Satanée Gand-Mère

par

Bonne-Maman

C'est la mère de Mme Warden. Son nom est Ivy Marmit. Marmit... voilà un nom qui fleure bon la sorcellerie. Elle s'habille mal – elle porte le même manteau depuis plus de vingt ans, le parfum dont elle s'inonde sent mauvais – « un parfum très coûteux, très sucré, qui sentait le renfermé [...] Celui-là aurait pu s'appeler Mouton en décomposition ». Elle est en outre laide, du moins aux yeux de Jordan : « Elle était petite et paraissait rapetisser un peu plus chaque année. Elle avait des cheveux argentés et raides qui, de loin, faisaient bon effet mais de près laissaient entrevoir la surface rose de son crâne. » Pourtant, d'abord, Joe l'aime et attend ses visites avec impatience. C'est au Noël de sa douzième année qu'il comprend à quel point sa grand-mère est méchante, cette grand-mère incapable de l'appeler par son nom (elle l'affuble ainsi de prénoms divers comme Jasper, Judas... mais jamais Joe ni Jordan).

Personne ne voit, ou ne veut voir, la vraie nature de Bonne-Maman, jusqu'au jour où Mme Jinks, lors d'un goûter que la vieille femme offre à son petit-fils, la voie donner toute la mesure de sa méchanceté, et croise son regard. Elle se souvient alors d'une femelle crocodile féroce avec « des dents terrifiantes, aiguisées comme des lames de rasoir », et d’yeux emplis de haine : «J'ai revu des yeux semblables. Exactement les mêmes. [...] c'étaient les yeux de ta grand-mère, le jour où nous sommes allés goûter chez elle » explique-t-elle à Joe.

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Dissertation à propos de Satanée Gand-Mère