Mémoires d'une jeune fille rangée

par

Une Observation froide?

C’est un parcours chaotique au milieu d’une société qui n’accepte par forcément bien les idées de Simone de Beauvoir. En effet, étant considérée comme choquante, voir blasphématoire par l’Eglise catholique (au vu de ses positions quant au mariage, à l’avortement…) l’auteur doit trouver un substitut à ces passions que son autobiographie déclenche et qui pourraient se retourner contre elle.

Ainsi, elle adopte un style descriptif, se posant non seulement comme acteur de son histoire mais également comme témoin, spectatrice des évènements, pion d’une société qui a fait d’elle ce qu’elle est désormais. L’observation du passé, la description des conditions de vie et des éléments du quotidien, sont un facteur clé dans la compréhension du cheminement de sa pensée, et de l’acceptation de ses idées.

Alors que la description qu’elle nous livre de sa petite enfance est une peinture aux tons chauds et colorée, elle découvre plus tard que ce même bonheur ne peut être retrouvé qu’en se confrontant au réel. Ainsi, elle pose une rupture définitive entre fiction et monde des livres (aussi philosophiques soient-ils !) et monde réel. Lorsqu’elle se rend à la bibliothèque pour lire Hegel et oublier son angoisse du réel, à aucun moment elle ne prétend que ceci peut lui permettre de s’en échapper, mais à l’inverse, de lui procurer une approche plus sereine de la réalité. Le monde des contes et des féeries dans lequel elle vivait n’était plus adéquate à sa situation, elle nous décrit une franche rupture avec celui-ci, et affirme que les livres ne peuvent être une peinture juste de la réalité.

Finalement, c’est presque son...

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