Souvenirs d’égotisme

par

Une introspection : « l’égotisme »

Le titre, Souvenirsd’égotisme, a de quoisurprendre : en effet, c’est un néologisme de la part de l’auteur,signifiant que l’auteur a pour démarche d’explorer sa propre personnalité, sonfor intérieur afin de découvrir ses propres secrets. C’est une formed’introspection, une analyse personnelle, on sent qu’il est prêt à livrer dessouvenirs intimes.

La définition du mot égotismeest liée à cet ouvrage : le Larousse définit l’égotisme ainsi :« Terme employé par Stendhal pour désigner l’étude analytique faite par unécrivain, de sa propre individualité ». L’égotisme n’est pas proche del’égoïsme, mais représente une réflexion sur soi-même.

Stendhal dans son récit pose plusieurs fois la mêmequestion, « qui suis-je ? », indiquant qu’il effectue unvéritable travail sur lui-même ; en effet pour Stendhal l’égotismereprésente « l’impudeur de parler de soi continuellement », maiségalement un moyen pour lui d’approfondir la connaissance qu’il a de lui-même,et ainsi de se couper de son environnement et du ridicule. Il se pose denombreuses questions, comme des axes de réflexion guidant le récit de sonautobiographie, évoquant pêlemêle son repentir, ses regrets, ses joies, sessouvenirs. Ces questions participent également à la vie du récit, entrecoupantson raisonnement, rebondissant et donnant ainsi du rythme à l’histoire. Le« qui suis-je ? » de départ revient plusieurs fois, comme laraison d’être de son œuvre.

Dans cette introspection, on retrouve cette affirmationtouchante et surprenante : « Je n’ai aimé avec passion en ma vie queCimarosa, Mozart et Shakespeare. À Milan, en 1820, j’avais envie de mettre celasur ma tombe. Je pensais chaque jour à cette inscription, croyant bien que jen’aurais de tranquillité que dans la tombe. Je voulais une tablette de marbrede la forme d’une carte à jouer. » Stendhal, alors relativement jeune,imaginait déjà ce qu’il mettrait sur sa tombe à titre d’épitaphe. Au-delà ce laforme, on comprend que peu de choses le touchèrent réellement dans son existence,et qu’à trente-sept ans, il a déjà défini ce qui lui plaît le plus, ce qui l’apassionné, et le reste.

Stendhal à l’occasion de cette introspection évoque lemonde et la vie sociale, qu’il avoue ne pas comprendre. La vie sociale, danstous ses détails, et les conventions, l’hypocrisie, les apparences, tout celaest en dehors de sa vision de l’existence, ce qui explique en un sens cette solitudeet ce besoin d’égotisme. On trouve dans ce récit l’observation juste et quelquepeu acerbe que fait un homme de lui-même et du monde qui l’entoure, avec unehonnêteté totale. 

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