Tanguy

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Résumé

Tanguy a trois ans quand débute en 1936 la guerred’Espagne. Il est profondément attaché à sa mère, célibataire, très engagéepolitiquement. C’est cet engagement qui les pousse à fuir en 1938 de Madrid àValence. De là, ils embarquent à bord d’un bateau avec des milliers d’Espagnolsen direction de la France. Sa mère apprend à Tanguy que son père est français,et que c’est lui qu’ils vont retrouver à Marseille. Quand ils y arrivent, celui-cileur réserve un accueil des plus froids, mais sa présence les empêche tout demême de se retrouver envoyés dans un camp comme les autres exilés espagnols.Ils déménagent dans une ville près de Vichy et Tanguy peut aller à l’école. Lacompagnie d’un copain et d’un chien égaye sa vie. Toutes les fins de semaine, lepère les rejoint et passe le weekend avec eux. Ce bonheur dure quelques mois,avant qu’une dispute plus violente que les autres n’éclate entre les deuxparents, et pousse la mère à déménager pour Clermont-Ferrand.

Là, Tanguy et sa mère vivent dans un hôtel, mangent peu,jusqu’à ce qu’elle trouve à se faire embaucher dans une usine. Un jour, deuxagents de police les emmènent au commissariat. Le père a dénoncé les activitéspolitiques de la mère et tous deux sont envoyés dans un camp de concentrationdans le Midi de la France. Ils y restent dix-huit mois durant lesquels l’enfantdécouvre la violence verbale et physique entre détenus et souffre d’une faimpermanente. Il s’attache néanmoins à Rachel, une détenue juive qui lui procurede l’attention et même une forme d’amour maternel. La mère de Tanguy tombemalade durant l’hiver et reste alitée à l’infirmerie quelque temps avant d’êtretransférée à l’hôpital de Montpellier. Comme il doit l’accompagner, Tanguy seretrouve séparé de Rachel.

L’enfant est ensuite envoyé dans un collège tenu par desfrères. Il y travaille très bien et se lie d’amitié avec le jeune Michel. Tousles dimanches, il va voir sa mère à l’hôpital et lui raconte avec enthousiasmesa nouvelle vie. Un jour, il retrouve sa mère non pas dans la salle communemais dans une chambre particulière, qui a été aménagée spécialement pour eux.Ainsi, pendant quelque temps, il retrouve le bonheur : avoir un foyer, unami, et pouvoir apprendre. Cependant, la police veut les conduire à nouveaudans un camp de concentration, et sa mère décide de prendre la fuite pourMarseille.

Dans cette nouvelle ville, ils emménagent dans un hôtelprès de la Canebière. Lui passe ses journées au port à regarder les bateaux enpartance tandis que sa mère désespère de trouver un emploi. Elle décide deretourner en Espagne et donc de passer la frontière à pied par les Pyrénées,grâce à l’aide d’un Catalan. Pour limiter les risques de se faire prendre, elleannonce à Tanguy qu’ils passeront la frontière séparément, à huit joursd’intervalle. Huit jours après, le 2 août 1942, le Catalan informe Tanguy quesa mère est bien arrivée à Madrid et que c’est à présent à son tour de partir,mais le soir venu, des gendarmes français encerclent la maison où il loge, qu’ilssavent remplie de Juifs, et arrêtent tous ses occupants, Tanguy y compris. Lesprisonniers sont transportés par wagon jusqu’à Paris.

Là, après avoir été répartis entre Juifs et non-Juifs, ilssubissent un interrogatoire avant d’être conduits au Vélodrome d’Hiver pour ypasser la nuit. Tanguy comprend alors qu’il va être envoyé dans un camp deconcentration allemand, loin de sa mère. Il monte le lendemain matin dans lewagon à bestiaux destiné aux enfants. Plus les jours passent, plus le voyageest insupportable : on souffre de la faim, de la chaleur, on pleure, onfait ses besoins dans le wagon même. Soixante heures après le départ, le train marqueun arrêt. Les prisonniers sont autorisés à satisfaire leurs besoins àl’extérieur et on leur donne une portion de nourriture. Puis le train repart etla souffrance revient, et deux jours plus tard un premier enfant meurt. Enfin,au matin du neuvième jour, le train stoppe définitivement.

