Où es-tu?

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Résumé

Le 14 septembre 1974, un ouragan naît sur lescôtes du Honduras. Ce phénomène banal prend cependant de l’ampleur dans lesjours qui suivent et commence à inquiéter les équipes scientifiques. Le 17 septembre,sa croissance rapide exige qu’on le baptise : Fifi entre officiellementdans la catégorie des ouragans de classe 1. Le 18 septembre, ses vents à plusde 200 km/h menacent les terres.

À l’aéroport de Newark, une jeune fille d’unevingtaine d’années vient de descendre d’un taxi. Encombrée de ses bagages, elles’en va rejoindre discrètement l’homme qui l’attend. Susan et Philip seretrouvent pour une heure seulement, avant que la jeune femme ne s’en aillepour deux longues années au Honduras, en tant qu’aide humanitaire. Ensemble,ils évoquent leurs plus vieux souvenirs : leur première rencontre bébés,leurs amours naissantes devenues adolescentes, les malheurs rencontrés, etc.Les deux amants ne prêtent pas attention au monde qui les entoure ; ils sonttout à leurs courtes retrouvailles. Philip tente de convaincre Susan de restermais il le sait, c’est peine perdue. L’heure file et bientôt, le départ de lajeune femme est imminent. Malgré la peur qui les anime, ils doivent se quitter.Au Honduras, l’ouragan à laissé place à un tsunami : des vagues deplusieurs mètres de haut s’abattent sur les quelques survivants restants. Lespaysages sont dévastés : les villes disparaissent englouties, les routes,les ponts, les maisons sont emportés. Rien ne résiste à l’assaut de l’eau. Dixmille hommes mourront dans la catastrophe. Ignorants de la situation, les deuxamants s’offrent une dernière étreinte, comme pour sceller leurs corps et leursâmes. Puis Susan, malgré l’émotion, quitte Philip : dans deux ans ils seretrouveront, dans ce même aéroport, à la même place. Resté seul, le jeunehomme retourne dans le bar où ils étaient et assiste, impuissant, au décollagede l’avion.

Un échange épistolaire commence alors. Aprèsun voyage éprouvant, Susan découvre enfin l’ampleur de la catastrophe. Elledécrit l’odeur pestilentielle qui a envahi l’air, les cadavres d’animaux quijonchent le sol, les routes et les arbres arrachés, mais surtout, lescimetières de fortune qui s’étendent. Pour la première fois de sa vie, Susan sesent vraiment en vie. Philip, lui, continue à suivre des cours à la facile, etil envisage d’acheter un ancien atelier d’artiste pour le retaper. Les jourss’écoulent ainsi, et les lettres s’échangent au rythme d’une par semaine. Aprèsplusieurs mois de travail acharné, Susan est parvenu à construire un petitvillage de deux cents habitants, qu’elle soutient de son mieux. Sur place, ellefait la connaissance de Juan, un jeune garçon de dix-huit ans, qui ne la quitteplus depuis son arrivée.

Le 8 janvier 1975, un an s’est déjà écoulédepuis le départ de Susan. La vie lui apparaît comme merveilleuse : elles’extasie devant le bonheur simple des gens d’ici, qui ont pourtant dû faireface à une terrible catastrophe. Pour Noël, Juan lui a construit une maison, cequi la comble de bonheur. Comme toujours, Philip s’empresse de répondre, et luiaussi a une bonne nouvelle : il a enfin fait l’acquisition du petitatelier qui lui plaisait tant. Les deux amants se manquent, et pourtant,continuent chacun sur sa voie, conscient du fossé qui les sépare. Finalement,Philip a enfin réussi ses partiels et il est engagé par une agence depublicité. Susan, elle, continue à œuvrer du mieux qu’elle peut pour aider lesautres. Et bientôt, le jour du retour arrive : Philip, impatient, prendsoin de choisir les fleurs préférées de son amie, des bonbons, et de quoi faireun bon dîner. Arrivé tôt, l’attente dans l’aéroport semble durer une éternité.Mais enfin, la silhouette de la jeune femme se détache : les retrouvaillessont tout en émotions retenues. Le jeune homme peine à contenir son bonheuralors que la jeune Susan s’amuse à le provoquer gentiment. Mais cette joie estbientôt teintée d’amertume : la jeune femme n’est revenue que pourquelques heures. Elle a reconduit son contrat auprès de Peace Corp et repartpour au moins un an, sans véritable certitude sur la date de son retour. Lacolère s’empare alors de Philip : à ses yeux, l’aide qu’apporte Susann’est qu’un moyen de fuir pour elle. Après le décès de ses parents, elle apréféré vivre pour les autres que pour elle. Mais le temps n’est pas à ladispute, les heures filent anormalement et il est déjà temps de se séparer ànouveau. Malgré les durs mots prononcés, les deux amants se séparent dans latendresse. Encore une fois, Philip rentre chez lui la mort dans l’âme, pendantque Susan retourne auprès des sinistrés.

