René

par

Amélie

Amélieest la sœur aînée de René. Ses quelques années de plus lui permettent toutefoisde jouer, au départ du moins, le rôle de substitut de mère. En effet, elleassiste à la naissance aux forceps de René, et cette présence originelle semblefonder la puissance de leurs liens. Elle l’accompagne dans ses longues promenadesen pleine nature, partage ses jeux, ses rêves. Elle lui est liée d’un amourfraternel, puis passionné.

Leursroutes divergent alors que René part explorer le monde, et elles ne serecroisent qu’à la suite d’une missive désespérée du frère vagabond, au ton simacabre qu’Amélie le rejoint et l’arrache à en ennui mortel. Ils partagentensuite quelques mois l’un à côté de l’autre, heureux d’être ensemble. C’estelle qui montre à René l’importance de ne pas rester seul, et l’intérêt de lavie lorsqu’on la partage avec quelqu’un : « Quand le matin, au lieu de me trouver seul, j’entendais la voixde ma sœur, j’éprouvais un tressaillement de joie et de bonheur. »

MaisAmélie est condamnée depuis le départ à être la cause du bonheur, mais égalementdu désespoir de son frère. Au fur et à mesure qu’ils vivent communément, sonétat se dégrade, elle sombre dans une mélancolie fatale. Elle laisse finalementRené avec une lettre lui expliquant qu’elle s’en est allée au couvent – restéanonyme – afin que les ordres les sauvent de la corruption de la chair.Consciente que l’un et l’autre s’aiment d’un amour pur, elle préfère fuirplutôt que prendre le risque de céder à la tentation. Elle coupe tout contactavec René et refuse de le voir ou de répondre clairement à ses lettres. Il nela revoit que lors de la cérémonie de prononciation des vœux, et comprend alorsson dessein : elle demande à Dieu de la tuer sur l’autel des vœux, afin depréserver son âme. René intervient, mais cette diversion ne la sauvera qu’untemps puisque sa charité la conduira à la mort par l’intermédiaire d’unemaladie contractée auprès de consœurs infectées.

Amélieest donc l’image de la pureté religieuse par excellence. Alors qu’aucunedescription physique d’elle n’est faite tout au long de l’œuvre, c’estlorsqu’elle est préparée pour la cérémonie des vœux qu’elle apparaît dans toutesa splendeur. Selon René, elle avait toujours eu « quelque chose de divin ». « Sa superbe chevelure tombede toutes parts sous le fer sacré ; […] et le voile mystérieux, doublesymbole de la virginité et de la religion, accompagne sa tête dépouillée. Jamaiselle n’avait paru si belle. » Malgré son amour pour René, elle estdonc vouée depuis le départ à une vie religieuse, et aux transports de René finitpar faire écho en elle une foi à toute épreuve seule.

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