Mort à crédit

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Une jeunesse loin des idéaux, marquée par la mort

Si le roman Voyage au bout de la nuit représentait le récit du passage initiatique de Bardamu dans le monde des adultes, Mort à crédit constitue un retour vers le passé, vers les jeunes années du narrateur-héros, et ce de 1893 à 1912, jusqu'à ce qu'il ait environ 20 ans et quitte l'enfance. Contrairement à de nombreux récits où les écrivains idéalisent leur enfance, Céline va proposer une vision bien différente, sans nostalgie, sans invocation d'un paradis dont le temps aurait effacé les traces, ici c'est plutôt une chronique, bien sombre, de la jeunesse, qu'il a mal vécue, et dont il n'est pas sorti indemne, c'est certain : ce roman est une fresque noire de la jeunesse. Sa naissance, proche de la Seine, dans un quartier populaire de la capitale, autour des grandes avenues, des boutiques d'artisans, de petits commerçants dont faisait partie sa mère, un peu avant 1900, en 1893 plus précisément, sera le départ de sa douleur. Il vivra et grandira passage des Bérésinas. Il grandit, comme fils unique d'un couple déséquilibré, de parents médiocres, qui l'empêcheront ainsi de trouver lui-même son propre équilibre, dans tous les domaines. Son père, violent et alcoolique travaillait comme rédacteur aux Coccinelle-Assurances dont il était employé, sa mère était vendeuse de dentelles dans une petite boutique. Ses parents lui feront toujours sentir leurs craintes, de le voir grandir dans un bon cadre, favorisant sa progression sociale, et face à son refus de vivre comme ils voulaient le lui imposer, il se sentit rapidement comme accusé de tous les maux des adultes, de ce monde si étranger pour lui, et en tant qu'enfant, Bardamu se sentira coupable étrangement, des problèmes de ses parents, qu'il relate. Ses parents le frapperont, le faisant passer pour responsable de tous les maux familiaux, et Ferdinand frappera le chien en retour '' Je lui foutais des vaches coups de pompes quand on était seuls. Il partait gémir sous un meuble. Il se couchait pour demander pardon. Il faisait comme moi exactement. '' Sa mère le considère comme un raté, parlera de sa propre sœur, pour invoquer le cas désespéré selon elle de son fils '' Ma soeur vend son cul en Russie ! Mon fils a déjà tous les vices ! Je suis joli ! Ah ! Je suis fadé ! ''

Sa jeunesse sera marquée par la solitude, de parents durs, qui ne s'occupent pas beaucoup de lui, et le titre fait ressortir ce sentiment, que chaque jour, on se rapproche de la mort, que chaque jour vécu n'est qu'un crédit, un surplus, un sursis laissé par la mort, avant de venir faucher de nouvelles vies.

Ferdinand va vite subir des échecs scolaires, suite à son manque chronique d'efforts, et va obtenir péniblement son certificat d’étude, puis ses parents vont l'envoyer dans une bijouterie, où il va travailler comme apprenti, mais la femme du commerçant va le violer, même si ce dernier est parfois consentant, puis elle l'accusera de vol de bijoux pour s'en débarrasser, ce qui fera scandale dans le milieu commerçant de la capitale. Puis lors de son séjour dans un collège anglais, que Nora Merrywin dirige, l'établissement va faire faillite, puis la directrice va coucher avec le narrateur-héros, avant de se suicider par la noyade.

Rien ne s'arrange, lorsque Ferdinand rentre à Paris, ses parents ses parents se sont appauvris, il va se disputer avec son père, et va se retrouver à vivre chez son oncle Edouard, qui l'aidera à trouver une place chez un genre d'escroc farfelu, le fameux Courtial des Pereires. Ce dernier va se suicider lorsqu'il constate que sa dernière invention, qui l'a ruiné, se révèle infructueuse. Ferdinand va ensuite s'engager dans l'armée, ce qui entraine que le jeune homme n'aura connu que la mort et la violence, mais surtout la mort et le désespoir durant toute sa jeunesse.

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