Sodome et Gomorrhe

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Le voyeurisme

Décidément, le narrateur de Proust est loin d’être un personnage recommandable. Infidèle invétéré, goujat, il est en plus voyeur. Il semble se plaire à observer les ébats de ceux qui pratiquent l’inversion. Le plaisir qu’il en retire et les risques qu’il prend en se dissimulant pour les observer laissent penser au lecteur qu’il est peut-être lui-même, sans se l’avouer, homosexuel : « Et si j'y étais monté j'aurais pu ouvrir le vasistas et entendre comme si j'avais été chez Jupien même. Mais je craignais de faire du bruit. Du reste c'était inutile. Je n'eus même pas à regretter de n'être arrivé qu'au bout de quelques minutes dans ma boutique. Car d'après ce que j'entendis les premiers temps dans celle de Jupien et qui ne furent que des sons inarticulés, je suppose que peu de paroles furent prononcées. Il est vrai que ces sons étaient si violents que, s'ils n'avaient pas été toujours repris un octave plus haut par une plainte parallèle, j'aurais pu croire qu'une personne en égorgeait une autre à côté de moi et qu'ensuite le meurtrier et sa victime ressuscitée prenaient un bain pour effacer les traces du crime. J'en conclus plus tard qu'il y a une chose aussi bruyante que la souffrance, c'est le plaisir, surtout quand s'y ajoutent-à défaut de la peur d'avoir des enfants, ce qui ne pouvait être le cas ici, malgré l'exemple peu probant de la Légende dorée-des soucis immédiats de propreté. Enfin au bout d'une demi-heure environ (pendant laquelle je m'étais hissé à pas de loup sur mon échelle afin de voir par le vasistas que je n'ouvris pas), une conversation s'engagea. » (p.9-10). Il semble se délecter des scènes...

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Dissertation à propos de Sodome et Gomorrhe