Sa Majesté des mouches

par

La civilisation contre la sauvagerie

Perdus sur une île déserte,sans aucun adulte pour les guider, les enfants doivent s’organiser. Il faut nonseulement organiser la vie en groupe, mais également trouver un moyen pourquitter l’île. Les enfants entament leur aventure par une vie ordonnée etpacifique. Ils désignent un chef, partagent des tâches et se traitent comme deségaux. Ce mode de vie est symbolisé par Ralph, Piggy et Simon.

Au fil du récit, une autrefaçon de vivre apparaît par l’intermédiaire de Jack, un mode de vie basé sur laforce, et toutes les autres activités sont délaissées au profit de la chasse. Ladémocratie et l’égalité entre les enfants ne sont plus de mise, les plus fortsdominent les plus faibles. Les notions de bien ou de mal n’existent plus, lavie humaine elle-même n’est plus sacrée. Un culte païen est même instauré.

Ces deux systèmes symboliséspar Ralph et Jack s’affrontent sur l’île. La civilisation et ses notions debien et de mal vont être confrontées aux désirs et aux instincts primitifs quecette liberté nouvelle fait naître ou renaître chez certains des enfants. Jackà la tête de son clan de chasseurs veut imposer sa volonté à tous les autres membres.Ils volent les lunettes de Piggy, qui est aveugle sans elles, et ils tuent cedernier au cours d’une tentative pour les récupérer. Le clan des chasseurs décidede s’habiller « en sauvages »,signe que la situation ne fait qu’empirer et que la sauvagerie prend ledessus. À la fin du roman, le clan des chasseurs ne respecte plus la viehumaine et une chasse à l’homme est menée pour tuer Ralph.

À la lecture du roman, on al’impression que pour Golding, la sauvagerie est ancrée dans l’homme où elleest plus forte que la raison. L’auteur livre donc un roman d’aventures qui està la fois une étude de la nature humaine, de l’homme dans son état le plus significatif :celui de l’enfance, sous la forme d’une expérience hypothétique.

L’unedes singularités de ce récit, c’est que l’auteur n’essaie pas d’ériger l’un deses personnages en héros. Il se contente de les présenter et de les étudierselon leurs caractères. En faisant triompher la violence sur la raison et ladémocratie, c’est plutôt une satire de la société que livre Golding, et donc unavertissement face aux dérives autoritaires.

 

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