Où es-tu?

par

La force de l'amour

Marc Levy semble avoir une prédilection pour les romans d'amour ; celui-ci n'échappe pas à la règle. Ici, l'auteur cherche à démontrer la puissance de l'amour, ce sentiment qui permet de tout affronter et de tout supporter pour autrui. Si l'amour est un sentiment si puissant, c'est parce qu'il permet à l'homme de quitter son égocentrisme naturel et de se concentrer sur une personne autre que lui ; quand l'amour est vrai il arrive souvent que les besoins de l'autre passe avant nos propres besoins.

C'est par exemple le cas entre Susan et Lisa. Bien que l'incompréhension soit grande pour la jeune fille, qui ne voit pas le sacrifice de sa mère mais juste la perte qu'elle a dû endurer, la puissance de ce geste d'amour ne doit pas lui échapper. Pour sauver la vie de sa fille et lui garantir une sécurité, Susan a dû se détacher de cette enfant qu'elle voulait garder à tout prix, car elle lui donnait le sentiment d'être en vie : « Porter Lisa en moi était comme trouver de l'air au fond de l'eau, un besoin devenu vital ». Il lui a fallu continuer à vivre sachant que sa fille était loin d'elle ; sa seule pensée positive était qu'elle la voyait vivre en sécurité au sein d'une famille aimante. Abandonner son enfant est l’une des choses les plus difficiles à réaliser lorsque l'on est parent : il faut aimer de toutes ses forces ce petit être pour accepter d'en être séparée pour son bien. Susan attend les dix-neuf ans de sa fille pour la revoir. Cependant, elle ne lui impose rien : elle sait qu'elle ne possède presque plus de droit sur elle dans la mesure où elle ne l'a pas élevée. Mais elle tient juste à lui dire qu'elle n'est pas seule et qu'il existera toujours quelqu'un pour penser à elle quelque part. C'est une preuve d'amour énorme de la part de quelqu'un, et le lecteur peut clairement mesurer la force que cela représente.

La relation entre Susan et Philip est une autre preuve de la force que peut avoir l'amour. Leurs débuts sont difficiles : Susan veut partir au Honduras. Philip accepte cette décision, pour le bien de celle qu'il aime, malgré la douleur de la séparation. À leurs retrouvailles, il accepte également de ne la voir que deux heures avant qu'elle ne retourne aider ces gens en détresse. Longtemps il attend, tout en lui restant fidèle et en lui écrivant. Mais ils s'aperçoivent bien vite que jamais ils ne fonderont quoi que ce soit ensemble, car leurs objectifs de vie sont différents. Parce qu'elle aime Philip, Susan lui conseille de refaire sa vie : elle préfère accepter de le perdre et le voir heureux, plutôt que de le faire attendre toute sa vie :

« Philip, l'idée que tu m'attends est rassurante mais par trop égoïste pour que je l'assume » Malgré leur amour profond, Philip et Susan referont chacun sa vie sans jamais s'oublier. C'est d'ailleurs pour cette raison que Susan confiera, les yeux fermés, sa fille à Philip, car elle sait que par amour pour elle et pour tenir ses promesses, il prendra bien soin d'elle. Leurs retrouvailles à la fin du roman sont émouvantes et on sent la tendresse qui existe entre eux, mais leur liaison est impossible, il vaut mieux pour eux, pour leur bonheur, qu'ils continuent sur des voies différentes.

Il faut aimer une personne inconditionnellement pour accepter l'idée de la perdre, de donner une chance à une autre personne de l'avoir, de favoriser le bonheur de l'autre, plutôt que le sien. Encore une fois, c'est l'histoire d'un amour très puissant que nous narre Marc Levy.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur La force de l'amour >