Mort à crédit

par

Soigner la solitude par l'écriture

Bardamu a grandi dans la solitude, celle vis-à-vis de ses parents qui ne se sont pas beaucoup occupés de lui, son père noyant sa détresse dans la bêtise, la violence et l'alcool '' Il se débattait toute la soirée, parmi des mirages atroce, Il tenait de quoi, dans le cassis, meubler vingt asiles… '', qu'il n'a pas tenus en haute estime, ne ressentant que de la médiocrité à leur égard, mais aussi celle de son école, qu'il déserte bien vite, du collège anglais qu'il quitte après la faillite de l'établissement et sa liaison avec la directrice qui se suicide. En Angleterre, il se plaira à ne rien dire, pas un mot plus haut que l'autre, se faire oublier, suite au scandale injuste qui a éclaté sur un prétendu vol qu'il aurait réalisé à la bijouterie. Personne n'ayant cru sa version, il n'a pas osé démentir, n'a pas opposé de résistance face au monde d'adultes, dont la parole valait plus que la sienne… l'Angleterre a représenté une sorte de second souffle, une solitude presque bienvenue, loin de ses parents '' La pluie d'Angleterre c'est un océan suspendu… On se noie peu à peu…'', ce sentiment reste poétique, bien que mêlé au désespoir.

Il appréciait la compagnie de son oncle Edouard, cet oncle qui '' tout seul, s'était appuyé toutes les courses. Il avait fait toutes les démarches…'', qui l'avait aidé à s'en sortir, puis son attachement pour son patron Courtial des Pereires qui se donnera la mort également.

En effet, au départ, Ferdinand se plait à travailler pour Courtial, il participera à la parution du Génitron, le journal des inventeurs. Après que Courtial n'ait presque plus rien, à force de boire et de dépenser dans les bordels, sa dernière tentative d'invention, de cultiver la terre par l'électricité sera un échec cuisant, et le ruinera définitivement. D'autant plus que les jeunes qu'il avait prévu de former en profiteront pour voler les provisions des autres fermes, et celles de Courtial, qui se retrouvera responsable devant la police, et menacé par ses voisins qui ne voyaient pas son arrivée d'un bon œil.

Ferdinand, qui tentait de fuir la solitude va s'y faire, s'y résigner, s'engager dans l'armée, et écrire. '' Ce qu’il faut c’est décourager le monde qu’il s’occupe de vous '', où il écrit que mieux vaut que personne ne s'occupe lui, plutôt que l'on s'y intéresse pour lui faire du mal .C'est l'écriture qui l'aidera à se soigner de ces mésaventures, de sortir du mutisme, de tous ses mots qu'il n'arrivera jamais à exprimer.

En effet, Ferdinand restera muet, introverti, en perdant la compagnie de ceux qu'il appréciait. Devant la violence de ses parents envers lui qui l'insultent de fils indigne et égoïste parce qu'il ne fait pas tout ce qu'ils lui demandent de faire, il se renferme sur lui-même, n'exprime plus rien directement, et se met à écrire, comme un remède. C'est ainsi que l'on comprend l'enchainement avec le voyage au bout de la nuit.

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