Les deux amants continuent de nouveau leurvie, chacun de son côté. C’est ainsi que Philip fait la connaissance de Maryavec qui il entame progressivement une relation, et que Susan se rapprochefortement de Juan. Au Honduras, le temps est difficile, ce qui rend les cheminsquasiment impraticables. Plusieurs fois Susan risquera sa vie, sauvée seulementpar la force et le courage de son compagnon. Ces événements éprouvants serontl’occasion pour la jeune femme de mettre en mots les angoisses qui l’animent etle pourquoi de sa présence au Honduras. Très vite cependant, elle devra laisserde côté ses peurs personnelles pour se consacrer entièrement aux personnes quil’entourent. Puis le temps du retour arrive à nouveau pour Susan. À sondébarquement à l’aéroport de Newark, elle retrouve, comme à leur habitude,Philip. Installés dans leur bar, à leur table habituelle, ils se content leurexistence, mais très vite le ton monte. Comme toujours, Susan ne reste quequelques heures : le jeune homme n’en peut plus de laisser sa vie entreparenthèses et de voir celle qu’il aime donner de l’amour à d’autres. Les deuxamants en viennent alors à aborder leurs relations intimes, et c’est ainsi queSusan apprend l’existence de Mary. Bien qu’amoureuse, Susan ne se sent pasprête à s’engager dans une relation, et pousse son ami à se laisser aller.C’est sur ces paroles qu’elle remonte pour une énième fois dans l’avion quil’emmène au Honduras. Philip, lui, décide d’écouter les conseils de la jeunefemme et aussitôt rentré, contacte Mary. Enfin, leurs rendez-vous platoniquesglissent vers une intimité plus physique.

La correspondance entre Philip et Susancontinue mais se fait de plus en plus pauvre : la jeune femme est tropoccupée avec son village de fortune ; quant à Philip, il vient enfin devendre sa première campagne de pub. Chacun de leur côté, ils ont égalemententamé une relation : Susan retrouve régulièrement le responsable dudispensaire, simplement pour s’oxygéner avant de replonger au milieu des plusdémunis ; Philip, lui, après avoir réalisé qu’il risquait de perdre Marys’il ne s’investissait pas au plus vite dans leur relation, s’est enfin laisséaller. Les jours passent et les choses changent : Susan devient de plus enplus nerveuse dans son village et cela commence à poser des problèmes :elle perd peu à peu le respect des habitants, et ses nombreuses relationsauprès d’hommes différents font parler. De nombreuses personnes lui conseillentalors de retourner dans son pays. Philip, lui, malgré le fantôme de Susan,commence à envisager les choses sur le long terme avec Mary. Ainsi, dès le moisd’avril, le nouveau couple décide de louer un appartement pour enfin vivre tousles deux. De son côté, Susan projette de revenir dans deux mois, et elle a unegrande nouvelle à annoncer à Philip.

Comme toujours, les deux amants se retrouvent àl’aéroport, à leur table habituelle. Mais Philip, bien qu’heureux, estpréoccupé par l’état de Susan : elle semble fatiguée, presque malade. Lajeune femme nie cependant et détourne la conversation, de façon à en apprendreplus sur la vie de Philip à présent. Le jeune homme annonce alors sa volontéd’épouser Mary. Face à cette nouvelle inattendue, Susan renonce à partager aveclui la nouvelle qu’elle tenait à annoncer. De nouveau, il est temps pour ellede s’en aller. Dans un dernier élan d’émotion, Philip fait comprendre à Susanqu’elle tient là sa dernière chance de l’avoir et qu’en repartant, elle acceptede le perdre pour de bon. Mais la fierté de Susan lui laisse croire qu’elle lepossède pour toujours, quoi qu’il arrive, et c’est ainsi qu’elle repart unenouvelle fois au Honduras.

