Tanguy

par

…et après la guerre.

Les épreuves subies par Tanguy pendant la guerre, la toile tissée de douleurs et de rencontres qu’il a peu à peu construite, lui a appris à grandir et à devenir quelqu’un d’autre que le petit garçon belliqueux qui désirait remplacer son père dans le rôle protecteur de sa mère. Son passage par le camp de redressement, les sévices reçus par le « Frère Rouge » et l’indifférence totale qu’il est parvenu à manifester face à la violence de coups de celui-ci, lui fait comprendre, à la fin de la guerre, que violence et haine ne suffisent à rien pour construire un véritable homme. Lorsque le fouet du « Frère Rouge » le malmène, il découvre une force en lui-même, à comprendre que son bourreau a en réalité peur de lui, peur de son indifférence, et que cette peur le rend violent. Tanguy acquiert donc une remarquable supériorité par rapport à lui, une liberté d’esprit qui le rend intouchable et inattaquable.

Finalement, lorsque le jeune homme retrouve sa mère, il s’aperçoit que lui et elle ne sont plus du tout sur la même longueur d’ondes. Jeune, il suivait et admirait son œuvre sans même la comprendre : « Le soir, il écoutait sa mère qui parlait à la radio. Elle disait que « le bonheur qui prive autrui de son propre bonheur est un bonheur injuste », et il la croyait, car elle ne mentait jamais. Il pleurait souvent en l’entendant. Il ne comprenait pas ce qu’elle disait, mais il savait qu’elle avait raison, car elle était sa mère. ». En grandissant, et en devenant adulte, Tanguy découvre que lui-même construit son propre point de vue et en est acteur. Aussi, lorsqu’il retrouve sa mère, ceux-ci ne parviennent plus à se comprendre ; elle, s’attachant à des idéaux révolutionnaires, lui, prônant le pacifisme de son côté. « Elle croyait toujours à la justice de sa cause. Pour elle, il y avait encore deux camps : celui des « salauds » et le sien. Les salauds étaient tous ceux qui n’étaient pas de son bord. Tanguy, lui, ne croyait pas à un monde divisé en deux camps. Il ne voulait pas de haine. Peut-être était-il un utopiste, peut-être était-il un clairvoyant. Mais il s’obstinait à aimer la vie et les hommes avec un désespoir farouche ». Tanguy réalise alors qu’on peut être en désaccord avec ses parents, sans se le reprocher ni avoir mauvaise conscience. Il se sépare de sa mère, calme et apaisé, en accord avec ses convictions propres.

Ainsi, après la guerre, Tanguy devient un homme complet et achevé. Il sait, de par ce qu’il a vécu, la valeur de la vie humaine et désire plus que tout ne jamais assister de nouveau à un tel massacre. S’apercevant que la vie ne vaut pas la peine d’être tant gâchée, il gagne en sérénité, fidèle à des convictions qu’il affirme sans honte ni violence.

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