Sur la route

par

Une vision des USA

L'auteur propose aussi sa vision des Etats-Unis, pays de tous les fantasmes, de tous les possibles, de toutes les conquêtes, de toutes les extravagances, et de tous les extrêmes, un pays sans limite, qui représente pour beaucoup d'aventuriers la quête, le pays à visiter, à traverser d'Est en Ouest, du Nord au Sud. Cette image est d’ailleurs abondamment nourrie par les films, les photos, les romans, présentant de grands espaces, la nature, des villes, des déserts. L'auteur, narrateur, va alors user d'un langage assez brut, voire cru pour certains passages, afin de poser des mots sur son expérience, et aussi exposer sa vision de l'Amérique, qui, loin d'être idéalisée, est apportée de façon simple, et sincère. Il aime son pays, il l'a traversé de nombreuses fois, il le connait très bien. Son contact auprès des populations qui veulent bien les héberger, ceux qu'ils rencontrent lors de soirées, au bord des routes, dans des bars, dans des voitures, lui permettent de dresser un portrait de ce pays, si disparate, si paradoxal, montrant les contrastes entre les mentalités des grandes villes (New-York, Denver, Los Angeles, San Francisco, etc…) et la vie des américains des État plus désertiques, les grandes plaines, ou alors les états du Sud. Kerouac, à travers ses innombrables rencontres, qui sont forcément hétérogènes, décrit son pays, son peuple.

Parmi les gens qu'il rencontre, il y en a avec qui il discutera quelques instants, qu'il oubliera rapidement, et d'autres qui le marqueront bien plus profondément, et qui vont ensuite devenir des personnages importants, se retrouvant dans d'autres ouvrages de Kerouac.

Toute cette expérience amène Kerouac à montrer son pays de façon honnête, montrant l'autre face du rêve américain, comme la drogue, la mort de jeunes gens qui se noient dans l'excès, les gens très riches mais aussi les clochards, et les victimes du racisme encore très présent dans ces périodes, surtout dans les états du Sud.

Ce livre est donc une sorte de manifeste, une carte routière laissée à toute une génération, celles des années 1950, née dans les années 1930, qui ne veut pas se conformer aux règles, aux traditions, à la religion, au travail, et qui préfèrent partir à la découverte de nouveaux horizons, amateurs de musique Jazz et Blues, en quête de liberté, à l'assaut des immenses terres de leur pays, dans l'énergie de la jeunesse. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si le mot " beat ", du mouvement de Kerouac est issu directement du jazz pour en décrire le rythme. Il faut aussi retenir que l'expression d'un adjectif avec le mot " generation " représente un clin d'œil évident à la Lost Generation, la " génération perdue " de Francis Scott Fitzgerald.

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