Matin Brun

par

Une nouvelle antifasciste

Matin Brun est l’ouvrage qui a propulsé la carrière de l’écrivain français Franck Pavloff en le faisant connaitre au grand public. Cette nouvelle, située dans le contexte du fascisme allemand et dont des milliers d’exemplaires furent vendus en Europe, a permis à Pavloff de dénoncer, de manière légère mais pertinente, les injustices du régime fasciste et les conséquences qui en découlèrent dans la société.

Le fascisme était un régime politique autoritaire et tyrannique, fondé par le dictateur Benito Mussolini (au pouvoir durant les années 1922-1945) et dans lequel l’intérêt de l’état devait à tout prix être protégé au détriment des intérêts du peuple. Mussolini avait adopté comme doctrine, le slogan totalitaire : « Tout par l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État ! ». En plus de cela, le fascisme promouvait l’inégalité des humains dans la société et la domination de la minorité puissante sur la majorité. C’est ce phénomène qu’on observe dans Matin Brun, où les animaux bruns sont préférés à tout autre animal de couleur différente. L’Etat Brun défend cette doctrine en utilisant des théories scientifiques invérifiées d’après lesquelles les animaux bruns seraient plus aptes à survivre.

La métaphore utilisée par Pavloff dans Matin Brun est puissante. L’auteur se sert du thème « animaux » pour faire référence à un régime politique, ce qui lui permet donc de mieux dénoncer la bestialité de ce régime fasciste. Pavloff montre comment cette doctrine totalitaire de Mussolini affecte tous les aspects de la société, en commençant par la vie de chaque individu : tous ceux qui ne possèdent des animaux d’autre couleur que brune sont arrêtés, tous ceux dont un membre de la famille possède un animal de couleur non conforme (pas brun) subissent le même sort et pire encore, tous ceux qui avaient jadis possédé un animal non brun se font emprisonner (ce qui est le cas de Charlie). A croire que l’Etat chercherait à les condamner pour n’avoir pas partagé leur idéologie, ou pour avoir auparavant eu une mentalité différente : « Ce n'est pas parce qu'on aurait acheté récemment un animal brun qu'on aurait changé de mentalité, ils ont dit. »

Ce phénomène représente parfaitement l’extrémisme de ce régime qui à ce niveau exaspère le narrateur lui-même : « Là, ils exagèrent. C'est de la folie. » Mais l’auteur ne s’arrête pas là, et montre également que même la presse est affectée par ce despotisme : les journaux étaient interdits de parution pour avoir tenté de contester l’ordre national, et la publication d’ouvrages qui ne contenaient pas le mot « brun » était proscrite : « Les maisons d'édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville, étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques.»

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Une nouvelle antifasciste >