Mon bel oranger

par

Grandir par la souffrance

La croissance Zézé s’opère de deux manières.

La première se présente par la relation qu’il entretient avec son père. En effet, jusqu’à un stade avancé du roman, le garçon, bien que son père le malmène et qu’il n’y ait aucun semblant d’amour entre eux, cherche à obtenir une reconnaissance qu’il ne trouve pas chez cet homme. Avec une candeur et une naïveté typiquement enfantines, il incrimine le chômage et la misère qui pèsent sur les épaules de l’homme qui l’élève. Il redouble d’efforts afin de plaire à son père (au chapitre 3, Zézé travaille toute la journée afin d’acheter un paquet de cigarettes à son père, en cadeau de Noël. Il exulte de joie quand celui-ci les fume devant lui, et se met à pleurer d’avoir méprisé la pauvreté de son père). « Quel malheur d’avoir un père pauvre ! » s’exclama-t-il. Dans un élan de colère et de souffrance, il fait preuve d’un comportement enfantin normal, car à cinq ans, les préoccupations ne doivent pas concerner l’argent. Il se rend responsable de la misère et du chômage de la famille, ce qui l’enferme définitivement dans l’enfance plutôt que l’aider à en sortir. Ce n’est donc que lorsqu’il s’affranchit définitivement de son père à la fin du roman que celui-ci vient à trouver un travail. Zézé n’accepte plus une reconnaissance qui vient beaucoup trop tard et il renonce à l’amour de son père. Cette rupture le fera donc grandir, en cessant de se placer lui-même dans un rapport de domination entre père et fils.

Le second changement qui a mené Zizi à l’adolescence, est la mort de Portugâ. En effet, si nous avons vu que la douleur physique et morale faisait partie du quotidien de l’enfant, il n’a jusqu’alors pas encore connu la douleur de perdre un proche.

Cependant, avec Portugâ, ses rêves prennent peu à peu vie. Il envisage des projets, pense à l’avenir et comprend qu’on peut concilier l’imagination et la réalité. Ayant trouvé un écho à son malaise, quelqu’un avec qui parler et qui répond à sa soif de connaissance, il n’accepte pas que celui-ci meurt de cette façon si stupide, en passant sous un train, lui et sa belle voiture qui symbolise le monde inaccessible de la richesse et de l’opulence. Désormais, cet homme qu’il aime et considère comme son père, cette auto qui l’effraye par sa puissance et son volume, à laquelle il finit par s’habituer et prendre en affection, ont tous les deux disparus. Alors, Zézé doit apprendre à vaincre sa maladie. Peut-être l’amour de Gloria l’y aiderai permettant, lu comprendre que ses projets peuvent tout de même se réaliser malgré la douleur ressentie.

Ainsi, Zézé passera de l’enfance dépendante à l’enfance lucide et visionnaire. A cinq ans, le garçon découvre des pistes qui, plus tard, le feront évoluer de manière équilibrée et stable.

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