Mémoires d’Hadrien

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La conception et la forme du roman historique chez Marguerite Yourcenar

L'idée d'écrire l'histoire du seul empereur romain humaniste a germé très tôt dans l'esprit de Marguerite Yourcenar. Mais il lui fallait attendre. « J'étais trop jeune. Il est des livres qu'on ne doit pas oser avant d'avoir dépassé quarante ans. On risque, avant cet âge, de méconnaître l'existence des grandes frontières naturelles qui séparent, de personne à personne, de siècle à siècle, l'infinie variété des êtres ». Mais l'idée ne la quitte pas et, après un premier essai non abouti, pendant vingt ans Marguerite Yourcenar va faire des recherches, travailler et écrire, relire et brûler ses notes, gardant à l'esprit cette phrase de Gustave Flaubert qui l'a tant marquée et l'a poussée à écrire sur Hadrien : « Les dieux n'étant plus et le Christ n'étant pas encore, il y a eu, de Cicéron à Marc Aurèle, un moment unique où l'homme seul a été. » Elle constate : « Une grande partie de ma vie allait se passer à essayer de définir, puis à peindre, cet homme seul et d'ailleurs relié à tout. »

Aidé du fruit de ses recherches, latiniste et helléniste hors pair, elle s'emploie à devenir Hadrien, et à « Refaire du dedans ce que les archéologues du XIXème ont fait du dehors ». Le fruit de ce travail de recréation de l'Histoire est tellement réaliste qu'un lecteur non averti pourrait croire qu’Hadrien lui-même aurait rédigé ces lignes. Tous les personnages sont vrais, ou presque. À la fin du roman, outre le carnet de notes qui décrit la genèse des Mémoires d'Hadrien, le lecteur découvre une longue note, dans laquelle Marguerite Yourcenar...

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Dissertation à propos de Mémoires d’Hadrien