Médée

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Le mythe de Médée

Médée a une très forte valeur symbolique également. Sans être une déesse, elle n’est toutefois pas sans rappeler les figures féminines puissantes de la mythologie grecque, telles que Circé transformant les marins d’Ulysse en cochons, Héra et ses terribles colères, Athéna et la puissance qu’elle dégage. Son statut de magicienne la place au-dessus des mortelles, auxquelles elle est d’ailleurs comparée dans le mythe. Mise en parallèle avec Créuse, elle incarne la force féminine magique dans toute sa splendeur, le courage et l’acharnement, et la force de conviction.

Ces qualités vont cependant prendre des proportions hyperboliques, et vont venir s’associer à un second aspect dégagé par sa condition féminine : l’amour maternel et la violence qu’une mère peut déployer pour protéger ses enfants. Ici, la protection prend dans l’esprit de Médée une proportion si importante qu’elle préfère voir ses enfants morts plutôt qu’éloignés de leur mère. Elle est comparable à la lionne qui dévore ses lionceaux si elle se sent elle-même en danger de mort, étant ainsi le symbole de l’amour sans fin, sans bornes, l’amour fatal.

« MÉDEE : Mes amies, ma décision est prise : sans perdre un instant tuer mes enfants et fuir de ce pays. Je n’entends pas, par mes délais, les livrer aux coups d’une main ennemie. De toute façon ils sont condamnés. Puisqu’il en est ainsi, c’est moi qui vais les tuer, moi qui leur ai donné la vie. Arme-toi donc, mon cœur. À quoi bon hésiter pour accomplir l’acte terrible, inéluctable ? […] ne faiblis pas, oublie que ces enfants sont ton bien le plus cher, que tu les as mis au monde. Oublie-les pour un court instant. Tu pleureras ensuite. Tu les tues et cependant tu les aimes. Ah ! Pauvre femme que je suis ! »

En effet, elle aime ses enfants du même amour que celui qui l’a poussée à tuer son frère pour aider Jason à s’enfuir, à tuer le dragon et à dérober la Toison en dépit de ses racines plantées en terre de Colchide. Elle se rend volontairement paria de son pays pour l’amour d’un homme qui la délaisse ensuite. Ainsi, elle reporte tout cet amour sur ses enfants qui vont le payer au centuple. On peut donc voir Médée comme une figure de l’absolu, de la passion déchaînée, qui ne fait pas de compromis et accomplit sa tâche jusqu’à l’extrême frontière.

« J’ai reçu, malheureuse, j’ai reçu le coup,

Et j’ai de quoi gémir. Enfants maudits

D’une mère qui n’est plus rien que haine,

Puissiez-vous périr avec votre père

Et toute la maison s’écrouler ! »

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