Splendeurs et misères des courtisanes

par

Un jeune homme face à la vie

Les Illusions perdues, autre roman de Balzac, avaient déjà commencé à retracer l'éducation sociale de Lucien, qui a dû choisir entre deux conditions très distinctes : soit devenir poète – ce qui implique la pauvreté et le fait d’être sans grande importance dans la société -, soit devenir journaliste à succès. Ce dernier choix permet de  devenir plus riche mais lui impose d’évoluer dans un milieu corrompu et soumis à des influences qu’il ne peut pas ignorer. N'oublions pas que Lucien, à la fin de ce précèdent roman, était prêt à se donner la mort. Il a été sauvé et remis sur pieds par l'abbé Herrera. On  découvre rapidement que cet homme, au physique ingrat et inquiétant mais aussi à la vertu toute relative, n’est, en réalité, personne d’autre que Vautrin, un ancien forçat. Lucien décide de reprendre sa vie en main et, après avoir quitté Paris, déchu et ruiné, il prévoit d'y faire un retour en grâce, plus arrogant que jamais. De retour dans la capitale, Lucien s'est alors confronté aux exigences du monde, et a fait son choix : essayer de rentrer dans le rang, travailler dur et tenter de gagner sa vie pour briller en société. Le roman d'initiation semble se terminer à l’instant où Lucien renonce à ses rêves et illusions pour se lancer à la conquête des hommes, de la réussite et de l'amour. Pourtant, ce second volet où il apparaît semble signer la chute prématurée de ce jeune homme mais aussi l'échec de son éducation et la difficulté d'atteindre ses ambitions. En effet, ce roman présente la chute de Lucien en deux temps.

En premier lieu, il est confronté à la dure nécessité de gagner de l'argent, pour pouvoir entretenir la femme dont il est tombé amoureux. Ce premier épisode s'inscrit sans encombre dans la trame d'un roman d'initiation, puisqu'Esther est la première femme pour qui il ressent un réel amour dans sa vie d'adulte : son parcours initiatique passe par  la découverte des femmes bien sûr, mais aussi – et surtout – par celle de l’amour. Dans cette quête, la question de l’argent semble pourtant poindre petit à petit. En effet, Balzac analyse ici l'importance de cet élément dans la société, élément qui pervertit les sentiments les plus purs, et qui causera la perte de Lucien. Si l'argent permet de vivre ou de survivre, il gâte également de nombreuses personnalités et de nombreuses relations. Il représente même parfois l'échelle de valeur de l'individu : s'il est riche, il est fréquentable, sinon il est exclu du beau monde et des salons. C'est l'argent – et l'appât du gain – qui précipiteront la chute de Lucien. Ce dernier se déshonore, influencé par son compagnon de route qui le manipule et qui n’est autre que Jacques Collin/Vautrin. Il sombrera alors, avec lui, dans la marginalité, suivant ses projets et poursuivant un but essentiellement pécuniaire. Vautrin prévoyait en effet, par un '' pacte de sang '' avec Rubempré, de franchir toutes les marches, toutes les étapes qui permettraient à Lucien de devenir un digne représentant de la société parisienne. Que ce soit de manière honnête ou non, par le vol notamment : '' La prostitution et le vol sont deux protestations vivantes, mâle et femelle, de l'état naturel contre l'état social. '' Le jeune homme qu’est Lucien est ainsi confronté à toutes les facettes de la societé, qu’elles soient bonnes ou mauvaises.

Inscrivez-vous pour trouver des essaia sur Un jeune homme face à la vie >