Quelques jours après le réveillon, Susanreçoit sans grande surprise une lettre de Philip l’informant de son mariageimminent : elle est convié à la noce le 2 juillet prochain. Pour lui, ellefait l’effort de quitter les côtes honduriennes et s’en va assister au mariage.Mais une fois dans l’église, l’émotion et la tristesse sont trop fortes :Susan s’en va, avant même l’annonce officielle de l’union, et sans que lesjeunes mariés ne l’aient aperçue. Une fois en sécurité dans l’avion, ellerédige une lettre pour Philip, lui mentant effrontément en prétextant une difficultémétéorologique, et lui annonce qu’ils ne pourront plus correspondre, car elles’en va construire un autre village ailleurs, loin de la zone postale.

Presque une dizaine d’années se sont écouléesdepuis la dernière correspondance entre Susan et Philip. Entretemps, Mary etlui se sont mariés et ont eu un petit garçon, Thomas. Souvent, Philip sedemande ce qu’est devenu son amour d’enfance. Cependant, un matin, très tôt,une femme vient frapper à leur porte et exige de voir Philip en tête à tête.Contraint, sous le regard intrigué de sa femme, l’homme s’enfonce dans lavoiture devant le perron. En revenant, il tient par la main une toute jeunefille : Lisa, neuf ans, la fille orpheline de Susan. Une lettre de Susanannonce simplement qu’elle compte sur lui pour assurer à cette enfant un avenirplus gaie que celui qu’elle a connu jusqu’alors. Mise devant le fait accompli,Mary sent la colère monter : elle qui réclame depuis deux ans un autreenfant à Philip, sans succès, qui a sacrifié sa carrière pour lui, devraitaccueillir à bras ouvert l’enfant d’une autre ? Incapable de calmer sacolère, la jeune femme se réfugie chez une de ses amies. Thomas, lui, voit aucontraire cette nouvelle sœur d’un très bon œil, ce qui ne simplifie pas lesrelations entre Philip et Mary. Et c’est sans tenir compte des conséquencespour son couple que huit jours plus tard, Philip effectue toutes les démarchespour valider son adoption de la jeune Lisa.

Une nouvelle vie commence alors pour la jeunefille, qui peine à saisir tous les changements qui l’entourent : trèsvite, elle est inscrite à l’école et doit s’adapter à des habitudes trèsdifférentes des siennes. Très discrète, Lisa ne parle que peu depuis sonarrivée. Elle garde pour elle ses pensées, ses questions et ses rêves, agissantdans son nouveau chez-elle comme un animal dans un nouvel environnement.Intérieurement, elle ne pense qu’à retourner dans son petit village, où elle sesent finalement plus en sécurité qu’ici, où tout est grand et où les gens sontindifférents. Un dimanche, alors que la pluie bat son plein dehors, Lisasurprend la tristesse dans les yeux de Mary. Prise de colère, Lisa expliquealors que la pluie est perfide, que si on n’y prend pas garde, elle finit parnoyer les gens en pénétrant leur tête et en s’échappant par leurs yeux. Iln’existe alors qu’un seul remède : créer des soleils dans la maison. Etc’est ainsi qu’elle colle, une à une, des crêpes au plafond sous le regardmédusé de sa nouvelle famille. Cet étrange moment sera pour eux l’occasion de créerune complicité, trop longtemps absente de la maison. Mais la rentrée scolairereplonge Lisa dans le silence, ce qui agace profondément Mary. Jonglant commeil peut entre travail et vie de famille, Philip tente de créer une atmosphèrechaleureuse chez eux, sans réel succès. Peu à peu, deux couples seforment : lui et Lisa d’un côté, Mary et Thomas de l’autre. Un lienfragile apparaît entre Philip et Lisa, même si la jeune fille ne rêve que deretrouver sa mère et son pays. De même, Thomas parvient parfois à entrer dansle monde si secret de sa grande sœur.

