Quatre-vingt-treize

par

Résumé

1793, année terrible et troublée de la Révolution française. La jeune République est menacée à ses frontières par les puissances européennes et à l’intérieur par les révoltes royalistes en Bretagne et en Vendée. C’est en Bretagne que se déroule l’action du roman. Michelle Fléchard, pauvre paysanne perdue dans la tourmente des évènements guerriers qui ravagent la contrée, croise la route du régiment républicain du Bonnet-Rouge, chargé de mater la révolte royaliste. Les rudes soldats, apitoyés pas la malheureuse et ses trois enfants, décident de les emmener avec eux.

Dans le même temps débarque sur la côte bretonne le marquis de Lantenac, aristocrate breton chargé de prendre la tête de la révolte contre la République et le Comité de salut public qui la dirige. Il est âgé, froid, méthodique et sans pitié. Au cours de la traversée d’Angleterre en France, l’imprudence d’un marin provoque un drame : ayant mal attaché une caronade – une sorte de canon –, la pièce d’artillerie ravage le pont qu’elle parcourt d’un bout à l’autre. Le marin, au péril de sa vie, bloque l’engin et sauve le navire. Pour récompenser son courage, le marquis le décore de sa propre croix de Saint-Louis. Toutefois, pour punir sa faute qui a mis le navire en péril, il le fait fusiller.

Après un accrochage entre des partisans royalistes et des soldats de la République, membres du bataillon du Bonnet-Rouge, c’est encore Lantenac qui ordonne de fusiller les prisonniers, y compris la malheureuse Michelle Fléchard. Quant aux enfants, ils sont emmenés comme otages.

Pendant ce temps, l’inquiétude règne à Paris. Menacée de toutes parts, la République doit se défendre par tous les moyens. Danton et Robespierre, membres du Comité de salut public, discutent de la marche à suivre avec Marat, penseur républicain et activiste très influent. Ils ne parviennent pas à se mettre d’accord et la conversation tourne à la querelle quand un quatrième homme apparaît. C’est Cimourdain, ancien abbé devenu farouche républicain, qui les impressionne tous car il incarne à lui seul toutes les vertus républicaines : inféodé à la loi, sans pitié pour les ennemis de la République et totalement incorruptible. Robespierre et Danton, au nom du Comité de salut public, le chargent de se rendre en Bretagne capturer le marquis de Lantenac et le faire exécuter.

Cimourdain connaît bien le marquis ; au temps où il était encore prêtre, il a vécu en son château en qualité de précepteur. Il était chargé d’élever Gauvain, neveu de Lantenac, qui vivait avec son oncle à la Tourgue, demeure ancestrale des Lantenac. Cimourdain aime profondément Gauvain, qui est son fils spirituel : il a su éveiller dans l’âme de l’enfant les lumières qui allaient donner naissance à la Révolution et à la République. Gauvain, quant à lui, voue à Cimourdain une affection filiale. Cependant, il n’a pas hérité du cœur impénétrable de son tuteur. Il est profondément républicain mais a gardé en son âme une indulgence pour le marquis et une ouverture d’esprit qui fait totalement défaut aux farouches délégués du Comité de salut public.

Les deux hommes se retrouvent à Dol où Gauvain, officier dans l’armée de la République, vient de remporter une victoire éclatante sur les partisans royalistes menés par le marquis de Lantenac. Pendant l’affrontement, l’oncle et le neveu, qui se sont mutuellement condamnés à mort, ont tenté de s’abattre à maintes reprises mais en vain. Les royalistes s’enfuient et vont se réfugier à la Tourgue. Ils emmènent avec eux les trois enfants de Michelle Fléchard, toujours otages, et les enferment dans la bibliothèque de la tour médiévale. Les soldats de la République se mettent à la poursuite du marquis.

Le siège est mis devant la Tourgue. À l’intérieur, une poignée d’hommes bien armés, retranchés dans une retraite inexpugnable et prêts à mourir pour Dieu, le roi et leur marquis. En face, des centaines de soldats, également bien armés, ivres de la haine que leur inspirent ce marquis et ces hommes qui ont fusillé leurs camarades, enlevé des enfants, et qui incarnent tout ce contre quoi ils luttent : Dieu, le roi et Lantenac. Gauvain, officier adoré de ses hommes, est à leur tête et va affronter son oncle, mais le vrai chef de la petite armée républicaine, c’est Cimourdain. D’ailleurs, en prévision de l’exécution de Lantenac, il a demandé qu’on fasse venir une guillotine.

Pendant ce temps, les enfants – Georgette, Gros-Alain et René-Jean – sont enfermés dans la bibliothèque, inconscients du drame qui se joue. Ils sont très jeunes, ils incarnent la pureté et l’innocence.

L’assaut a lieu, épouvantable, sanglant, sans merci. Les royalistes vont succomber. L’Imanus, lieutenant du marquis de Lantenac, convainc ce dernier de s’enfuir par un souterrain ancien qui débouche dans la forêt voisine car la révolte a besoin d’un chef et ce chef doit vivre. Une fois le marquis à l’abri au-delà de la porte de fer qui ferme le souterrain, l’Imanus met le feu à la Tourgue. Horrifiés, les soldats voient l’incendie gagner la partie du château où les enfants sont enfermés. Il n’y a pas d’échelle : on ne peut pas atteindre les fenêtres. Soudain, un cri d’horreur jaillit : c’est Michelle Fléchard, elle a survécu aux balles du peloton d’exécution et arrive sur les lieux pour y voir ses enfants mourir. Le marquis, qui vient de sortir du souterrain, entend ce cri. Il voit les flammes qui dévorent la Tourgue, tâte dans sa poche où se trouve la clé de la porte de fer, et décide de retourner dans le souterrain. Il sauve les enfants, qu’il passe un à un au sergent Radoub, membre du bataillon du Bonnet-Rouge. Tout de suite après, Cimourdain l’arrête.

Lantenac est en prison, il va être guillotiné. S’il avait continué sa route, il serait saint et sauf. C’est son geste d’humanité qui l’a condamné et cette contradiction perturbe profondément Gauvain. Il finit par aller visiter son oncle dans son cachot. Celui-ci lui exprime sa haine et son mépris. Gauvain lui tend son manteau d’officier, le pousse hors de la prison, et prend sa place.

Quand on le découvre, il est immédiatement mis aux arrêts et rapidement jugé. Malgré l’amour que lui portent ses hommes, il est condamné à la peine capitale et c’est Cimourdain lui-même qui, le cœur brisé, prononce la sentence.

Le lendemain, le jeune officier est guillotiné au pied de la Tourgue, devant les troupes en pleurs. Au moment même où tombe le couperet, Cimourdain se tire une balle en plein cœur.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Résumé >