Tout ce que j'aimais

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Résumé

Le narrateur-personnage (il s’exprime de fait à la première personne) est un vieil homme appelé Léo. C’est un éminent universitaire et écrivain mais les problèmes de vue ont eu raison de lui. Le roman est un long retour non linéaire sur son passé, passé qui inclut celui d’autres artistes (tous fictionnels) tout aussi importants voire plus importants que lui.

Quand le roman commence, Léo découvre les lettres qu’une certaine Violet a envoyées à un certain Bill. Ces lettres, nous explique-t-il, ont été décisives dans la vie de Bill puisque c’est par ce biais que Violet l’a définitivement séduit et lui a fait quitter sa femme, Lucille. On apprend rapidement que Bill était peintre et Violet son modèle. Léo possède le premier tableau que Bill et Violet ont fait ensemble – un tableau de nu. Il se souvient, en le contemplant, du jour où Erica, sa femme, l’a découvert, et de fil en anguille, se remémorant leur excitation sexuelle permanente de l’époque, il en vient à raconter leur première rencontre dans une bibliothèque universitaire. Ils étaient tous les deux professeurs, elle à un poste un peu plus bas que lui dans la hiérarchie. Ils tombent immédiatement amoureux. Léo raconte ensuite sa première rencontre avec Bill. Il tombe également rapidement sous son charme. Bill lui fait visiter son appartement, ils parlent d’art avec passion, se racontent leur passé. On apprend que Lucille est poétesse. Bill évoque enfin Violet, qui est doctorante en histoire à l’université de New York et travaille sur l’hystérie. La relation de Bill et Lucille est tumultueuse. La première rencontre entre les deux couples, Erica et Léo d’une part, Bill et Lucille de l’autre, est un enchantement pour tout le monde, et ils s’entretiennent avec fièvre autour de délicieux repas.

Retour au présent : Léo en dit plus sur sa maladie. Il souffre d’une myopie qui ne cesse de s’aggraver. L’évocation de sa décrépitude mène à une évocation de souvenirs d’enfance. Il revient ensuite au récit de sa vie d’adulte. C’est la première exposition de Bill. Léo rencontre Violet et écrit un essai sur les œuvres de Bill. Erica est enceinte, ce qui affecte l’écriture de l’essai, car le corps de Violet, en fonction des tableaux, est plus ou moins gros, plus ou moins maigre, ce qui renvoie Léo à la grossesse de sa femme. Bill, quant à lui, fuit sa propre exposition. Pourtant, le retour critique est loin d’être catastrophique. Si Bill, en effet, est confronté à de violents détracteurs, il rencontre aussi l’enthousiasme de défenseurs fervents. Avec Léo, il parle de sa famille, il souffre un peu de ce que seul son père soit venu à l’exposition. Il évoque son frère, Dan, qui est dramaturge et un peu autiste, et que ses parents ont toujours préféré à lui. Lucille, à son tour, découvre qu’elle est enceinte. Leurs grossesses parallèles rapprochent Erica et Lucille qui deviennent de très bonnes amies. Lucille et Bill emménagent au-dessus de chez Erica et Léo. Les enfants naissent, celui d’Erica et Léo d’abord, Matthew ; puis celui de Lucille et Bill quelques jours après, Mark. Les adultes ont moins l’occasion de se voir. Bill et Léo s’avèrent être de bons papas. Les femmes se remettent progressivement de l’accouchement. Lucille et Bill entrent bientôt dans une nouvelle période de turbulences ; ils se disputent et se séparent. Bill retourne vivre dans son atelier. Une deuxième exposition a lieu. Les tableaux de Bill se vendent bien, mais pas aux Américains. Lucille ne vient pas, et les détracteurs rôdent. Le couple formé par Léo et Erica, en revanche, se porte très bien. Matthew est un enfant idéal. Bill avoue à Léo qu’il brûle de désir pour Violet. Le quatuor d’amis se reforme, avec Violet à la place de Lucille. Violet fascine Erica. Elle parle beaucoup de sa thèse sur l’hystérie. Son propos érudit fait parfois penser aux réflexions d’Artaud sur la peste dans Le Théâtre et son double. Elle se confie et avoue que, dans son enfance, elle a déjà à demi simulé une crise d’épilepsie, et qu’elle pense que c’est cela l’hystérie : l’imitation des maux alentours.

Retour au présent. Léo comprend très bien pourquoi, en lisant les lettres de Violet, Bill l’a choisie elle plutôt que Lucille.

