Situation III

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Résumé

Situation III (dont le sous-titre est : « Lendemain de guerre »), est une œuvre de l'écrivain, dramaturge, et philosophe Français Jean Paul Sartre. C'est plus particulièrement un recueil de cinq articles publié en 1949 en France aux éditions Gallimard. L’écriture de Sartre est très liée à ses travaux philosophiques, à son expérience personnelle et à son engagement politique.

Sartre écrit ce recueil au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il y évoque l'Amérique d'après-guerre, ainsi que l'impact social de la guerre en Europe d'un point de vue philosophique ; ses effets sur la philosophie contemporaine, sur la race humaine et sur l'art d'avant-garde.

Jean Paul Sartre oppose les régimes totalitaires qui ont envahi l'Europe à la liberté qu'il redécouvre à New-York : « J'ai appris à l'aimer. Je me suis habitué à ses ensembles massifs, à ses grandes perspectives. ». La grande ville le subjugue, il est totalement saisi par la démesure des constructions et de la modernité matérielle des villes. Il évoque le ciel comme « encadré » par les hautes tours et où se dégage un sentiment de liberté, bien loin du vieux continent. L’auteur compare la ville de New-York aux références qu’il a de l’Europe : « Cette ville ressemble étonnamment aux grandes plaines andalouses : monotone quand on la parcourt à pied, superbe et changeante quand on la traverse en voiture. »

Sartre effectue son analyse à travers l'existentialisme et autour de l'être humain dont la race a été avilie et asservie, mais qui n'est pas sans espoir pour autant. Si l’individu a perdu sa liberté en Europe, celle-ci existe encore en Amérique : « Nulle part je ne me sens plus libre qu'au sein des foules new-yorkaises ». L’auteur estime que le fait d'avoir été victime de régimes totalitaires et dictatoriaux ne fait que révéler la liberté de l'homme qui se révolte un jour, reprenant le pouvoir sur son existence. En effet, être dépossédé de cette liberté et le fait de s'en rendre compte est la preuve qu'elle existe et qu’elle vit au plus profond de chaque être humain. Certes il existe des obstacles, mais le fait de se trouver soumis à un pouvoir arbitraire, tout puissant et injuste, oblige les humains à faire des choix, et c'est dans ces choix que l'on retrouve l'humanité de chacun, faisant de tout individu un être pur et libre. Ces choix ont besoin de courage, que l'auteur souligne en opposant les résistants et les collaborateurs, mais aussi les « neutres » qui ne prennent aucun parti donc aucun risque.

Les Etats-Unis, terre de liberté, n'est pourtant pas exempte de critique. Et bien que la ville de New-York représente selon Sartre le plus beau des cosmopolitismes, il ne perd pas de vue que dans ce genre de grandes villes, des millions d'âmes sont anonymes et plongées dans une grande solitude. Il critique le conformisme qui règne aux USA, qu'il présente comme étant un état colonial d'Europe, et qui n’a pas évolué depuis l'indépendance de 1776. Selon lui, la modernité matérielle ne fait pas de l'homme libre une meilleure personne, si on n'essaie pas de comprendre son évolution.

Parmi ces articles, Sartre traite aussi de « la république du silence », où il souligne le fait que l'on doit être engagé pour faire les bons choix et rester libre, tout comme il s'engage lui-même au niveau social et politique. Il écrit : « Jamais nous n'avons été plus libres que sous l'occupation allemande », exprimant le fait que bien que les armées ont retiré les libertés aux habitants, elles n'ont jamais pu retirer à qui que ce soit sa liberté de choix, d'opinion, et d'expression, ce qui garantissait une possibilité pour chacun de choisir son camp. Cette possibilité de choix, de pouvoir s'engager pour ce que l'on croyait juste, révèle la liberté. L’auteur glorifie la résistance, qu'il cite comme l'armée la plus fraternelle et soudée de toutes, où règne l'égalité sans hiérarchie, mais ayant l’organisation nécessaire pour lutter.

Enfin, Sartre essaie de comprendre la collaboration. Il estime qu'aucune classe sociale n'a plus de propension qu’une autre à collaborer, que cela provient d'une perte de repères et d'une désintégration sociale. Selon lui, le collaborateur cherche ainsi un nouvel ordre, une nouvelle société. Loin de lui donner des excuses, il admet que l'on puisse être attiré par la modification de la société, en allant vers un changement que l'on croit bon, dans une volonté d’évolution. Ainsi L’auteur ne blâme pas les esprits faibles, mais pense que cela ne doit cependant pas excuser celui qui a manqué à son rôle en tant qu'être humain de juger ce qui est juste ou non, bon ou mauvais, et qui a agi au service de la mort et de la dictature.

Par la critique qu’il fait des régimes dictatoriaux, Sartre s'oppose de front aux idées révolutionnaires de Karl Marx. Il oppose deux types de classes sociales vis à vis de leurs positions dans la chaine de production à l'usine, dans l'entreprise, ainsi que les riches et les moins riches, ceux qui dirigent et ceux qui obéissent etc. L’auteur tente de prouver par ces oppositions que les thèses reprises par le parti communiste ne sont pas bonnes. Il estime que s'il y a du bon à en tirer, en tant qu'homme de gauche, il y voit aussi de nombreuses incohérences, et pense que son application dans la société ne se ferait pas sans problème. Il ne réfute néanmoins pas tout, étant donné qu'il compare et rapproche ensuite une part des idées révolutionnaires. En effet, il replacera l'homme au centre de la réflexion, à la place de l'argent, du matériel et du profit, dans ses travaux et sa thèse existentialiste.

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