Le camp auquel les prisonniers sont parvenus, immense, estcomposé de deux villes : l’une en béton où se trouvent les bâtimentsadministratifs, l’autre en bois avec les baraques des détenus. À leur arrivée lesprisonniers sont déshabillés, des hardes leurs sont données, ils sont dépouillésde leurs objets de valeur puis conduits à leur baraque respective, chacuneétant dirigée par un « kapo ». C’est un autre détenu, Gunther, un pianisteallemand, qui réveille plus tard Tanguy pour la soupe. L’homme prend l’enfantsous son aile et lui présente Misha, un déporté russe. Les détenus doivent creusertoute la journée des fossés ; certains meurent. Le soir, lors de la revue,on leur donne des nouvelles de la guerre. L’enfant désespère de voir sasituation s’améliorer. Les jours se succèdent ainsi : le travail inutile,la souffrance, la violence des prisonniers à l’égard de Gunther. À cause de certainsd’entre eux, Tanguy et son protecteur se trouvent privés de pain pendant unesemaine. Toutefois, les talents de pianiste de l’Allemand sont appréciés par lecommandant et en échange de sa musique, on lui offre de la nourriture qu’ilpartage avec Tanguy.

L’hiver est encore plus rude, puisque le froid etl’humidité s’ajoutent à toutes leurs peines. À la fin de l’hiver, un jour qu’ilse trouve sur la route, des enfants agressent Tanguy à coups de boules deneige, mais une femme le prend en pitié et lui donne un morceau de pain. Il lepartage avec Misha et Gunther. Les détenus continuent de mourir les uns aprèsles autres, et Tanguy ne parvient même plus à s’en émouvoir. Les prisonnierssont gagnés par des instincts bestiaux, ils volent, insultent, violentent lesplus faibles. Misha finit aussi par succomber. Noël 1942 apporte toutefois surle camp une atmosphère d’espoir que les déportés n’avaient pas connue depuislongtemps. Gunther offre alors un livre à Tanguy.

En 1943, de nouveaux détenus juifs arrivent. On manque deplace et de nombreux prisonniers meurent dès la première nuit. Personnevraiment n’est à l’abri de la mort : un kapo dont le comportement estdénoncé par des détenus est fusillé par les Allemands. Un deuxième convoi de Juifsarrive, toutes les baraques sont pleines, et la faim se fait de plus en pluspesante. Puis un vent de panique s’abat sur les détenus : un four a étéconstruit près des bâtiments de l’administration. Des convois y conduisent desprisonniers directement, et la nuit, des détenus sont conduits hors desbaraques, direction les « douches ». Début 1944, Gunther donned’ultimes recommandations à Tanguy et lui confie sa médaille en or ; ilsait que son heure approche. Dans la nuit, il est conduit à l’un des fours, etles autres détenus de la baraque volent la médaille à Tanguy. L’enfant estabruti de douleur.

À l’été 1945, la guerre est terminée, les camps libérés.Tanguy est conduit dans une pension à Saint-Sébastien, puis il prend le trainjusqu’à Barcelone où il a bon espoir de retrouver sa grand-mère. Il apprend surplace qu’elle est morte, et cela fait bien longtemps que personne n’a eu de nouvellesde sa mère. Tanguy se rend alors dans un centre de redressement où il espèretrouver un refuge. Là, il rencontre de jeunes délinquants et des orphelins,dans une ambiance très stricte, sous le joug de frères peu indulgents, au pointqu’il dresse des comparaisons avec ce qu’il a connu dans le camp deconcentration allemand. Les enfants dorment à plusieurs dans le même lit, sontmaltraités et humiliés. Un jour Tanguy se rebelle, suite à quoi il est battu sifort qu’il passe plusieurs jours à l’infirmerie. Mais le traumatisme qu’il asubi en tant que déporté l’a en quelque sorte anesthésié vis-à-vis de ladouleur et de l’espoir : tout ce qu’il vit finit par se fondre dans unedouloureuse banalité.

