Madame Hermet

par

Une recherche sur les causes de la folie

Maupassant, dansune seconde partie de la nouvelle, abandonne ses réflexions et son point de vuesur la supériorité du fou pour se pencher sur le côté davantage scientifique dela question. Il passe par l’intermédiaire d’un docteur pour examiner, auprétexte d’une visite dans un hôpital, le cas de madame Hermet, femme d’unequarantaine d’années obsédée par l’apparition récurrente d’hypothétiquesstigmates sur son visage.

Au travers d’unretour en arrière, l’auteur décrit l’apparition de la folie chez cette personneconvaincue de l’atrocité d’un visage qu’elle s’imagine ravagé. Elle estpersuadée d’avoir attrapé une maladie pendant qu’elle soignait son fils quisouffrait du même mal. Cependant, le retour en arrière exigé par l’auteur nousmontre que l’enfant en question est mort, et dans bien d’autres conditions.

La mère, madameHermet, affirme ici porter les marques voulues par Dieu, avoir sacrifié sonvisage : « C’est en soignant mon fils que j’ai gagné cetteépouvantable maladie, Monsieur. Je l’ai sauvé, mais je suis défigurée. » Danssa folie, elle s’imagine donc elle-même dans une position de martyr, souffrant,mais pour avoir accompli son devoir, ayant ainsi obtenu une position desupériorité par sa fidélité familiale et sa foi.

Or, il apparaîtque madame Hermet, plus attentive à sa beauté qu’au mal dont souffrait sonfils, a refusé d’entrer dans la chambre d’agonie de celui-ci par peur de voirson corps ravagé par ce qui s’était avéré être la petite vérole. Une fois lediagnostic tombé, ses visites furtives dans la chambre de son fils cessent toutà fait, et elle semble elle-même être atteinte de maladie : « Ellene se leva qu’à midi, mangea deux œufs avec une tasse de thé, comme sielle-même eût été malade ». Nous pouvons interpréter ceci commel’effet soudain de la prise de conscience de la maladie de son fils : ellene peut plus se voiler la face, se contentant d’éphémères visites dans lachambre de son fils alité, et désormais elle semble ressentir elle-même leseffets de la petite vérole, jusqu’à la mort de celui-ci.

La folie semanifeste réellement onze jours après le décès de ce fils de quinze ans. Elleen a alors trente-cinq, et sombre dans la démence. On peut donc, grâce à laprécision de Maupassant concernant les faits précédents, penser que c’est laculpabilité pour n’avoir pas été au chevet de son fils, l’incapacité à acceptersa maladie qui plongent ensuite madame Hermet dans la folie, qui se rendvisible par cette préoccupation morbide pour d’invisibles stigmates.

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