Madame Hermet

par

Résumé

MadameHermet est une œuvre de l’écrivain français Guy de Maupassant. C’est plusprécisément une nouvelle, forme littéraire que Maupassant affectionnaitparticulièrement. Il en rédigea un grand nombre pour les besoins entre autresde son travail régulier pour des journaux littéraires. Madame Hermet fut d’abord publiée dans le Gil Blas du 18 janvier 1887.

 

La nouvelle commence par la déclaration « lesfous m’attirent », formule qui sonne comme un aveu de la part del’auteur : Maupassant annonce sa fascination pour la folie, mais égalementla maladie qui guette son esprit, en s’impliquant directement comme une sorted’auteur-narrateur-personnage. Maupassant écrit cette nouvelle après avoirvisité un asile et avoir connu les cas de quelques patients afin d’essayer parl’observation de comprendre leur état et ce qui les éloigne du reste des gensdits « sains d’esprit ». Il parle des fous comme des habitants d’unpays imaginaire, totalement différent de la terre du commun des mortels, oùl’impossible n’existe pas, remplacé par la seule imagination et le pouvoir dela pensée un peu dérangé des fous. La nouvelle débute ainsi par la présentationde la folie, telle que vue par l’auteur-narrateur.

         Un jour, le narrateur va dansun asile psychiatrique. Un médecin le guide vers la cellule d’une femme qu’ildésigne comme « un cas intéressant ». Ce cas est madame Hermet, femmede quarante ans environ, qui quand ils arrivent dans sa chambre se voile levisage. Elle explique que ses démangeaisons sont de plus en plus vives sur sonvisage et qu’elle est défigurée. Ainsi elle se voile le visage pour quepersonne ne la voie dans cet état. Même son fils ne pourrait la voir ainsidit-elle. Elle ne veut pas montrer son visage au narrateur qu’elle ne connaîtpas de peur qu’il la juge.

Le médecin le présente comme un homme de confiance etun médecin meilleur que lui-même. Elle accepte alors de dévoiler son visage,bien qu’honteuse au point de n’oser croiser le regard des deux hommes. À sagrande surprise le narrateur découvre qu’elle n’a en réalité aucune marque surle visage.  

         Hermet continue de seplaindre, de dire qu’elle est horrible et qu’elle se retrouve ainsi parcequ’elle a dû soigner son fils malade, mort aujourd’hui. Pour soulager son malimaginaire, le médecin sort alors un pinceau d’aquarelliste et en applique parpetites touches délicatement les poils sur sa peau. Il lui montre dans lemiroir qu’elle n’a plus rien, et elle se sent soulagée un moment.

         En sortant de la chambre, ledocteur raconte l’atroce histoire de madame Hermet au narrateur. Elle fut unetrès belle femme, heureuse de vivre, notamment du fait de sa beauté. Elle eutun fils dont elle prit soin, mais qui mourut malgré tout, ce qui la rendittellement triste qu’elle s’en sentit coupable. Sa dépression est en partie dueau fait que belle jadis, en vieillissant elle est devenue moins jolie, moinsfraîche, et que chaque jour, chaque mois le temps fait son office :« A-t-elle subi la torture, l’abominable torture du miroir, du petitmiroir à poignée d’argent qu’on ne peut se décider à reposer sur la table, puisqu’on rejette avec rage et qu’on reprend aussitôt, pour revoir, de tout près,de plus près, l’odieux et tranquille ravage de la vieillesse quis’approche ? »

         Il raconte ensuite quelorsque son fils Georges tomba malade, à 15 ans, elle en avait 35. Elle luirendait visite deux fois par jour, le matin rapidement, alors en peignoir, etle soir, vêtue d’une jolie robe, prête à sortir. Elle ne restait jamaislongtemps, toujours pressée et en retard. Elle demandait au précepteur deGeorges, l’abbé, qui lui restait auprès du jeune homme toute la journée, ce quele médecin avait dit. L’abbé un jour lui révéla que le médecin avait diagnostiquéla petite vérole. Elle en fut tout effrayée.

         Le lendemain, son filsn’allait pas mieux, alors elle acheta beaucoup de remèdes à la pharmacie pourse protéger contre la contagion, produits dont elle s’imprégna. Plus lesnouvelles autour de la santé de son fils, qu’elle n’allait plus visiter,étaient mauvaises, moins elle pouvait manger.  « Une semaine entièrese passa ainsi sans qu’elle fît autre chose que sortir une heure ou deux pourprendre l’air, vers le milieu de l’après-midi. Elle demandait maintenant desnouvelles toutes les heures, et sanglotait quand elles étaient plusmauvaises. » Elle ne va jamais le voir, jusqu’au jour où, très mal enpoint, son fils demande à ce qu’elle monte à sa chambre, sentant sans doute lamort approcher, mais Hermet ne veut pas, de peur de tomber maladeégalement ; elle répond à l’abbé : « Ah ! mon Dieu !Ah ! mon Dieu ! Je n’oserai jamais ! Mon Dieu ! MonDieu ! secourez-moi ! »

         Lors d’une deuxièmetentative, le fils appelle sa mère, conscient qu’il mourra bientôt, mais samère refuse toujours, en train de pleurer dans sa chambre, au bord de la crisede nerfs. Puis le médecin voyant la mort de Georges arriver va chercher madameHermet, de gré ou de force, mais elle se cramponne à sa porte pour ne pas y aller,se jetant à genoux aux pieds du médecin et l’implorant de dire à Georgesqu’elle l’aime, et qu’elle se sent minable. Le médecin lui propose de seprésenter sur le balcon, derrière une vitre, que son fils puisse la voir à défautde l’embrasser. Elle accepte au début, puis refuse. Le fils attend des heuresdurant de voir sa mère sur le balcon, puis meurt. Le lendemain, Madame Hermet estdevenue folle.

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