Les pensionnaires travaillent dans des ateliers. Un jour,un accident survient et un jeune garçon se blesse. Un des frères ment alors aumédecin appelé pour qu’il ne remarque pas les signes de maltraitance subis parles enfants, mais Tanguy dénonce leurs tortionnaires et un autre garçon, Firmin,le soutient. Étonnamment, il n’est pas battu pour cela, simplement ignoré.Cette existence le rend haineux, misanthrope, puisque même les jeux sont une nouvelleoccasion de se violenter les uns les autres. Le jour de la visite de l’évêque,écœuré par toute l’hypocrisie ambiante, Firmin propose à Tanguy de s’échapper. Lemédecin connu plus tôt leur conseille de partir et de se rendre dans le centrede Madrid. Les deux garçons mettent au point un stratagème et parviennent ainsià s’enfuir. Ils quittent donc la ville et dorment au bord de la mer, savourantleur liberté retrouvée. Ils marchent les jours suivants jusqu’à la gare deSitges et arrivés là, Firmin dit à Tanguy de monter seul dans le train pourMadrid, afin d’éviter d’être repérés et arrêtés. Ils se séparent donc et Tanguyressent à nouveau une profonde solitude.

À Madrid, Tanguy commence par se rendre dans sa maisond’enfance. Il décide ensuite de finalement reprendre le train pour l’Andalousie,où il se rend dans un collège tenu par des jésuites. Là, Tanguy confie tout cequ’il a sur le cœur au père Pardo, qui dirige le collège d’Ubeda. L’enfant seretrouve alors baigné d’une atmosphère qu’il n’avait plus connue plus depuislongtemps : calme, studieuse, pieuse, entouré de professeurs aimables et cultivés.Il devient un des meilleurs élèves de sa classe. Il est aussi inséparable detrois de ses camarades : Manolo, Platero et Josselin. Ils étudient,jouent, vont au cinéma ensemble. Tanguy apprend de plus à connaître la culturede la région grâce aux sorties et à l’enthousiasme du groupe pour celle-ci.

Huit mois plus tard, le jeune garçon tombe gravementmalade. Il est soigné pendant un mois à l’infirmerie, cajolé à la fois par lepère Pardo et par l’infirmière. Ses camarades se retrouvent même tous ensemble unjour pour prier pour son rétablissement. Pendant ce temps, le père fait desrecherches pour retrouver sa famille, et l’informe que le consulat de France àMadrid va tenter de contacter son père. Cependant, le père de Tanguy ne lecontacte pas, et le souvenir de sa mère qui l’a abandonné le torture.Finalement, bien que cela lui déchire le cœur, il décide de quitter le collègeet de se rendre d’abord à Madrid puis en France pour retrouver sa famille.

À Madrid, Tanguy n’obtient toujours pas de nouvelles deson père. Il décide alors de se rendre à Barcelone pour trouver du travail.Après de nombreuses recherches, il finit par se faire embaucher dans une usinede ciment. Il loge chez une veuve, Sebastiana, qui se prend très vite d’affectionpour lui. Le travail à l’usine est difficile, et Tanguy tombe à nouveau malade.Malgré tout il continue de travailler et de se rendre au consulat, en vain. Sixmois après son arrivée à l’usine, une grève est déclarée pour demander des salairesplus élevés. Elle se poursuit deux jours durant et finalement, plusieursdizaines d’hommes sont renvoyés, dont Tanguy. Sebastiana quant à elle s’estfait arrêter.

Plus que jamais Tanguy veut partir en France, et il passeses soirées à la gare pour regarder les trains rejoindre la frontière. Il faitla connaissance de Ricardo, à qui il raconte son histoire, et celui-ci luipropose de l’aider à passer la frontière en échange d’un rapport sexuel. Tanguyprend ensuite le train jusqu’à Paris et arrivé à la gare, il retrouve son père,très vieilli. Ce dernier lui parle avec beaucoup de dédain, il ne cesse de luiparler des torts de sa mère et lui annonce avoir refondé une famille. Tanguy vaalors habiter chez lui quelque temps. Pendant quelques jours le père et l’enfants’entendent bien, discutent de leurs goûts et parlent simplement. Mais parfoisils ne se comprennent pas et se disputent violemment. Un jour, son père luiannonce qu’il a croisé sa mère dans Paris, et menace de la faire enfermer ànouveau si elle vient le déranger.

Un jour, une dispute plus violente que les autres touchantaux origines sociales d’une copine de Tanguy met un terme à sa vie chez sonpère. Il va alors vivre chez son oncle et sa tante. En avril 1955, il revoit samère. Ces retrouvailles qu’il avait tant espérées sont au final froides,puisque chacun a poursuivi sa vie, se trouve figé dans ses convictions, et ilsne se comprennent pas. Tanguy semble devoir continuer sa vie ainsi, perdantceux qu’il aime, mais rencontrant de nouvelles personnes qui le soutiendront surson chemin.

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