Soudain dans la forêt profonde

par

Un conte philosophique

Comme le conte classique, le conte philosophique est uncourt récit qui raconte une histoire adaptée aux enfants et plus généralement àtout type d’âge. La différence se situe dans le fait que la narration estaccompagnée d’une critique de la société, de la religion, du pouvoir politiqueou de tout autre thème sujet à débat. Cette critique est d’ailleurs levéritable but du récit, la forme du conte n’étant utilisée, parfois, que pouréviter la censure. Ici, Amos Oz a véritablement pour vocation d’instruirel’enfant sur certaines réalités qui selon lui ne devraient plus être. Il luiinculque ainsi des valeurs auxquels il croit, et ce de manière ludique.

Dans Soudain dansla forêt profonde, l’auteur choisit de mettre en scène deux enfants,auxquels les jeunes lecteurs pourront plus facilement s’identifier ; ilsseront donc plus susceptibles de comprendre les enjeux exposés. Ces enfantsvont être confrontés à des situations simples où il leur faudra faire appel à différentesvaleurs de leur éducation : honnêteté, ouverture d’esprit, mais égalementà des choses plus abstraites comme la conscience morale. L’enfant peut alorslui-même réfléchir aux actions qu’il mènerait s’il se retrouvait dans de tellessituations. Par exemple, vaut-il mieux dire la vérité au risque d’être moqué etexposé au regard des autres ou bien taire cette chose incroyable et priver lesautres d’un savoir précieux ? « Qui croirait qu’ils avaient aperçuun petit poisson dans le torrent ? […] Les autres refusaient d’avaler seshistoires, ils le ridiculisaient et le taquinaient. » Ces situationsrésonnent dans la tête de l’enfant et le renvoient à d’autres qu’il a connues, cequi renforce l’effet d’introspection du récit.

En outre, le conte philosophique est composé d’unecertaine manière qui permet de le distinguer du conte classique. Dans le conteclassique, la morale est plutôt délivrée par le dénouement de l’histoire ;ici, c’est tout le récit qui sert de réflexion au lecteur. Par ailleurs, unedifférence notable existe dans la façon dont est rédigé le texte. Le contephilosophique possède un vocabulaire plus élaboré, avec des phrases en liendirect avec l’effet recherché par l’auteur : ce ne sont pas seulement desmorales insinuées mais de vraies idées qui sont émises : « [nous] sommes tous semblables. Chacund’entre nous risque de se faire écraser comme un rien. Et tous autant que noussommes, oiseau, ver de terre, chat, enfant, loup, faisons de notre mieux pournous garder de la douleur et du danger […] », « Ici, cheznous, il n’y a rien de plus abject que le sarcasme. » L’auteur yexpose clairement son point de vue, même s’il lui arrive de l’exprimer autravers des dialogues des personnages. Sans oublier de placer quelques phrasesà caractère philosophique, à valeur universelle : « La dérisionest peut-être un rempart contre la solitude. En effet, les moqueurs veulent unpublic, et celui qui en est la victime est toujours seul. »

Il reste finalement assez peu de place àl’interprétation ; contrairement au conte classique, le message délivréest clair et précis.

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