Sans surprise, Lisa redouble son annéescolaire et c’est pour elle le début d’une adolescence difficile, où la colèreet le ressentiment prennent beaucoup de place. Ce comportement ne rend pas sarelation avec Mary plus facile, celle-ci ayant besoin d’un cadre de vieordonné. Les mois continuent de passer sans que la vie ne se simplifie :Lisa rêve toujours à son ancienne vie et rejette presque systématiquement sanouvelle famille, malgré sa complicité avec Thomas.

 Lisa a désormaistreize ans : quatre ans après son arrivée, les choses entre Philip et Maryne se sont guère améliorées. L’homme s’éloigne chaque jour un peu plus de safemme, prisonnier de son passé et de son amour pour Susan. Cette terriblesituation fait souffrir Mary, qui malgré son amour pour Philip ne peuts’empêcher de songer à le quitter. À ses côtés, elle ne se sent pas heureuse,et observe avec douleur l’amour tendre que Philip porte à Lisa. Pour elle, maisaussi pour eux, elle prend la décision de s’éloigner quelque temps. Mais unefois à l’aéroport, les souvenirs de leurs vies lui reviennent et son départ nesemble plus être la solution : elle troque donc son voyage à Los Angelespour un dîner en tête à tête avec Philip. Ces retrouvailles, sans enfants etsans tensions, leur sont très bénéfiques. C’est ainsi que pendant les cinqsaisons suivantes, Mary fait de réels efforts pour se rapprocher de Lisa. Lajeune fille, qui a à présent atteint ses quatorze ans, prend de plus en plus d’indépendanceet sa ressemblance avec Susan devient de plus en plus marquée. Lisa a troquéson corps d’enfant pour celui d’une jeune fille. Sans vouloir se l’avouer, Maryen ressent une certaine jalousie.

L’année scolaire suivante n’est pas meilleurepour Lisa, et ses résultats catastrophiques commencent à angoisser Philip. Unmidi, alors que toute la famille se rend à la cérémonie de fin d’année de Lisa,la colère s’empare de lui. Il reproche à Lisa son manque de travail etd’investissement, lui demandant quel métier elle compte avoir avec de simédiocres résultats. La réponse ne se fait pas attendre : plus tard, lajeune fille s’engagera dans Peace Corp et ira au Honduras, comme sa mère. PourPhilip, c’est le coup de trop. Entrant dans une colère noire, il hurle après safille adoptive que ce n’est pas une vie, qu’il lui interdit d’aller là-bas.Mary tente alors de le calmer et surtout de lui rappeler que c’est à Lisa qu’ilparle, et non pas à Susan. Le retour de l’école se fait dans le plus grandcalme. Ne décolérant pas, Philip se réfugie dans le travail et laisse Marys’occuper seule des enfants. Le lendemain, alors que la jeune femme revient descourses, elle découvre que Lisa a fugué. Paniquée, Mary joint Philip en urgenceavant de prévenir le commissariat. S’ensuit une longue nuit de recherche,pendant laquelle Mary décide de prendre les choses en main : Philip, tropsonné pour réagir correctement, va rester à la maison pour s’occuper de Thomaset répondre au téléphone. Elle de son côté se rend au commissariat pour évaluerla situation. Mais les policiers ne peuvent pas faire autre chose quepatrouiller et diffuser l’information. Mary se rend alors au terminal des buspour montrer la photo de sa fille, puis décide d’aller partout coller desaffichettes de la jeune fille avec la mention disparue. À 7 h du matin, elles’en va retrouver un détective privé, qui accepte de l’aider. Vingt-quatreheures après la disparition de Lisa, la situation n’a toujours pas changé. Unetristesse immense s’empare de Mary qui commence à flancher. Mais sur lesconseils du détective, elle tente de se remémorer tous les endroits quiauraient pu avoir de l’importance pour Lisa et s’y rend, sans pour autantcroiser la jeune fille. Abattue, Mary se décide enfin à rentrer au foyer oùelle constate que Thomas, son fils, aussi affecté qu’eux par la nouvelle, a luiaussi besoin qu’on s’occupe de lui. Mais alors qu’elle se laisse aller àpleurer dans le bureau de son mari, elle a une révélation : elle sait oùse trouve Lisa. Roulant à toute allure, Mary retrouve enfin sa fille, à l’aéroportde Newark, à la table où se retrouvaient autrefois Philip et Susan. Lisa etMary rentrent enfin à la maison, où le soulagement de tous est palpable. Etalors que Mary borde la jeune adolescente dans son lit, elle partage pour lapremière fois avec elle les sentiments qu’elle ressent à son égard : ellene deviendra jamais sa mère, mais elle, elle sera toujours sa fille.

