Sodome et Gomorrhe

par

L’infidélité/La jalousie

  1. L’infidélité

La dernière phrase de la partie précédente nous permet de voir l’un des personnages qui incarne l’infidélité dans notre corpus. En effet, il s’agit de Morel. M. de Charlus est amoureux du jeune homme. Il le soupçonne de lui être infidèle et ses doutes se confirment. En effet, Morel entretient une liaison avec le prince de Guermantes. À la découverte de cette liaison, Charlus, jaloux et possessif est fou de rage mais toujours aussi amoureux. Il finit par renouer avec Morel. Le narrateur est un autre personnage infidèle de notre corpus. De fait, alors qu’il est déjà en couple avec Albertine, il entretient d’autres relations avec Mme de Stermania, la duchesse de Guermantes et même des amies d’Albertine : « J'ose avouer que beaucoup de ses amies-je ne l'aimais pas encore-me donnèrent, sur une plage ou une autre, des instants de plaisir. » (p.179). Un peu comme pour justifier son infidélité, il présente la femme d’une manière peu avantageuse. Il la décrit comme un objet qu’on utilise pour satisfaire son désir, un jouet dont on se lasse vite et qu’il faut constamment changer : « Tel soir nous ne pouvons nous passer d'une qui, après cela, pendant un mois ou deux, ne nous troublera guère. Et puis les causes d'alternance, que ce n'est pas le lieu d'étudier ici, après les grandes fatigues charnelles, font que la femme dont l'image hante notre sénilité momentanée est une femme qu'on ne ferait presque que baiser sur le front. » (p.179). Cette description d’Albertine prouve qu’il semble ne plus rien ressentir pour elle, comment expliquer qu’il puisse être jaloux qu’elle soit éprise d’un(e) autre ?

  1. La jalousie

Nous voulons toujours ce que nous ne pouvons pas avoir. C’est un fait avéré caractéristique de la nature humaine. Sodome et Gomorrhe de Proust prouve une fois encore la véracité de cette observation. En effet, M. de Charlus et le narrateur qui incarnent le plus le thème de la jalousie confirment cette observation. M. de Charlus est amoureux de Morel qui le méprise et n’en a qu’après son argent. Sa jalousie semble mal placée car il n’est pas resté avec Jupien et a préféré se mettre en couple avec quelqu’un qui ne peut lui être fidèle car il ne l’aime pas. D’un autre côté, le narrateur soutient ne plus aimer Albertine (« Incapable comme je l'étais encore d'éprouver à nouveau un désir physique, Albertine recommençait cependant à m'inspirer comme un désir de bonheur. Certains rêves de tendresse partagée, toujours flottants en nous, s'allient volontiers, par une sorte d'affinité, au souvenir (à condition que celui-ci soit déjà devenu un peu vague) d'une femme avec qui nous avons eu du plaisir. » (p.172-173)) mais dès qu’il a l’impression que cette dernière lui échappe, il n’arrive pas à le supporter. Il devient jaloux et possessif. Il la soupçonne d’être homosexuelle et est jaloux de la relation qu’elle a avec Andrée. Pire encore, il ne veut pas qu’elle entre en contact avec toute femme susceptible de l’arracher à lui : « dès qu'une jeune femme arrivait à Balbec, je me sentais mal à l'aise, je proposais à Albertine les excursions les plus éloignées, afin qu'elle ne pût faire la connaissance et même, si c'était possible, pût ne pas recevoir la nouvelle venue » (p.226). Il ne veut pas la perdre et rejette même les avances de ces conquêtes : « je déclinai sa proposition, car je ne voulais pas risquer de m'éloigner d'Albertine » (p.243). « Je ne voulais pas risquer de m’éloigner d’Albertine » difficile à croire que ces paroles viennent de l’homme qui soutenait ne plus éprouver de sentiment pour la jeune femme ; preuve que si une chose/personne sur laquelle nous pensions avoir de l’ascendant devient évanescent nous nous y accrochions passionnément.

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