Odette Toulemonde

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Résumé

Odette Toulemonde est une veuve quadragénaire que rien de bien remarquable ne caractérise, en apparence du moins. Elle mène une petite vie banale en Belgique : elle est vendeuse durant la journée, et la nuit plumassière, afin d’étoffer quelque peu ses maigres revenus. Elle vie avec ses enfants : Rudy, jeune coiffeur et homosexuel (mais ça, Odette s’en moque bien), et Sue Helen, affublée d’un petit copain parasite qui habite avec la famille.

Le seul plaisir d’Odette, la seule chose qui la fasse sortir d’elle-même, c’est la prose de l’écrivain français Balthazar Balsan. Pour quelle raison l’œuvre de cet écrivain la fait planer, littéralement, à ce point ? Elle l’ignore. Mais elle connaît chacun de ses livres et voue une véritable passion au personnage. À la seule lecture des pages de cet auteur, elle se sent planer au-dessus des autres, du monde et de ses tracas quotidiens. C’est pourquoi elle ne se tient plus de joie quand elle apprend que l’auteur qu’elle révère va participer à une séance de dédicaces tout près de chez elle. Elle se rend à la librairie, et, à sa grande surprise, est submergée par l’émotion et se trouve incapable d’articuler quoi que ce soit d’intelligible devant le grand homme. Déçue et frustrée, elle décide d’écrire une lettre à celui qui compte tant pour elle, et elle lui exprime, en quelques lignes naïves mais sincères, son admiration. Elle profite d’une deuxième séance de dédicaces pour lui remettre la missive.

Balthazar Balsan, pour sa part, est un auteur à succès mais blasé. Parisien, riche, il va de succès en succès, collectionne les aventures féminines, et vit sa vie sans plaisir. Son mariage est un fiasco, il voit à peine son fils, il connaît le succès mais pas le bonheur. Un soir, il assiste à la télévision à la mise en pièces de son dernier roman par Olaf Pims, un critique en vogue. L’individu se délecte visiblement en détruisant méthodiquement le roman de Balthazar Balsan : il s’agit selon lui d’un ramassis d’idées préconçues, de formules toutes faites, un dictionnaire de pensées vides. En résumé, l’écrivain n’est qu’un auteur pour caissières de supermarché. Balthazar Balsan ressent cette attaque comme une véritable agression physique. Les autres critiques s’attaquent bientôt à lui : il se trouve la proie de loups.

Après cela il marche droit à la dépression, ne trouve aucun réconfort auprès de ses superficiels amis, ni même auprès de son éditeur. Quand une âme charitable juge bon de lui apprendre que sa femme est la maîtresse d’Olaf Pims, il tente de se suicider et se retrouve placé en hôpital psychiatrique. Il s’en évade et retrouve alors, dans la poche de sa veste, une lettre : elle lui a été remise par une femme lors d’une séance de dédicaces en Belgique ; il ne l’a pas encore ouverte. Il la lit enfin, la relit, la relit encore… et fond en larmes. Odette Toulemonde – car c’est de sa lettre qu’il s’agit – lui montre à quel point il compte pour les gens simples. Il n’est pas un écrivain pour cuistres ou intellectuels blasés, mais un auteur dont les mots touchent le cœur et l’âme des obscurs, des sans-grade.

Odette est stupéfaite quand elle trouve Balthazar Balsan sur le seuil de son modeste appartement. L’écrivain de renom est parvenu à trouver son adresse et se présente à elle. Elle le fait entrer, l’héberge, et décide de réparer le cœur de ce malheureux qui lui a donné tant de bonheur. Pour sa part, Balthazar Balsan découvre l’âme douce et positive d’Odette, qui ne sait pas voir le mal ni le laid, et dont les yeux aiment à trouver ce qui est beau en chaque chose et en chacun. Petit à petit, l’âme de l’écrivain s’apaise au contact de cette femme qui l’aime, en toute simplicité. Il n’y a rien de charnel dans cet amour, mais toute une passion qui fait battre follement le cœur de la petite vendeuse de Charleroi.

Balthazar Balsan offre à la petite famille des vacances au bord de la mer et donne à Odette le plus beau cadeau qui soit : il lui fait lire le manuscrit de son prochain roman, l’histoire de plusieurs personnages qui vivent selon les règles que d’autres leur ont donnés et qui ne parviennent pas à trouver le bonheur. Selon Balthazar Balsan, Odette et lui devraient, en toute logique, devenir amants, mais Odette ne l’entend pas ainsi : leurs deux existences sont trop différentes. Ils se sont croisés mais ne peuvent se rencontrer.

Un jour, Balthazar Balsan a la surprise de découvrir, dans le salon de la petite maison louée pour Odette, sa femme Isabelle et son éditeur. La gentille Odette a fait venir la cassante épouse afin de réconcilier les deux époux, et l’éditeur pour lui redonner foi en son écrivain. Balthazar Balsan et Isabelle ne croient guère que l’amour existera encore entre eux, mais pour le bien de leur fils, ils sont prêts à essayer de repartir de zéro. C’est alors que le cœur d’Odette s’emballe une fois de plus, si fort qu’elle souffre d’un accident cardiaque.

Odette est hospitalisée tandis que Balthazar Balsan veille sur elle et ses enfants en secret. Elle se remet doucement, jusqu’au jour où il ose se présenter devant elle pour tenter de la convaincre que leur histoire d’amour est possible, tandis que le cœur d’Odette s’emballe à nouveau, mais cette fois de joie. La vendeuse et l’écrivain se sont enfin rencontrés.

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