Après cet épisode, la vie de toute la familleprend une autre direction : Lisa suit une scolarité exemplaire et commenceà entretenir quelques relations amoureuses. Pour Philip, tout va pour le mieux,du point de vue professionnel et familial. Quant à Mary, qui est devenue trèsproche de Lisa, elle est toujours là pour la soutenir et la conseiller, quellesque soient ses questions. La jeune femme envisage également de se consacrer ànouveau à sa passion première : le journalisme. Mais la découverteaccidentelle du journal intime de Lisa la replonge dans une humeur morose.Philip, à qui ce changement d’attitude n’échappe pas, l’interroge. Mary luirévèle alors toutes les craintes qui l’animent concernant la volonté de départde leur fille pour le Honduras à sa majorité. Le cahier rempli de drapeauxhonduriens et d’ouragans lui laisse penser que rapidement, leur fille lesquittera pour retrouver les traces de sa mère. Philip la rassure alors :si Lisa s’intéresse tant aux ouragans, c’est très probablement pour tenterd’apprivoiser et de comprendre ce qui a tué sa mère ; c’est un moyen pourelle de se sentir moins vulnérable. Mary prend alors la décision d’écrire aucentre régional de recherche sur les ouragans pour y emmener Lisa. Avant d’yconvier sa fille, Mary fait en secret un état des lieux : pour la premièrefois, elle peut avoir des images de Fifi, cet ouragan qui a dévasté les terresdu Honduras quand Susan s’y est rendu pour la première fois, et se rend comptede l’étendue des dégâts. Elle peut également observer Gilbert, l’ouragan qui a,quelques années plus tard, tué Susan. Conforté dans sa volonté de faire venirici sa fille, Mary s’en retourne chez elle. C’est ainsi que quelques jours plustard, Lisa et Mary décolle pour le centre national des ouragans, sans que lajeune fille ne sache où sa mère adoptive l’emmène. Sur place, l’émotion estforte : face à tout ces chercheurs et aux ouragans, Lisa estimpressionnée. Pendant les jours qui suivent leur arrivée, Mary et Lisa vontobserver l’évolution de certains ouragans, dont notamment Marylin. Cette petitedépression va, au fil des jours, devenir de plus en plus forte, jusqu’à setransformer en ouragan de catégorie 2. La terreur s’empare alors de Lisa, quivoit ses angoisses les plus profondes remonter à la surface. Alors qu’ellecommence à paniquer, le chef du NHC décide de lui confier quelques tâches quilui permettront de les aider, mais surtout d’évacuer sa peur. C’est ainsi queLisa est préposée aux messages d’information et d’évacuation : sansrelâche, elle diffuse son message sur les ondes. Au bout de quelques jours,l’ouragan meurt. Il ne fera au final que huit victimes. Après cette aventure,Lisa décide de s’abonner au magasine du NHC, et entretient régulièrement unecorrespondance avec deux des chercheurs du centre. Quant à Mary, elle rédige unarticle sensationnel sur les ouragans qui lui permet d’être reconnue et derédiger d’autres dossiers sur le sujet. Lisa, qui aide Mary dans toutes sesrédactions, finit à son tour par se diriger vers la rédaction et publierégulièrement dans le journal de son lycée.

