Quatre-vingt-treize

par

Le paradoxe hugolien

Nous avons donc vu que Quatrevingt-treize est majoritairement conçu sur un jeu d’antithèses entre les personnages, si étroitement mêlés et pourtant si différents les uns des autres que nous en venons à nous demander en quoi consiste exactement cette différence. Nous allons voir que les lieux où se déroule l’action sont aussi frappés de ce paradoxe, et que l’aporie inextricable à laquelle est confronté le lecteur s’étend finalement à l’œuvre entière.

En effet, d’un point de vue géographique, des antithèses symboliques sont à souligner. La guerre qui ravage alors la France sévit au cœur même du pays, elle a pour berceau Paris comme centre géographique et militaire. C’est de là que partent les ordres donnés par la Convention. Le théâtre de l’action a cependant lieu sur les littoraux, en territoire excentré, sur les côtes du nord de la Bretagne. Le général Lantenac vient par la mer sur ces côtes, telle une menace répressive arrivant de l’extérieur alors que les ordres viennent de Paris. Le conflit vient donc, géographiquement cette fois, à la fois de l’intérieur et l’extérieur.

De plus, les lieux de combat sont également porteurs de sens : la Tourgue, bastion défendu par les troupes de Gauvain contre son oncle, en est l’exemple parfait,...

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Dissertation à propos de Quatre-vingt-treize