Souvenirs d’égotisme

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Résumé

Publié à titre posthume en 1892, Souvenirs d’égotisme est de l’auteur et non moins diplomate français Henri Beyle dont l’identité se déclinait entre autres sous le nom de plume de Stendhal. C’est à Civitavecchia, en 1832, que Stendhal rédige, à l’âge de 49 ans, cette œuvre qui fait état d’une petite partie de sa vie.

En effet, il s’agit du récit de sa vie, entre juin 1821 et novembre 1830. Il commence son récit en se posant certaines questions comme pour essayer de se connaître plus profondément. Mais parmi ses doutes, Stendhal est fort d’une certitude : il a eu 20 ans en 1821.

Trois ans après une relation platonique avec une femme qu’il adorait et qui l’aimait, Matilde Viscontini Dembowski ou Métilde, l’auteur doit partir de Milan pour rejoindre Paris qui lui déplaît. Il précise même dans cette partie de son ouvrage son intention de se suicider bien plus tard, après la dépense de la somme d’argent qu’il a emporté pour son voyage. D’ailleurs, il ne manque pas d’apporter des détails précis en ce qui concerne ce à quoi devra ressembler sa dernière demeure.

Stendhal eut un grand mal à oublier celle qu’il appelait Métilde, le sujet de son amour malheureux, et après quelque temps à vivre dans un hôtel situé rue de Richelieu, il part en Angleterre pour « chercher un remède au spleen ».

Il décrit le baron de Lussinge comme « lecompagnon de sa viede 1821 à 1831 », un compagnon qu’il finit par ne plus aimer du fait du changement qui s’est opéré en celui-ci. L’auteur avoue qu’il acceptait uniquement la compagnie de ses trois amis : Lussinge, Barot et Poitevin, afin d’être distrait de sa douleur. Il souligne que le hasard ne lui donne sa seule maîtresse qu’en 1824.

Ses souvenirs du temps de sa présence à la cour de Napoléon sont douloureux. Outre ses douleurs, Stendhal fait également part de son ingratitude vis-à-vis de ses proches ou encore de sa réticence à fréquenter ceux qui font preuve d’amabilité envers lui.

Il n’est pas de ceux qui savent y faire avec les femmes, se disant chaste par amour en 1821. Ainsi, le talent de Barot avec les femmes renforce son amitié avec celui-ci.

Sans se départir de son sens de l’autocritique, l’écrivain apporte également des éclaircissements quant à ses autres fréquentations, décrivant des personnes ainsi que les types de relation qu’il a eues avec elles et expliquant rétrospectivement ses réactions avec tel ou tel personnage, sans oublier Paris, une ville avec laquelle il a des relations alambiquées.

L’auteur ne cherche nullement à dissimuler les autres traits de son caractère comme le fait de tenir à sa solitude, de rechercher de la tranquillité dans l’anonymat, ou encore de ne pas être grandement ambitieux.

Cet écrivain qui dit exécrer « la description matérielle » émet des jugements à propos de sa propre personne comme il sait également le faire pour d’autres tel M. Scheffer qu’il considère comme « le menteur le plus effronté »qu’il connaisse.

Outre le fait de raconter d’une manière minutieuse les détails de sa vie durant ce laps de temps, Stendhal offre également à ses lecteurs ses perceptions de la vie. Et c’est ainsi qu’il affirme sans ambages ses goûts ou encore ses opinions sur des sujets comme l’art, la politique ou encore les mœurs.

De plus, il ne manque pas de livrer son avis à propos de sa physionomie tout comme il parle de ses faiblesses physiques mais également de préjugés qu’ont eus les autres à son encontre.

On sent dans cet ouvrage de Stendhal beaucoup de dégoût et de mépris, l’auteur affirmant tout au long de celui-ci abhorrer telle ou telle chose, et il ne manque pas d’avouer que son âme est malade.

Les souvenirs lui manquent quand il s’agit des moments où il est pénétré par le bonheur. Ainsi en est-il de ceux où il était à Londres, avec ses amis Lussinge et Barot, une ville qui lui plaît malgré son adoration aveugle pour Milan.

Ses aventures dans cette ville furent pour lui de réelles sources de consolation. Néanmoins, il s’est gardé de ramener en France au moment de son retour la pauvre jeune fille à qui il s’est attaché.

On ressent moins de mauvais sentiments chez lui à l’égard de Paris, ce qui s’y fait et les personnages qui y vivent, à ce retour de Londres, par rapport au moment de son arrivée contrainte de Milan. Il est d’ailleurs à noter qu’à Paris, Stendhal n’a pas que des ennemis et renoue peu à peu avec le monde sans compter qu’il en est même arrivé à adoucir sa nostalgie pour Milan et affirme avoir retrouvé la santé morale à l’été 1822.

Fort de cette meilleure forme psychologique, Stendhal reprend alors le projet d’impression du livre Amour qu’il avait écrit au crayon à Milan. Sur plusieurs plans, il s’agit d’un projet qui n’est pas sans difficultés. Il est par ailleurs pris de fortes envies d’y retourner même s’il parvient à y résister sans trop savoir comment.

On peut alors constater une évolution des sentiments de Stendhal pour la vie au moment de la rédaction de Souvenirs d’égotisme comme le prouvent ces paroles : « C’est ce qui fait que je ne me brûlerai jamais la cervelle par dégoût de tout, par ennui de la vie. »

L’auteur revint même à de meilleurs sentiments pour sa patrie, ce qui transparaît à la dernière fraction de son ouvrage, qui reste inachevé et prend fin sur la description de monsieur de l’Étang.

Malgré cet inachèvement, Souvenirs d’égotisme est un ouvrage qui présente sans artifices son auteur aux lecteurs et permet à ces derniers de connaître plus amplement celui-ci en détaillant ses habitudes de vie, ses fréquentations, ses opinions politiques ou encore ses avis sur les mœurs ou les œuvres artistiques.

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