Lisa fête ses dix-neuf ans. C’est pour ellel’occasion de quitter le lycée pour entrer à l’université mais surtout d’entrerenfin dans le monde des adultes. Lisa est à présent une ravissante jeune femme,dont le sourire, autrefois si discret, est aujourd’hui très présent. À laremise des diplômes, toute la famille est présente. Philip, très nerveux, ne tientpas en place. Alors qu’il se retourne pour compter le nombre de personnesprésentes, il aperçoit Susan. Stupéfait, tremblant d’émotion, il se retourneprécipitamment vers l’estrade. Quand il trouve enfin la force de regarder ànouveau derrière lui, la jeune femme a disparu. Après le discours deremerciements de Lisa, Philip ne cesse de regarder autour de lui ; toutela journée il tente d’apercevoir de nouveau Susan. Finalement lassé, il finitpar se convaincre que ce qu’il a vu n’était qu’une illusion. C’est alors qu’ilaperçoit un petit bout de papier coincé entre les deux portières de sa voiture.De retour chez lui, Philip ouvre le mot : « 7 a.m. »,c’est tout ce que lui a écrit Susan. Mary, qui ne sait rien, adopte pourtantune attitude très réservée. Le dîner se passe dans un grand silence. Une foisles enfants montés, Mary brise le silence : elle devine ce qui se passe.Elle encourage son mari à rejoindre Susan, non pas pour lui mais pour Lisa. Lelendemain, très tôt, Mary et Philip réveillent Lisa, l’encourage à vite sepréparer et la mettent dans la voiture, sans plus d’explications. Mary fait undernier adieu à sa fille puis laisse son mari l’amener à l’aéroport de Newark.Une fois devant le bâtiment, Philip indique à sa fille où se rendre, pendantqu’il gare la voiture. Lisa comprend alors ce qui l’attend. Submergée par lacolère et la tristesse, elle quitte précipitamment la voiture.

Dans le bar où se rejoignaient autrefoisPhilip et Susan, mère et fille se retrouvent enfin, après des années. Il estalors temps pour les deux femmes d’éclaircir le passé. Il y a dix ans, alorsqu’une nouvelle catastrophe s’abat sur le Honduras, Susan décide de confier safille au gérant du dispensaire, pendant qu’elle s’en va rejoindre les habitantsrestés plus haut dans la montagne. Entretemps, les routes ont disparu et plusaucune communication avec l’extérieur n’est possible. Après deux semainesd’absence, Susan est considérée comme morte. Ayant donné des instructionsprécises si jamais cela arrivait, Lisa est alors emmené jusqu’à Philip. Quandenfin Susan retrouve le camp, il est presque trop tard : sa fille attendson avion à Miami. La jeune maman prend alors une lourde décision : plutôtque de courir chercher sa fille pour la ramener dans un monde de misère, ellela laisse rejoindre un univers sécurisé, où elle pourra connaître l’instructionet le bonheur. Cette histoire est difficile à digérer pour Lisa : elle enveut malgré tout à sa mère de l’avoir abandonnée. Quoi qu’il en soit, les deuxjeunes femmes parviennent à s’entendre et discutent et chacune évoque son passé.De son côté, Philip fait les cents pas, mort d’inquiétude, sans savoir commentla rencontre entre la mère et la fille s’est déroulée. L’heure vient alors pourSusan et Lisa de se quitter. Pleine de tendresse l’une pour l’autre, elles sepromettent de s’écrire parfois. Alors que les deux femmes quittent le bar,Philip, impatient, rejoint le lieu de rendez-vous. Alors qu’il part à larencontre de sa fille, il tombe nez à nez avec Susan. Comme autrefois,l’émotion des retrouvailles est forte ; mais cette fois, il n’y a plusd’ambiguïté entre eux. Pour la toute dernière fois, les anciens amants seséparent. Susan repart prendre l’avion et Philip retrouve enfin sa fille, qu’ila tant redouté de perdre. Lisa et Philip retournent ensemble à la maison,retrouver Mary que l’inquiétude rongeait.

Le 22 octobre, un nouvel ouragan se préparesur les côtes honduriennes. Pendant ce temps, Lisa vit ses premières semaines àl’université, au côté de son petit ami Stephen avec lequel elle va bientôtemménager ; Thomas entre au lycée et Philip et Mary envisagent deretourner s’installer à New York. Mitch, l’ouragan, fait des victimes le 31octobre sur les côtes honduriennes. Mais il semblerait que Susan ait unenouvelle fois échappé à la catastrophe.

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