Tristan et Iseut

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Des personnages tragiques

1. Tristan ou le héros hors-norme

Aux premiers abords, Tristan semble être un «anti-héros». En effet, il n’agit pas selon son devoir de chevalier, mais selon ce que sa passion pour Yseut le pousse à faire. De plus, une fois que Marc le bannit, Tristan perd alors tout l’honneur que son statut de chevalier lui attribuait. Lui-même le reconnait lorsqu’il dit «J'ai oublié la chevalerie, les usages de la cour et la vie des barons…». Devenu un être presque sauvage, Tristan incarne alors mal l’archétype du héros épique qu’il est. Pourtant, Tristan possède les attributs du héros épique. En effet, même s’il n’est pas loyal envers son roi, il l’est envers Yseut, celle qu’il aime : il se bat contre les lépreux pour son honneur, et surtout, est fidèle envers elle (du moins dans une dimension spirituelle). Tristan fait preuve de bravoure et de chevalerie pour Yseut, ce qui fait de lui un héros tragique : il obéit à sa passion et garde en même temps des qualités de gentilhomme.

2. Yseult ou l’objet involontaire d’une passion destructrice

Même si Yseut est l’un des premiers personnages féminins de la littérature médiévale qui tient un rôle prépondérant au sein d’une œuvre, elle n’en demeure pas pour autant, un objet. En effet, elle est l’objet de désir et de passion de deux hommes : Tristan, son amant, et Marc, son époux. Yseut est décrite comme «la noble dame aux cheveux blonds, qui ignore la méchanceté». Ses nobles caractéristiques lui accordent alors les faveurs de son peuple. Elle demeure pourtant indirectement un objet. Elle incarne également un agent actif, puisqu’elle est une femme qui agit : elle n’hésite pas à s’opposer à son époux, qui est le roi. De plus, le fait qu’elle soit une «guérisseuse» lui prête un aspect mystique, et surtout, la positionne en tant qu’agent actif. Cependant, Yseut est victime de sa passion et ne peut s’empêcher d’aimer Tristan alors que Marc est son mari. Le fait qu’elle vive une liaison avec Tristan et qu’elle commette l’adultère, font d’elle une femme libre, quoiqu’elle agisse uniquement sous les pulsions de sa passion. Rappelons que l'étymologie du mot «passion» est «passio», et qui signifie «passif». Victime de sa passion, Yseut se réduit alors encore en un objet (dans le sens où elle n’agit pas en toute liberté).

3. Marc ou le personnage pathétique

Marc représente le héros pathétique par excellence. En effet, il est trahit par sa femme et ne remarque pourtant rien. Mais il ne peut réellement les blâmer car ces deux derniers sont victimes du philtre d’amour. Marc n’est donc qu’une victime collatérale et involontaire de ce philtre.

Sa vulnérabilité amplifie son «pathos». En effet, Marc est influençable et indécis : il décide d’abord de bannir Tristan, puis accepte que ce dernier voit Yseut et permet même aux amants de disposer de sa chambre («Tristan aura la permission de rester dans ma chambre autant qu'il voudra»). Il ne sait pas comment réagir face à cette situation. De plus, il est vivement critiqué par tous les membres du royaume.

4. Brangien ou l’investigatrice involontaire d’une fin tragique

Brangien est un personnage secondaire de l’œuvre et est peu mentionnée. Pourtant, elle a un rôle important car c’est elle qui donne par erreur le philtre d’amour à Tristan et Yseut. Sans le savoir, elle scelle ainsi leur destin et celui d’autres personnages (comme celui de Marc, par exemple).

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