Retour au passé. Le quatuor coule des jours sereins avec les enfants. Une routine s’installe mais c’est une belle et douce routine. Léo fait la connaissance de Dan, le frère de Bill. On offre un travail intéressant à Lucille au Texas et elle veut partir avec Mark, mais Bill refuse. Une nouvelle exposition a lieu, sur le thème de l’hystérie cette fois. Erica et Léo contemplent cette nouvelle œuvre avec fascination et malaise. Bill a abandonné la peinture, il fait désormais des installations, avec des caisses au fond desquelles il met en scène des photos, des figurines. Erica et Léo font également la découverte du dermographisme. Léo écrit un nouvel essai. Matthew dessine beaucoup et déborde de curiosité. Violet soutient sa thèse avec succès et se fait publier sans souci. Elle se met en tête d’écrire un livre sur les désordres de la nutrition tandis que Bill entreprend une nouvelle œuvre sur le conte d’Hansel et Gretel. Cette nouvelle exposition fait grand bruit. Les critiques haineuses et gratuites redoublent d’intensité. Violet avance dans l’écriture de son nouvel opus, et analyse l’anorexie. Elle a du mal à entrer en communication avec Mark autrement que par des jeux malsains. Lucille revient à New York. Léo, après une soirée très arrosée, couche avec elle. Il ne le dira jamais à Erica. À côté de cela, la vie suit son cours. Les enfants grandissent, apprennent à lire, Matthew continue à dessiner avec régularité et ferveur et devient ami avec Bill, car ils partagent une double passion pour les arts graphiques et le baseball. Léo vieillit, il voit son corps s’affaisser avec mélancolie. Ils continuent tous à écrire, à créer. Une nouvelle exposition a lieu mais c’est la crise économique et les galeries deviennent méfiantes. Léo termine et publie son long essai intitulé Une brève histoire du regard dans la peinture occidentale.

Matthew rentre au collège et connaît les affres de l’adolescence. Bill se lance dans une nouvelle œuvre, LeVoyage de O, dans laquelle les personnages sont des lettres. Matthew se révèle être intelligent, c’est du moins ce que montrent ses très clairvoyantes intuitions intellectuelles. Léo est fier de lui. Ils partent en vacances.

 

2

 

Matthew meurt pendant ces vacances en faisant du canoë. Erica et Léo sont brisés. Bill et Violet leur tiennent compagnie autant que possible. Léo et Erica se remettent lentement au travail, mais le quotidien est vidé de son charme. Erica accepte un poste lointain. L’atmosphère s’apaise un peu. Léo travaille mais sans cesse il est ramené à la réalité de son chagrin et du deuil. Erica et Léo commencent à se manquer. Ils s’écrivent de longues lettres.

Léo s’intéresse à Mark, qui est bien moins fin que Matthew. Il se prend d’affection pour lui et s’y attache comme à un substitut de son fils mort. Mark fait des bêtises, joue littéralement avec le feu, ment à tout son entourage. Le livre de Violet sur les désordres nutritifs est publié. La correspondance avec Erica s’amoindrit. Léo commence à travailler sur l’œuvre noire de Goya. Mark peut venir chez Léo quand il le souhaite. L’adolescent vit la nuit et ment de plus en plus. Il sort avec une fille nommée Teenie Gold. Il se comporte n’importe comment avec elle, lui fait faire des choses dangereuses, alors Léo se voit obligé de prévenir Bill. Mark est puni. On lui trouve un job d’été pour le canaliser. Mark est fasciné par une artiste nommée Teddy Giles, qui représente de grandes scènes de massacre. Léo trouve ces œuvres indigentes.

La vie continue au rythme des bêtises et des punitions de Mark. Il voit un psychiatre, le Dr. Monk, qui lui fait signer un contrat de vie pour le responsabiliser : « Je ne mentirai pas. Je ne volerai pas. Je ne sortirai pas de la maison sans permission, etc. » Il rembourse petit à petit l’argent qu’il avait volé à Léo. Mais le changement n’est que partiel : il continue parallèlement à sa rédemption ses petits délits nocturnes.

Bill meurt.

 

3

 

Retour au présent. Léo réfléchit à la mort, et note que l’artiste survit à travers son œuvre. Retour au passé. Mark est vidé par le deuil. Il fugue. On alerte la police, et on le trouve chez Giles. Mark fréquente de plus en plus fréquemment Giles, qui est particulièrement nocive pour lui, et manque même à un moment de le tuer. Violet et Mark s’en vont de New York pour faire une pause. Quand ils reviennent, Mark semble aller mieux. Mais c’est seulement une façade puisqu’il fugue à nouveau. Léo et Violet partent à sa recherche. Léo, aidé par son ami Lazlo, le retrouve avec difficulté. Il a du mal à contenir sa rage quand il le retrouve enfin.

Mark est recherché par la police car il a aidé Giles, elle-même recherchée, à fuir. Léo découvre avec émotion une série de vidéos faites par Bill, où il filme des enfants. Mark se décide à aller parler à la police et Giles est arrêtée.

Retour au présent. Les personnages sont vieux, tous dispersés. Mark passe rendre visite à Léo quelquefois. Le roman se clôt sur le paragraphe suivant : « Toute histoire vraie a plusieurs fins possibles : les enfants doivent dormir, là-haut, car les chambres au-dessus de moi sont silencieuses. Il est huit heures et demie, le soir du 30 août 2000. J’ai dîné et j’ai rangé la vaisselle. Je vais maintenant arrêter de taper, m’installer dans mon fauteuil et me reposer les yeux. Dans une demi-heure, Lazlo vient me faire la lecture. »

 

Le résumé de Tout ce que j’aimais est difficile à composer car l’intérêt du roman ne se situe pas dans le récit à proprement parler mais dans la construction, dans les digressions, dans les longs dialogues sur les arts ou encore dans les descriptions. C’est pourquoi, pour appréhender ce roman dans sa singularité, une lecture intégrale est indispensable.

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