Mémoires d’Hadrien

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Les Mémoires d'Hadrien sont un roman historique écrit par Marguerite Yourcenar et paru en 1951. L'œuvre se présente sous la forme d'une lettre que l'empereur vieilli, qui n'a plus que quelques jours à vivre, écrit à un jeune homme de dix-sept ans, Marcus Aurelius, qui, il l'espère, succèdera au prochain empereur qu'Hadrien a lui-même choisi, Antoninus. Cette lettre s'allonge, jusqu'à devenir la méditation d'un homme malade qui cherche à retranscrire le plus honnêtement possible ce que fut sa vie ici-bas, et qui est « épouvanté de la trouver informe », dépourvue, semble-t-il, d’une grande ligne directrice : « Sa forme semble toujours tracée par la pression des circonstances », écrit-il. Au fil des pages, Hadrien tente de définir sa vie et de lui trouver un sens.

On le découvre donc jeune garçon né dans l'actuelle Espagne, puis jeune homme à Rome, et officier au sein des légions qui protègent l'empire aux frontières de la Germanie. C'est lui qui annonce à son cousin Trajan que ce dernier est le nouvel empereur, et que son propre beau-frère, Servianus, a pour projet de le tuer. Puis c'est le service de l'empereur et de l'état qui le mène partout, jusqu'en Orient. C'est là-bas, alors qu'il a quarante ans, qu'il apprend la mort de Trajan, qui l'a désigné comme son successeur. Hadrien régnera plus de vingt ans, en s'efforçant toujours d'atteindre l'harmonie, car rien n'est plus inutile à ses yeux que la disgracieuse absence d'harmonie, que ce soit en architecture, dans l'urbanisme des cités qu'il fonde, ou dans les relations entre les hommes. Hadrien privilégie la négociation à la guerre, il est prêt à faire des concessions à son interlocuteur, pourvu que les deux parties y trouvent leur compte. À un pouvoir fort, brutal, il préfère un gouvernement ouvert et tolérant.

Mais cela ne signifie en aucun cas qu'Hadrien soit faible. Il n'hésite pas à supprimer quelques opposants issus du Sénat lors de son ascension, et, à la fin de son règne, il ordonne à son vieil ennemi Servianus, devenu nonagénaire, de se suicider. De même, quand les négociations avec les représentants du peuple juif n'ont mené à rien et que la Judée se révolte, Hadrien réprime sans merci le mouvement et réduit la population en esclavage, allant jusqu'à faire raser leur capitale, Jérusalem. De même, s'il sait se montrer magnanime lorsqu'un esclave tente de le tuer quand il visite des mines qui sont en fait des bagnes, il peut aussi avoir des gestes de colère incontrôlée, comme lorsqu'il crève l'œil d'un serviteur maladroit.

Et puis il y a Antinoüs. Ce jeune berger de Bithynie sera le grand amour d'Hadrien, qui vivra avec le jeune homme une passion délicieuse pendant plusieurs années, jusqu'au suicide du jeune éphèbe en Égypte. Un désespoir profond frappe alors Hadrien, qui célèbre la mémoire de son amour en élevant une cité qui porte le nom du jeune homme, et en couvrant l'empire de statues à l'effigie d'Antinoüs.

Arrivé au soir de sa vie, Hadrien a cherché une ligne directrice dans sa vie, et ne l’a pas trouvée. Homme multiple et unique à la fois, il s'apprête à partir lors d’une ultime crise d'étouffement, en rédigeant ces Mémoires qui porteront témoignage de ce qu'il fut.

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