fond d’un puits. Malgré les soupçons deGiomo, Alexandre conserve une foi indéfectible en son cousin. Le duc ira mêmelui demander de l’introduire à Catherine, la tante de Lorenzo, alors qu’il vienttout juste de séduire – croit-il ! – la marquise de Cibo. En effet, à cejeu politique bipolaire vient se greffer un troisième acteur pour l’accessionau pouvoir : l’Église. Par le biais du cardinal Cibo, persuadé que celacorrespond aux attentes du pape Paul III en personne, le pouvoir clérical tentede s’immiscer dans les affaires politiques de la ville. Le cardinal va donc suggéreren confession à sa belle-sœur, la marquise de Cibo, de devenir l’amanted’Alexandre afin qu’il puisse jouir de la nouvelle influence de celle-ci etainsi tirer les ficelles dans l’ombre, bien que la marquise plaide en réalitépour la cause républicaine.

Dans ce Léviathanpolitique, doubles jeux, jeux d’influences, alliances et complots sont quotidiens.Les deux frères Strozzi sont arrêtés pour le meurtre de Salvati et leur sœurLouise est empoisonnée lors d’un banquet républicain. Pendant ce temps, Lorenzos’entraîne sans relâche au maniement de l’épée avec son maître d’armesScoroncolo. Il peaufine son plan nuit et jour et compte bien saisir l’opportunitéque lui offre Alexandre ; sa tante Catherine va servir d’appât pour isolerle duc. Non sans quelques réflexions introspectives quant au bien-fondé de sonentreprise et pourtant persuadé que la mort du duc ne servira pas lesrépublicains, trop faibles et désorganisés, il est maintenant prêt.

Lesdits républicainsont obtenu le soutien de François Ier pour le coup d’État qui seprépare : les conspirateurs sont aux portes de Florence. L’étau seresserre de plus en plus autour d’Alexandre, lequel est prévenu par Giomo et lecardinal Cibo que Lorenzo se prépare à l’assassiner. Il refuse une nouvellefois de croire de telles allégations. Au contraire, il suit son cousin en étantpersuadé que ce dernier le conduit à Catherine. Arrivé dans la chambre Lorenzotue facilement le duc, qui n’a plus sa cotte de mailles, et cache le corpsavant de s’enfuir.

Le corps esttoutefois découvert. Un successeur doit être rapidement nommé et le cardinalCibo propose Côme de Médicis au conseil des Huit. Simultanément, la tête deLorenzo est mise à prix. Le coup d’État républicain est tué dans l’œuf malgré lesoutien du roi de France : aucun leader républicain ne saura vraimentcomment lancer la révolution. Les rues s’agitent à la nouvelle de la mortd’Alexandre et de sa succession par Côme ; on retrouve l’orfèvre quiannonce que Côme a été nommé duc de Florence ; des étudiants florentinsprotestent contre cette nomination arbitraire, non démocratique. On apprend égalementla mort de Marie Soderini, la mère de Lorenzo, laquelle est partie sans savoirce que son fils a accompli, sans savoir qu’il a toujours été le bon garçonqu’elle a élevé, généreux et juste. Las de ce deuil et de son propre sacrificequi fut vain, Lorenzo n’écoute pas les mises en garde et décide de sortir dansles rues de Florence. Il est rapidement exécuté par la population florentinequi n’a pas oublié l’immonde Lorenzaccio, suite à quoi son corps est jeté dansla lagune. Alors qu’il a sacrifié son honneur et sa vie à cette population, elledevient son bourreau. Côme de Médicis est proclamé duc et choisit le cardinalCibo comme conseiller personnel.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >